MÉCANIQUE.
Si le nombre des tours de la broche dans un tempsdonné est le même que celui de la bobino, les vitessesangulaires étant égales, les mêmes points des brochesrestant dans les mêmes plans méridiens avec les mêmespoints des bobines, l’enroulement est nul et le fil s’esttordu. Si les broches restant fixes, les bobines tournent,il y aura enroulement du coton sur les bobines, de toutela longueur parcourue par un point quelconque de lacirconférence sur laquelle l’enroulement a lieu. Quantau fil, il n’est pas tordu car il n’a fait que se présentertangentiellement à la surface cylindrique de la bobineperpendiculairement & la génératrice.
Enfin, si l’on donne à la bobine un mouvement rec-tiligne de va-et-vient convenable, en même temps qu’onlui communique un mouvement de rotation, le fil s’en-roulera également sur toute la hauteur de la bobine.
VIII. Organes servant à produire l’entrela-cement.
Les divers ordres d’entrelacement de fil3 qui consti-tuent la fabrication si importante des tissus s’obtiennentau moyen de quelques organes primitifs, que les machinescompliquées, au moyen desquelles on obtient les tissus,sont destinés à faire fonctionner.
Tissus à un seul fil. — Tricots . Les tricots sont for-més par les entrelacements d’un même fil dont les bou-cles passent successivement dans celles précédemmentformées. On le fait à la main, au moyen de deuxaiguilles sur lesquelles s’enroule le fil pour donner lagrosseur de la maille. Ces aiguilles sont pointues. Unemaille, sortant d’une des aiguilles, l’autre y fait passerle fil libre et passe dans la boucle ainsi faite, et ainsi desuite, pour continuer en repassant de la seconde aiguillesur la première.
On n’a pas cherché à exécuter ce travail mécanique-ment par la copie du travail des aiguilles à la main, cequi eût été fort difficile, mais on obtient le même ré-sultat par l'aiguille du métier à bas (fig. 1679) quioffre l’avantage de permettre de faire, en une seule opé-ration, une rangée entière du tricot. Cette aiguille en
acier est terminée par une partie élastiquo dont l’ex-trémité rentre, par pressioi, dans une rainure prati-quée dans le corp3 de l’aiguille. Si un tricot se trouvecommencé, et toutes les dernières mailles passées autourdu corps des aiguilles, on pourra retirer celui-ci en bais- jsont la pointe de l’aiguille. Si donc auparavant, on a |disposé un fil ondulé, en proportion de la grosseur de lamaille, qu’on a fait entrer dans ces aiguilles en donnantà celles-ci un mouvement en arrière, ce fil formera unenouvelle série de mailles qu’il suffira de repousser surle corps de l’aiguille pour recommencer une nouvelleopération.
Tissus formés par l'entrelacement de fils disposés paral-lèlement. Les cordonnets, tulles, etc., sont faits par desfils parallèles, se dévidant de bobines, sur lesquelles ilssont contenus, et s’entrelaçant en raison du mouvementde ces bobines sans l’emploi d’aucun organe particu-lier.
MÉCANIQUE.
• Tissage proprement dit. Le tissage proprement dit,celui employé pour produire le3 étoffes, consiste à fairepasser un fil continu qu’on nomme trame, entre des filsparallèles qu’on nomme chaîne, en faisant que ceux-cise croisent.
Les organes essentiels de ce travail sont :
1“ La navette (fig. 1680) renfermant la bobine(fig. 1681) sur laquelle le fil delà trame est enroulé età laquelle un mouvement rectiligne alternatif doit êtreimprimé ;
2“ Les organes qui servent à faire lever on abaisserles fils de la chaîne ; ce sont les lisses (fig. 1682), com-posés de fils formant des boucles, quelquefois d’un œilde verre ou de métal passé autour d’un fil. A chaquelisse, ou réunion de lisses correspondant aux fils qui
1680. 1682.
doivent se lever en même temps, correspond une marcheconsistant, dans le métier ordinaire, dans un levier qu’onfait marcher avec le pied, pour agir sur le fil de lachaîne au moyen de la lisse réunie à la marche parun fil.
Quand le nombre de lisses est très considérable,comme c’est le cas pour les tissus façonnés, et que lacomplication de l’entrelacement du fil ne permet pas deles faire mouvoir par un petit nombre de marches, ilfaudrait alors lover successivement à la main les filsconvenables, si on n’était parvenu à résoudre la ques-tion au moyen d’organes classificateurs extrêmementremarquables dont nous allons parler.
IX. Organes classiQcatenrs et diviseurs.
Cette série d’organes offre un grand intérêt parce queleur invention permet, en général, d’obtenir par actionmécanique des produits qu’il n’était possible d’obtenir| qu'au moyen d’une multitude d'opérations. Les cribles,j tamis, blutoirs, qui séparent d’autres corps ceux dontles dimensions sont moindres que celles de leursmailles, peuvent être classés parmi le3 organes de cettenature ; mais c’est surtout dans la fabrication des tissus,dans lesquels on agit sur une multitude de fils, que desorganes de cette nature sont employés ; mais ils peuventtrouver beaucoup d’autres applications. Ces organessont bien distincts de l’outil avec lequel on les con-fond souvent; ils ne font pas le travail utile, ils cou-| tribuent seulement à le rendre possible.
| Procédé général de Jacqwrt. L’idée fondamentalede la Jacquart n’est pas seulement applicable à la fa-brication des étoffes brochées, mais constitue un pro-cédé général, une découverte capitale applicable dansbeaucoup de cas particuliers.
Dans le cas des étoffes, tous les fils de la chaîne, tra-versant des lisses, peuvent être mus par des fils attachesà des leviers, et ces leviers combinés avec des brochesrigides ou aiguilles, de telle sorte qne, si celles-ci semeuvent, les leviers se meuvent aussi, et par suite lesfils de la chaîne. Si donc l’ensemble de ces aiguillesrencontre un prisme (fig. 1683) percé de trous corres-pondants à toutes les aiguilles, et qu’on applique sur la