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MARAIS SALANTS .

MARAIS SALANTS .

où il n’existe aucun carneau, pour aller gagner la che-minée à l’extrémité opposée.

On retire quelquefois, pendant l’hiver, du sulfate desoude des eaux-mères de raffinerie. Jusqu'à présentcette industrie ne présente rien de régulier. Il seraittrès facile d’utiliser, sous rapport, les eaux-mères

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rejetées par les paludiers bretons. Le résidu de l’évapo-ration de ces liqueurs contient en effet :

Chlorure de sodium.0,44170

Chlorure de magnésium.0,13134

Sulfate de magnésie. 0,10650

Par un refroidissement convenable elles laisseraientdéposer, par une action de double décomposition, dusulfate de soude, et resteraient chargées de chlorure demagnésium. Cette idée est déjà réalisée par M. Balard,comme nous le verrons bientôt.

2° Salines du Midi. On rencontre souvent sur lesbords de la Méditerranée de vastes plages très unies etsituées au niveau de la mer, et même quelquefois unpeu au-dessous; placées sous un climat très chaud ellesse prêtent parfaitement à l’industrie qui nous occupe.

La disposition générale du plan d’un marais salantdu midi de la France diffère peu de celle des marais del’Ouest. Dans les deux cas, l’eau amenée dans un pre-mier bassin s’y éclaircit par le repos, et s’évapore en-suite en parcourant une série de bassins enduits deterre-glaise. Mais ici déjà se remarque une premièredifférence. Dans l’Ouest, l’eau ne descend des bassinssupérieurs daus les bassins inférieurs que pour rem-placer celle que l’évaporation vient d’enlever ; dans leMidi, au contraire, l’eau arrivée daus la dernière piècetombe dans un puits et se trouve remontée, par uneroue à tympan, au niveau des pièces supérieures qu’elleva rejoindre, par une rigole convenablement disposée.L’eau se trouve ainsi dans un mouvement continuel ; lasurface, en contact avec l’air, se renouvelle sans cesse,et l’évaporation s’accroît d’une manière énorme.

Il serait facile d’appliquer cette disposition aux ma-rais de l’Ouest *, le creusement de quelques rigoles etl’établissement d’une roue à tympan, d’une valeurde 300 à 400 fr., pourraient augmenter la productiondu sel d’au moins 4 /J*, comme le démontrent desexpériences et un calcul très simple. L’existence d’unepopulation nombreuse, aujourd’hui menacée de la plusaffreuse misère, par la suppression, en 4849, du privi-lège qui la soutenait, se trouverait assurée par ceslégères modifications. *

Les rones à tympan sont en bois ; elles ont de 2* à5* de diamètre, et 0",40 à 0“,50 de largeur. Un muletsuffit pour les mettre en mouvement. Dans les grandsmarais salants, auBagnas (Hérault ) par exemple, ouen réunit dix ou douze sous le même hangar ; deux outrois hommes suffisent pour les surveiller.

Il se dépose dans les canaux qui séparent les pre-mières pièces de grandes quantités de matières pier-reuses, très dures et cristallisées, que l’on dit être duplâtre pur.

Quand l’eau e9t arrivée, par son séjour dans les

pièces, à marquer 22° ou 24° au pèse-sel de Beaumé,on la fait entrer dans les tables ou aires où le sel doit sedéposer. La cristallisation commence quand l’eaumarque 25” au pèse-sel ; on la laisse continuer en ame-nant peu à peu de nouvelle eau des pièces, de manière àce que la densité du liquide dans les tables soit toujoursau-dessus de 25" et au-dessous de 28°. La couche desel déposée augmente continuellement et finit paratteindre une épaisseur de 0*,45 à 0“,48. On cessealors d’introduire de nouvelle eau, et après avoirlaissé la densité de celle qui reste s'élever jusqu’à28°, on la fait s’écouler. Ce sont les eaux-meres quel’on perdait autrefois, et qui seront peut-être un jouraussi précieuses que le sel lui-même qu’elles ontlaissé déposer.

La couche du sel s’égoutte pendant quelques joursdans les tables, puis on l’enlève, au moyen d’une

- f** pelle plate en bois (fig. 4502), recouverte de fer-

blanc, que l’on introduit entre le sel et le sol, demanière à ne pas le mélanger de terre. On réunit lesel en petits tas coniques dans la table même, etquand il est à peu près desséché on le réunit en énormestas, quelquefois coniques, mais en général en forme depyramides quadrangulaires que l’on couvre avec desroseaux jusqu’au moment de l'expédition.

La première récolte du sel se fait, vers la fin dejuillet. Quand le temps est favorable on peut eu faire

une seconde, et quel-quefois même unetroisième, moins con-sidérable que les deuxpremières.

On voit que ce pro-cédé diffère esseniiel-4502 lement de celui des

salines de l'Ouest,dans lesquelles on recueille le sel presque tous les jours.La différence des climats explique, du reste facilement,l’emploi de ces deux méthodes.

Les produits sont aussi différents que les procédésqui les fournissent. Tandis que dans l’Ouest on obtientdu sel gris, en petits cristaux d’un ou deux millimètresseulement, dans le Midi le sel est en masses fortementagrégées et formées de cristaux d’une blancheuréblouissante, et de plusieurs centimètres de côté.

Les ouvriers ont l’habitude de placer à l’entrée destables des corbeilles et différents objets en osier, quise recouvrent de magnifiques cristaux cubiques beau-coup plus brillants et d’un effet plus agréable que lesobjets analogues que l’on fait ordinairement en alun.

Le sel obtenu dans le Midi est aussi beaucoup pluspur que celui de l’Ouest, il renferme :

Chlorure de sodium. . . .

. 95,11

Chlorure de magnésium. . .

. 0.23

Sulfate de magnésie. . . .

. 1,30

Sulfate de chaux.

. 0,91

Matière insoluble.

. 0.10

Eeau hygrométrique. . . .

. 2,35

Total. .

. 100,00

On obtient sous le nom de sel d'écume un produitblanc en cristaux indiscernables, qui sert pour la table;il ressemble au plus beau sel blanc des raffineries. Ilse forme, sous le vent, dans les parties des dernièrespièces où l’évaporation est la plus rapide. On commenceà demander ce produit dans le commerce; on ne trou-vait pas autrefois à le placer.

L'eau des marais salants présente souvent une con«leur rouge foncée. La cause de cette coloration a donnélieu à des discussions fort longues et très animées entreles savants les plus distingués de notre époque. Nous nerappellerons point ces discassions, nous dirons seu ©-ment quelques mots de ce curieux phéuomène. Ou avait