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MAÇONNERIE.

MAÇONNERIE.

très d’épaisseur. Il est important pour la stabilité desouvrages que les moellons ne se touchent jamais, mais

qu’ils soient toujours séparés par une couche de mortierplus ou moins épaisse. Le mortier est manié avec unoutil nommé truelle de maçon (fig. 1493).

Dans la maçonnerie en moellons il faut avoir soinaussi de tien lier le parement avec la masse de la ma-çonnerie; on obtient une bonne liaison en variant lesdimensions des moellons séparément dans le sens de l’é-paisseur de l’ouvrage, c’est-à-dire en leur donnant plusou moins de queue . Il faut aussi, de distance en dis-tance. employer des matériaux qui traversent à peu prèstoute l'épaisseur delà con*struction; on conçoit faci-lement que ces matériaux,que l’on nomme parpaings,contribuent puissamment àla stabilité des construc-tions. On doit dans touteespèce de maçonnerie évi-ter que des joints verticauxse prolongent dans diverses assises successives. Si l’onne prenait cette précaution les dégradations qui sontdues soit à l’intiltration des eaux, soit à la gelée, se pro-pageraient rapidement sur toute la face d'un ouvrage.

Dans les parements de la maçonnerie de pierre detaille, les joints présentent diverses dispositions; lesplus usitées sont celles que nous représentons ici(tig. 4494, 1495 et 1496).

Dans la maçonnerie de moellons piqués ou essemillésles joints se font pendant l’exécution ou après coup,on leur donne autant que possible une largeur uniforme,et souvent dans les travaux moins soignés, les murs declôture, par exemple, le mortier s’étend sur les moellons

1 494. Bossage à joints droits.

contigus, de manière à recouvrir une partie de leur sur-face; c’est ce qu’on appelle joint perdu.

On donne le nom de limousineric à la maçonnerieconstruite en moellons non parementés ; c’est ainsi quese font en général les fondations des bâtiments.

Lorsqu’une construction en pierre de taille est ache-vée, on procède au ravalement. Cette opération consisteà retoucher les angles et les parties apparentes des pier-res en ce que la taille présente d’imparfait. Dans lesmaisons d’habitation et dans les édifices publics, les

moulures des bandeaux, des fenêtres et en général tousles ornements sont taillés sur place après coup dans la

4 495. Bossage à onglets.

pierre qui présente les saillies nécessaires pour le com-plément du travail.

Dans les constructions exposées à l’humidité, nu con-tact de l’eau, on fait ordinairement les joints en ciment

1496. Bossage à double épaisseur.

romain. Ce travail demande des ouvriers habiles et expérimeutés; les joints sont faits après l’achèvement Jela maçonnerie, et il est nécessaire que le mortier ordi-naire, qui a été employé pendant la construction, soitenlevé avec soin sur une profondeur de 4 centimètre numoins, pour que le ciment puisse adhérer solidement àla surface des matériaux.

Dans les maisons d’habitation dont les murs doiventêtre recouverts en plâtre, on emploie aussi fort souvent,pour la construction, du plâtre au lieu de mortier ; leplâtre a l’avantage de sécher plus vite que le mortier etpeut être employé sans inconvénient dans les construc-tions qui ne supportent pas des poids ou des pousséesconsidérables.

On construit assez souvent des murs de clôture et desoutènement en pierres sèches, c’est-à-dire sans em-ployer aucune substance pour les lier entre elles. Lors-qu’on dispose des matériaux de fortes dimensions, cesmurs présentent une solidité suffisante ; mais lorsqu'ony emploie des pierres de faible échantillon, comme ctlase pratique souvent pour les murs de'clôture, ces murssont sujets à de fréquentes dégradations, ce qui est fa-cile à concevoir, du reste, puisque les diverses partiesde la construction n’ayant aucune liaison entre elles ilj suffit d’un effort peu considérable pour les déplacer.

On emploie aussi souvent dans la construction desmurs de clôture de la terre en guise de mortier. Desemblables modes de constructions sont toujours trèsimparfaits et doivent être toujours exclus des travauxde quelque importance.

Les murs de soutènement présentent, en général, uneinclinaison ou fruit qui est très variable. Autrefois,dans les revêtements des fortifications, le fruit étaitde i ou de ^ de la hauteur. L’expérience a démontréque cette grande inclinaison avait le grave inconvénientde faciliter la végétation des plantes parasites entre le3joints, ce qui était une cause très fâcheux de dégrada-tion dans ces ouvrages. Le fruit le plus usité dans lesfortifications actuelles est de Jg ; dans les constructionsciviles pour canaux, routes, chemins de fer. etc., le