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MARAIS SALANTS .

MARAIS SALANTS .

différence de niveau entre le premier et le dernier bassinn'est que de quelques millimètres. Sa surface doit êtrenu peu moins élevée que le niveau des hautes mers,mais des digues parfaitement entretenues doivent lemettre à l’abri des inondations. L’exposition «l'un ma-rais est aussi d’une immense importance, puisque l’éva-poration et par conséquent le produit dépendent engrande partie de cette circonstance. On doit enfin ap-porter une grande attention à la nature du sol, et cher-cher h établir les marais dans un terroir glaiseux, afindo trouver dans les fouilles mêmes la terre qui doitservir à recouvrir le fond, les parois, et h faire les diffé-rentes petites digues qui séparent les bassins. On con-struit et on entretient la surface des marais avec des

pelles en bois planes et fixées à des manches inclinés.Le fond des œillets surtout doit être parfaitement unipour faciliter la récolte du sel, et empêcher, autant quepossible, son mélange avec la terre sur laquelle il re-pose.

Le sel obtenu comme nous venons de l’indiquer esten petits cristaux toujours souillés de terre, qui leurdonne un aspect grisâtre. On peut en avoir de très blancen le recueillant à la surface, quand le vent est un peu

fort et le marais encore peu échauffé ; mais cette fabri-cation est sans importance.

Les sels gris des côtes de Bretagne ne sont pas très

pnrs, ils renferment .

Chlorure de sodium.87,97

Chlorure de magnésium.1 ,58

Sulfate de magnésie.0,50

Sulfate de chaux.1,65

Matière insoluble.0,80

Eau.7,50

Total. . . 100,00

Raffinage du eel. Une partie du sel obtenu dans lesmarais n’est livrée à la consommation qu’après avoirsubi dans les raffineries soit unsimple lavage, soit une épurationcomplète.

Le lavage consiste seulement àagiter le sel dans de l’eau déjàsaturée du même corps, on en-tratne ainsi une partie des sels ma -gnésiens et des matières insolublesqui restent en suspension dansl'eau de lavage qui peut servir ungrand nombre de fois. On égouttele sel, puis on le chauffe très for-tement dans des étuves en maçon •nerie. On lui fait perdre par cemoyen environ 7 p. 100 d’eau,qu’il retrouve plus tard chez lesdébitants, et on économise ainsiplus de 2 fr. par 100 kilogr. desel sur les frais de douanes, qui sepayent en sortant de l’atelier.

Le raffinage proprement dit con-siste à précipiter la magnésie, enajoutant un lait de chaux à la dis-solution de sel marin dans l’eauordinaire. On fait ensuite passer laliqueur, pour la filtrer, à traversdes vases dont les fonds percés detrous sont recouverts avec desnattes dans lesquelles on apportele sucre des colonies ; il ne resteplus qu’à l’évaporer. Cette dernièreopération s’exécute au moyen dedeux énormes chaudières (figu-re 1501 ), à fond plat, de 10“,20de longueur sur 4“,30 de largeur,et de 0 m ,60 de profondeur. La pre-mière de ces chaudières est exposéeà l’action directe du feu ; l’évapo-ration est très rapide, et on obtientdu sel très blanc en cristaux indis-cernables, pour l’usage de la table.La seconde chaudière n’est échauf-fée que par le passage des produitsde la combustion. Sa températurene dépasse pas 50 à 60°. Le sel s’ydépose lentement en cristaux cu-biques disposés en trémies assezvolumineuses très recherchées pourles salaisons de morues.

Pour faciliter la montée des écu-mes on ajoute à la liqueur un peu d’alun en poudre aumoment où elle commence à bouillir.

Chaque cuite consomme 19 hectolitres de houille an-glaise de bonne qualité, et fournit 4,000 à 4,500 ki-logrammes de sel. On voit que la consommation decombustible est assez faible. La forme des fourneauxest cependant très simple : la houille est placée sur unegrille à l’une des extrémités de la chaudière, et laflamme se répand librement sous toute la chaudière r

MB