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MARAIS SALANTS .

MARAIS SALANTS .

encore aujourd’hui, des mines de sel gemme, des sour-ces salées (voyez sel gemme) et de l’eau de la mer.Nous décrirons ici les différents moyens employés dansce dernier genre de fabrication.

L’extraction du sel do l’eau de mer par l'évaporationspontanée de ce liquide dans les marais salants est sanscontredit la méthode la plus généralement et la plusfructueusement employée. Nous la décrirons donc lapremière, et nous parlerons ensuite de quelques autresprocédés beaucoup moins importants.

Rappelons d’abord, en quelques mots, les propriétéschimiques du sel marin dont la connaissance nous seranécessaire dans cet article.

Le sel marin, connu aussi sous les noms de sel decuisine, sel commun, muriate de soude, n’est antrechoso que du chlorure de sodiam. A l’état de pureté, ilest représenté par la formule Na Ci’, et renferme parconséquent :

Sodium. . 290,897 1 r 39 ,60

Chlore.. . 442,650 L u bien \ 60 i 35733,547) 1100,00

Le sel marin est blanc; il cristallise en cubes. Sapesanteur spécifique est 2,1 25. Il est soluble dans l’eau,mais sa solubilité n’augmente presque pas avec la tem-pérature % ainsi 100 parties d’eau à 13°,89 dissolvent35,81 parties de sel, et seulement 40,38 parties à109°,38, température d’ébullition de l’eau saturée desel.

Le sel marin ne s’altère pa 9 à l’air lorsqu’il est pur.Celui du commerce paraît déliquescent, parce qu’il ren-ferme quelques sels étrangers très avides d’humidité.

La salure des différentes mers n’est pas absolumentla même. Elle semble, en général, augmenter dans lespoiüts le» plus profonds et les plus éloignés des conti-nents, et diminuer dans le voisinage des grandes mas-ses de glace. Les petites mers sont moins salées que lesgrande», excepté la Méditerranée qui paraît être plussalée que les autres; ce que l’on doit attribuer à laforte évaporation qui a lieu à la surface, relativement àla faible masse d’eau qu’elle renferme.

Suivant Murray, l’eau de mer recueillie dans le golfe

de Forth (Écosse ) contient :

Sel marin. 2,2001

Sulfate de soude. *■ . 0,3316

Chlorure de calcium. . 0,0784

Chlorure de magnésium. 0,4208

Eau. ...... 96,9691

100,0000

D’après le docteur Marcet, l’eau prise au nl’Atlantique du nord renferme :

Chlorure de sodium. . 2,660

Sulfate de soude. . . 0,466

Chlorure de calcium. . 0,199

Chlorure de magnésium. 0,991

Eau. ..... . 95,684

100,000

L’eau des côtes de Franee contient en moyenne, surcent partie» :

Sel marin.. • 2,50

Chlorure de magnésium. 0,35

Sulfate de magnésie. 0,58

Carbonates de chaux et de magnésie. 0,02

Sulfate de chaux. 9,01

Eau. 96,51

100,00

On sait d’aïîleur» que l’eau de mer renferme destraces d’iodure» et de bromures.

La quantité d’eau à évaporer est donc toujours très

considérable ; mais dans les marais salants bien placés,l’évaporation est assez rapide pour qu’il soit facile des’en débarrasser.

Nous avons en France des marais salants sur lescotes de Bretagne et sur les bords de la Méditerranée.Le travail des marais, dans des climats aussi différents,présente des différences essentielles que l’on n’a pasassez fait connaître jusqu’à présent. Un long séjourdans ces deux contrées nous a permis de les apprécier,et nous croyons devoir étudier séparément l'industriedes marais salants dans l’ouest et dans le midi de laFrance . Nous décrirons en même temps deux autresindustries qui se rattachent à la première : le raffinagedu sel en Bretagne , le traitement des eaux-mères dessalines dans le Languedoc et la Provence.

1 ° Marais salants de l'Ouest . La fig. 1500 peut donnerune idée de leur disposition générale. L’eau est intro-duite pendant la haute mer au moyeu d'une vanne enbois A, dans un premier réservoir B, nommé jas (1),dont la profondeur varie de O®,60 à 2“. L’eau laissedéposer les matières étrangères quelle tenait en sus-pension et commence à s’échauffer dans ce premierbassin. Du jas, l’eau est conduite par un canal souter-rain C, nommé gourmas y que l’on peut ouvrir et fermerà volonté au moyen d’une petite vanne, dans les cou-ches c, c, suite de bassins de 0“,25 à 0“,45 de profon-deur, qu’elle doit parcourir successivement. Au moyend’un autre conduit D, appelé faux gourmas , l’eau, déjàconcentrée par son passage dans les couches, arrivedans une rigole fort longue E, nommée mort y qui faitordinairement le tour du marais, et se trouve conduitedans les tables t, t, autre série de bassins analogues auxcouches. L’eau, eu sortant des tables, arrive dans lemuant , dernière série de bassins m, m, qui la distribueau moyen de petites rigoles ouvertes dans le sol avec unpieu pointu dans les aires ou œillets a, a, où le sel sedépose.

Quand la saison est favorable, l’eau arrive très con-centrée dans les aires et commence à saliner presqueimmédiatement. Il se forme à la surface des croûtes desel que l’on recueille de suite, ou bien que l’on casse etque l’on reprend au fond de l’œillet quand elles y sontréunies. On recueille le sel deux ou trois fois par se-maine, et même tous les jours, quand il fait chaud etsec. Les eaux-mères sont rejetées quand elles atteignentun certain degré de concentration.

Le sel est d’abord recueilli en petits tas sur le bordmême des œillets. On transporte ensuite ces petits tasdans l’espace compris entre les couches et les tablespour former des monceaux plus considérables. Le sel,ainsi abandonné à lui-même pendant quelque temps,s'égoutte et se purifie en partie des sels déliquescentsqu’il renferme. On réunit enfin tous les tas dont nousvenons de parler en grandes masses, appelées mulots ,qui ont ordinairement la forme d’un tronc de cône sur-monté d’une calotte sphérique. On recouvre le sel, ainsiréuni, d’une couche do terre glaise soigneusementdamée, et on le conserve par ce moyen jusqu’au mo-ment de sa vente.

Le sel en mulot continue à se purifier d’une manièreremarquable ; la terre glaise dont il est enveloppé lemet à l’abri de l’eau et l’entretient cependant dans unétat constant d’humidité, qui permet aux sels déli-quescents de se liquéfier et de s’écouler par de petitseanaux ménagés à la base des mulots. C’est une opéra-tion analogue à celle du terrage du sucre dans les raffi-neries.

L’emplacement choisi pour l’établissement d’un ma-rais salant doit réunir plusieurs conditions. Il doit êtreuni et présenter une pente pour ainsi dire nulle, car la

(O Les noms que nous employons dans cette descriptionsont ceux que l’on trouve dans tous les auteurs; nous devonsfaire remarquer qu’ils varient d’une localité à l’autre, etqu’il ne faudrait pas, par conséquent, leur attribuer unesignification absolue.