MERCURE.
MERCURE.
dant que dans le grès, les schistes et les calcaires,qui sont superposés au terrain houiller, principalement,à ce qu*il parait, dans les calcaires jurassiques. Lesmines de- mercure les plus considérables sont situées àAlmaden en Espagne, à ïdria en Carniole , à Quanca-velica au Pérou, et au Japon .
Les minerais de mercure se réduisent à deux :
1° Mercure métallique ou natif. Le mercure natif setrouve en gouttelettes de toutes grosseurs disséminéesdans la roche, dans des pyrites ou dans des masses decinabre. Il est toujours à peu près pur. Aux environsd’Idria , on le trouve disséminé dans un schiste argi-leux noirâtre, intercalé dans un calcaire compacte.
2° Deuto sulfure , cinabre. Le cinabre est le mineraide mercure le plus abondant. Le plus souvent, il estdisséminé dans des schistes argilo-bitumineux ou dansdes calcaires compactes, et il est fréquemment accom-pagné de pyrites de fer et de cuivre. Il est tantôt d’unrouge foncé presque noir et un peu métalloïde, tantôtd’un rouge de cochenille. Il a un éclat adamantin. Ilest tantôt transparent, tantôt translucide et mêmeopaque. Il cristallise sous diverses formes qui dériventd’un rhomboèdre dont l’angle est de 71°4o’. Il esttendre et cassant ; sa cassure est lamelleuse dans unsens et grenue dans les autres sens, sa poussière estd’un rouge vif; sa densité = 8,1. Au chalumeau, il sesublime dans un tube fermé; le sublimé est noirâtre,mais sa poussière est rouge. Dans un tube ouvert, ildonne à la fois un sublimé de mercure et un subliméde cinabre.
Essai des minerais et matières qui renferment du mer-cure. Cet essai se fait pour toutes de la même mauière,à cela près que lorsque le mercure qu’elles renfermentest à l’état métallique on les traite sans addition, etque, dans le cas contraire, on y ajoute 50 p. 100de limaille de fer, ou 60 p. 100 de flux noir, ou enfin30 à 40 p. 100 de chaux vive et autant de charbon enpondre, et on recouvre le mélange d’une légère coucheîle réactif pur, afin que tout soit réduit. On distille alorsla matière seule ou convenablement mélangée dans unecornue en verre ordinairement recouverte d’un enduitd’argile et de paille hachée ou de crottin de cheval, etl’on recueille le mercure qui se vaporise, dans le col dela cornue ou dans un récipient qui contient de l’eau.On chauffe graduellement jusqu’à ramollir le verre, enayant soin de maintenir le dôme de la cornue assezchaud pour qu’il ne puisse pas s’y condenser de mer-cure, et pour que ce métal passe en totalité dans le col.Quand l’opération est terminée, on coupe le col, puison en détache le mercure avec une barbe de plume,on le fait tomber dans l’eau, on chauffe celle-ci pen-dant quelques instants, si cela est nécessaire, pourque le mercure se rassemble en un seul globule ; ondécante l’eau, on sèche le mercure à la températureordinaire et on le pèse.
Traitement métallurgique.
Le traitement des minerais de mercure est très sim-ple, et consiste simplement en une distillation faite sansaddition, lorsque le minerai ne renferme que du mercurenatif, et, dans le cas contraire, avec addition d’un corpsdésulfurant, qui est ordinairement de la chaux vive oudu carbonate de chaux. Comme ce dernier forme souventen partie la gangue du minerai, il est alors inutile d’enajouter. La seule différence consiste dans la forme desappareils dÎ3tillatoires, qui varient suivant les localités.Nous n’avous donc qu’à décrire les procédés suivis dansles troiô principales localités où on traite, en Europe , lesinitierais de mercure.
almaden. Les mines d’Almaden et d’Almadenejos,en Espagne , sont connues dès la plus haute antiquité.Pline rapporte que les Grecs en retiraient du cinabre700 ans avant J.-C., et que de son temps les Romains
en extrayaient annuellement 350000 kilogr. de mer-cure. Depuis 1827, ces mines occupent 700 mineurs, etles usines qui en dépendent 200 ouvriers; la productionannuelle est d’environ 1100000 kilogr. de mercure ; etquoique ces mines soient exploitées depuis plus de2000 ans, elles n’ont pa9 encore atteint une profondeurde 330®. Les minerais ne sont soumis à aucune prépa-ration mécanique et rendent moyennement en grand10 p. 100 de mercure.
Les fourneaux employés à Almaden sont représenté»en coupe fig. 1749, et en plan Hg. 1750. Us sont ordinairement accolés 2 à 2, comme l’indique la fig. 1750o, est la porte de chargement; b, le foyer; c, le cen-drier; d, la grille en briques sur laquelle on charge leminerai ; e, une cheminée par laquelle s’échappe unepartie de la fumée. A la suite de chaque fourneau setrouvent six rangées d’aludels placés sur deux plans in-
1749.
clinés en sens contraire f, f. Les aludels sont des vasesen terre cuite, ouverts par les deux bouts et pirifor-mes, placés de manière à s’emboîter les uns dans lesautres, en formant une rangée continue dont on lute lesjointures avec de l’argile. On lute également avec del’argile la tête des six rangées d’aludels sur la cham-bre d, de sorte que les vapeurs mercurielles sont obli-gées de traverser les aludels pour se rendre dans leschambres de condensation k. Le mercure qui se con-dense dans les aludels se rend à la partie la plus basseg , des conduites qu’ils forment, et tombe, par des ou-vertures pratiquées à cet effet à la partie inférieure desaludels qui*s’y trouvent, dans les rigoles », t, et de làdans les tuyaux h t h, qui le conduisent dans les bassinsde réception. Les vapeurs qui ont échappé à la conden-sation dans les aludels, arrivent daus les chambres decondensation k, sont forcées par la cloison l à descen-dre jusqu’au fond de ces chambres en rasant la surfaced’une bâche remplie d’eau », remontent dans la cham-bre k, passent dans la cheminée «, dans une autrechambre k*, et enfin s’échappent dans l’atmosphère.
Les fig. 1751 et 1752 donnent le plan et la coupedu fourneau précédent, légèrement modifié ; a, porte dechargement; b, foyer; c, grille sur laquelle on chargele minerai par l’ouverture f; d, ouverture par laquelleon retire le minerai calciné de la chambre e ; h, cheminée. d et f, sont fermés pendant l’opération. Les va-