MINÉRALOGIE.
MINÉRALOGIE. La minéralogie, qui comprend l’é-tude et la description des minéraux ou corps que l’onrencontre dans le règne animal, et la géologie, quis’occupe de leur gisement, c’est-à-dire de leur manièred’être dans le sein de la terre, sont deux sciences dontla connaissance est indispensable à ceux qui veulents'occuper d’exploitation de mines, ou d’une quelconquedes branches si étendues de l’industrie qui repose sur lamise en œuvre et le traitement des matières minéralesque nous fournit l’écorce terrestre. Il n’entre pas dansnotre cadre de faire ici un traité de minéralogie ; nousne pouvons que donner ici les principes généraux decette science, en renvoyant pour la description som-maire des principaux minéraux à l’article de chaquemétal, et aux mots argile, calcaire, combustible,gemmes, houille, qüarz, etc. Nous recommande-rons seulement à ceux de nos lecteurs qui voudraientacquérir une connaissance plus approfondie de cettescience, l’excellent traité de minéralogie que vient depublier M. Dufrénoy, et qui joint à l’avantage de résu-mer l’état actuel de la minéralogie, celui de renfermerdes indications précises sur le mode de gisement desminérauls, point de vue de la plus haute importancepour l’industrie, et jusqu’alors trop négligé par lessavants qui ont écrit sur cette matière.
La marche que l’on suit dans l’étude de la minéra-logie est analogue à celle adoptée dans les autres bran-ches de l’histoire naturelle. On réunit les minéraux engroupes que l’on divise en classes ou familles, qui sesubdivisent successivement en genres, en espèces et envariétés. L’espèce, en minéralogie, est fonnée de laréunion d’un certain nombre d’individus liés entre euxpar une composition chimique identique; les variétés,souvent d’aspect et de propriétés très différentes, ledoivent à un mode d’agrégation moléculaire différent ;ainsi, le spath d’Islande, le marbre statuaire, les mar-bres communs, les pierres à chaux et la craie, sont desvariétés d’une même espèce que la chaux carbonatée,et se composent tous d’acide carbonique et de chauxdans les mêmes proportions. Cet exemple montre qu’ilfaut étudier les minéraux sous deux rapports distincts,physiquement et chimiquement.
Parmi les caractères physiques, les uns sont apprécia-bles à la simple vue, ce sont les caractères extérieurs ;d’autres, exigent la considération des formes géométri-ques, ce sont les caractères cristallographiques ; quelquesuns, enfin, ne peuvent se constater que par certaines ex-périences de physique, ce sont les caractères physiqwsproprement dits.
Les caractères chimiques sont tous fondés sur la re-cherche de la composition plus ou moins exacte des mi-néraux. Nous allons exposer aussi brièvement que pos-sible ces quatre classes de caractères.
. CARACTÈRES EXTÉRIEURS.
Les caractères extérieurs des minerais sont :
L’état d’agrégation. Les minéraux sont liquides,solides ou friables. Lorsqu’ils sont liquides, ils sontfluides (mercure) ou visqueux (bitume) ;
La couleur. La couleur est propre au minéral etconstante, ou accidentelle par mélange. Dans quelquescas, elle est irisée ou chatoyante ;
3° La forme. Les formes géométriques constituent lescaractères cristallographiques dont nous nous occupe-rons plus loin. Les autres formes sont imitatives (engrains, coralliferme, etc), pseudo-morphiques (parremplacement, bois pétrifié, etc.), pseudo-régulières(en masses prismatiques provenant de fissures dues àun retrait, basaltes, etc.) ou communes, c’est à-diresans forme déterminée ; dans ce dernier cas on dit quele minéral peut être en masse, en fragments anguleuxou amorphes ;
4® L’éclat. L’éclat que présentent les minéraux est
MINÉRALOGIE.
vitreux, cireux, soyeux, nacré, adamantin, métalloïdeou demi-métallique et métallique ;
La transparence. Les minerais peuvent être dia-phanes ou transpareuts, translucides ou opaques ;
6® La cassure. La cassure est lamelleuse, lamellaire,grenue, fibreuse, rayonnée, schisteuse et compacte.
La cassure lamelleuse n’a lieu que pour les minérauxcristallisés ; il importe alors de constater si on peut lesdiviser en lames dans plusieurs sens, c’cst-à dire s’il ya un ou plusieurs clivages , et leur facilité relative.
7° Dureté. C’est un caractère très important qui s’ap-précie par la résistance qu’un corps oppose à être rayépar un autre, et qui est essentiellement lié à la compo-sit on chimique ; on l’apprécie en prenant pour termesde comparaison les dix substances suivantes :
3. — Spath d’Islande. 8. — Topaze.
4. —Chaux fiuatée. 9.»— Corindon .
5. —Chaux phosphatée. 10. — Diamant .
8° La raclure . L’essai de la dureté donne une rayureet une poussière dont l’examen est caractéristique poarles minéraux qui ont une couleur propre ?
9° La ténacité, la tac hure, l'onctuosité, la flexibilité, laductilité , la saveur , le happement à la langue, l’odeur, lefroid , le son et la pesanteur, sont des caractères qui n’ap-partiennent qu’à un très petit nombre de minéraux, etqui, par cela même, deviennent pour ceux qui les pos-sèdent un moyen facile de distinction.
CARACTÈRES CRISTALLOGRÀPHIQUE8.
Un grand nombre de minéraux se présentent dans lanature sous la forme de polyèdres ou cristaux, qui sontassujettis aux lois ci-dessous :
1° Ces polyèdres sont terminés par des faces planes;
2° Ces faces sont ordonnées symétriquement, soittoutes ensemble, soit par parties, par rapport à une ouplusieurs lignes qu’on appelle axes ;
3° Dans la plupart des cristaux les faces sont paral-lèles deux à deux ;
4® Enfin les angles des cristaux sont toujours sail-lants et jamais rentrants.
Ces lois, qui sont générales, présentent quelquefois,cependant, des anomalies apparentes, mais le plus légerexamen en montre immédiatement-la cause. Ainsi cer-tains minéraux, tels que i’oxyde d’étain , le feld-spath, etc., présentent souvent un angle rentrant dû aucroisemeut symétrique de deux cristaux; on dit alorsque ceux-ci sont macalés ou qu’ils présentent une hémi-tropie : lo plan de jonction des deux cristaux est ordi-nairement parallèle à ceux des face3 du cristal simple,ou à un de ses plans diagonaux.
Nous ayons déjà fait remarquer que beaucoup deminéraux cristallisés possèdent un ou plusieurs cliva-; ges, c’est-à-dire qu’ils peuvent se diviser en lames sui-vant une ou plusieurs directions; ces clivages sontsoumis aux lois suivantes :
1° Dans un même minéral les clivages sont toujourssemblablement disposés; ils forment des angles con-stants entre eux, ainsi qu’avec les faces du cristal ;
2° Quand il existe trois directions de lames, ces di-rections constituent par leur réunion un solide de cli-vage qui a constamment les mêmes angles pour unemême espèce, et la détermine d’une manière précise;
3° Dans une même substance, et quelque soit lenombre des clivages, ceux-ci sont ordinairement con-stants dans leur degré de netteté, et cette netteté estelle-même en rapport avec la nature des faces auxquelsils correspondent.
Le célèbre Haüy, qui mérite àjustetitro d’être re-gardé comme le fondateur de la minéralogie, ayantremarqué que tous les cristaux si variés que présenteune même espèce minérale ciivable, admettaient les