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MARAIS SALANTS .

MARAIS SALANTS .

d'abord attribué la coloration de l'eau des marais à laprésence d’un grand nombre d ’artemia salina. petit crus-tacé connu depuis longtemps. Mais il est maintenantbien établi que cette coloration est due à des globulesmicroscopiques que quelques savants disent être desinfusoires, et que d’autres supposent appartenir à la fa-mille des protococcus.

Le sel qui cristallise dans des eaux rouges conservequelquefois une légère teinte rose qui le fait rechercherde quelques industries. Cette teinte rose, tout à fait ac-cidentelle autrefois, s’obtient souvent aujourd’hui enagitant d’une certaine manière l’eau des tables dont lefond est enduit do terres creuses rouges.

Traitement des eaux-mères. M. Balard a pris, il y adeux ou trois ans, un brevet pour l’exploitation deseaux-mères des salines. Le jury de l’exposition de l'in-dustrie nationale a décerné, en 4844, la grande mé-daille d’or à cette nouvelle industrie. Nous explique-rons en peu de mots en quoi elle consiste.

Les eaux-mères, extraites des tables où on recueillele sel, sont amenées dans des tables plus petites que lespremières et destinées exclusivement à leur traitement.K lies déposent d’abord du sel, qui forme un sol artifi-ciel sur lequel viendront, plus tard, se déposer les pro-duits que l’on cherche à recueillir. Après un certaintemps, il se dépose du sulfate de magnésie que l’onconserve pour l’utiliser plus tard, au commencement del’hiver, comme nous le verrons bientôt.

Après la cristallisation du sulfate de magnésie, leproduit que M. Balard désigne sous le nom de sel d’été,commence à so déposer. Le mode de combinaison dessels que renferme ce dépôt n’est pas encore bien connu ;ce qu’il y a de certain, c’est qu’il contient de la potasse,en forte proportion, de la soude, de la magnésie, del’acide sulfurique et enfin de l’acide hydrochloriqtie.

On retire facilement de la dissolution du sel d’été,dans l’eau ordinaire, de magnifiques cristaux d’un sul-fate double de potasse et de magnésie dont la formuleest ; SO 5 KO -j- SO* Mg O -J- 6 H 2 O. Ce qui donue ennombres :

Acide sulfurique.39,74

Potasse.23,30

Eau.2b,77

Magnésie.40,22

Total. . . 400,00

Ce sel est donc quatre fois plus riche eu potasse quel’alun, qui ne contient que 9,94 p. 400 de cette base.Ou conçoit dès lors l’importance de ce nouveau produitpour la France , où les produits potassiques sont trèsrares. En se débarrassant de la magnésie, ce qui seraitfacile par plusieurs procédés économiques, on obtien-drait du sulfate de potasse très pur dont le prix est tou-jours assez élevé.

Les Anglais ont fait des commandes considérablesdu sel double qui nous occupe, quand ils en ont connul’existence. Il est probable qu’ils s’en servent pour pré-parer à la fois du carbonate de magnésie et du sul-fate de potasse très pur pour les fabriques de verresfins.

On peut aussi préparer du chlorure de potassium entraitant convenablement le sel d’été. Cette dernière ap-plication est d’une grande importance.

L’eau-mère qui a déposé le sel d'été u’est pas encoreépuisée. On la conserve, et, à l’époque des premiersfroids, on y ajoute le sulfate de magnésie recueilli pen-dant la campagne. 11 se produit une double décomposi-tion eu vertu de laquelle il se dépose du sulfate desoude, tandis que du chlorure de magnésium reste dansla dissolution. Cette réaction est facile à expliquer enétudiant le degré de solubilité des sels en présence, àdifférentes températures.

Fresque toutes les salines du Midi se trouvent au-

jourd’hui entre les mains d’une compagnie puissante,qui organjse, sur une très grande échelle, les procédésde M. Balard aux salines du Becquet, près Aigues-Mortes , et aux salines du Bagnas et de Villeroy, dansle département de l’Hérault .

Four terminer l’exposition des procédés employéspour extraire le sel marin de l’eau de mer, il nousreste à indiquer deux procédés, peu employés, mais quel’on doit cependant signaler.

Sel ignifère. On désigne sons ce nom le sel que Touprépare dans l’Avranchin (département de la Manche ).C'6tte industrie était protégée par des privilèges quin’existent plus aujourd’hui, aussi se trouve-t-elle ré-duite à un état trèts précaire : nous n’en parlons ici quepour mémoire.

Le saunier ramasse, pendant les basses-mers, le sablequi a été imprégné d’eau de mer, et qui, desséohé parl'évaporation, contient une certaine quantité de sel. Ilplace ce sable dans une grande caisse eu bois de O" 1 ,30environ de profondeur, et de 3", 00 de côté dont le fondest recouvert de paille, de manière à former une espècede filtre, puis il verse dessus 700 à 800 litres d'eau demer qui se sature de sel en traversant cette couche desable. La densité de cette eau s’élève environ à 4,46,c’est le point le plus convenable pour la soumettre àl'évaporation. Cette opération s'exécute, au moyen detrois bassines en plomb, de 20 litres de capacité, simple-ment posées sur les pierres qui forment le fourneau.On enlève les écumes quand le liquide, que Ton nommebrune, commence à bouillir, et chaque fois que Tonajoute de nouvelle eau pour remplacer celle qui s’estévaporée, on évapore la masse à sec en ménageant lefeu pour ne pas fondre les plombs à la fin de l’évapo-ration. Chaque opération dure 2 heures. On peut enfaire dix ou douze par jour. On évapore 700 à 800 litresde brune qui fournisseut i 50 à 200 k de sel, et on brûlevingt à vingt-cinq fagots. Le sel obtenu dans chaqueopération est placé dans des paniers, que Ton suspendau-dessus des chaudières pendant l’opération suivante.Les sels déliquescents se liquéfient, et le sel en s’égout-tant s’en trouve en grande partie débarrassé.

Extraction du sel par la gelée. L’eau, chargée de sel,jouit de la propriété de ne se solidifier qu’à une tempé-rature de beaucoup inférieure à celle qui suffit pourcongeler l’eau pure. De là, un moyen de so procurer dusel de Teau de mer, dans les pays froids, où on ne peutappliquer la méthode des marais salants. 11 suffit, eneffet, d’exposer à un certain refroidissement Teau demer pour la voir se partager en deux parties : Teaupure se gèle, et Teau chargée de sel reste liquide. Onenlève les glaçons, et, en répétant cette opération, sicela est nécessaire, on obtieut une liqueur très concen-trée qu’il suffit de soumettre à l’évaporation.

Les sels obtenus par ce procédé sont très impurs.D'après M. Hess, le sel des salines d’Oustkout ren-

ferme .*

Sel marin.74,84

Sulfate de soude. . . . 45,20

Chlorure^Taluminium. . . 4,47

Chlorure de calcium. . • 5,24

Chlorure de magnésium. . 3,57

Total. . . 400,00

On pourrait les obtenir très purs en traitant Teau demer par la chaux avant de l’exposer à la gelée; ondécomposerait ainsi les sels de magnésie et d’alumineet on empêcherait la formation du sulfate de soude et,par conséquent, la décomposition d’une quantité équi-valente de sel marin.

Nous ne voulons pas nous occuper ici delà questionde l’impôt sur le sel, nous rappellerons seulement quec’est Philippe de Valois qui rendit fixe et permanent lodroit sur le sel en 1344 ou 4345. Mais saint Louis et