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MINES.

MINES.

Art. 88. Les experts seront pris parmi les ingénieursdes mines, ou parmi les hommes notables et expérimen-tés dans le fait des mines et de leurs travaux.

Art. 89. Le procureur du Roi sera toujours entendu,et donnera ses conclusions sur le rapport des experts.

Art. 90. Nul plan ne sera admis comme pièce pro-bante dans une contestation, s’il n’a été levé ou vérifiépar un ingénieur des mines. La vérification des planssera toujours gratuite.

Art. 91. Les frais et vacations des experts seront ré-glés et arrêtés, selon les cas, par les tribunaux ; il ensera de même des honoraires qui pourront apparteniraux ingénieurs des mines; le tout suivant le tarif quisera fait par un règlement d’administration publique.

Toutefois, il n’y aura pas lieu à honoraires pour lesingénieurs des mines, lorsque leurs opérations aurontété faites soit dans l’intérêt de l’administration, soit àraison de la surveillance et de la police publiques.

Art. 92. La consignation des sommes jugées néces-saires pour subvenir aux frais d’expertise pourra êtreordonnée par le tribunal contre celui qui poursuivral’expertise.

TITRE X.

DE LA POLICE ET DE LA JURIDICTION RELATIVESAUX MINES.

Art. 93. Les contraventions des propriétaires de mi-nes exploitants non encore concessionnaires, ou autrespersonnes, aux lois et règlements, seront dénoucées etconstatées comme les contraventions en matière de voi-rie et de police.

Art. 94. Les procès-verbaux contre les contreve-nants seront dressés daus les formes et délais prescritspar les lois.

Art. 95. Ils seront adressés en originaux aux pro-cureurs du Roi, qui seront tenus de poursuivre d’officeles contrevenants devant les tribunaux de police correc-tionnelle, ainsi qu’il est réglé et usité pour les délitsforestiers, et sans préjudice des dommages-intérêts desparties.

Art. 96. Les peines seront d’une amende de 500 fr.au plus, et de 400 francs au moins, double en cas derécidive, et d’une détention qui ne pourra excéder ladurée fixée par le Code de police correctionnelle.

La loi du '21 avril 1810a été complétée par la loi du27 avril 4838, relative à l’assèchement et à lExploitationdes miInès, qui, lorsque plusieurs mines situées dans desconcessions différentes se trouvent atteintes ou menacéesd’une inondation commune qui serait de nature à compro-mettre leur existence, la sûreté publique ou les besoinsdes consommateurs, donne au gouvernement le pouvoird’obliger les concessionnaires de ces mines à exécuter,en commun et à leurs frais, les travaux, nécessaires soitpour assécher tout ou partie des mines inondées, soitpour arrêter les progrès de l’inondation. Comme cetteloi n’a qu’un intérêt tout à fait spécial, nous croyonspouvoir nous dispenser d’en reproduire ici le texte.

MINES ( exploitation des). Dans l’article géologienous avons déjà décrit d’une manière sommaire la com-position de l’écorce du globe. Les minerais métalliquesou autres 9’y trouvent en couches, filons, veines,amas, etc., ordinairement associés avec des matièresinutiles ou stériles qui portent le nom de gangue.

Les couehes sont des assises parallèles aux plans destratification des terrains dans lesquels elles se trouventet d'une grande régularité; on donne le nom de bancsaux couches épaisses de pierres de taille, d’ardoises ouautres matériaux employés dans les constructions. Ondistingue dans une couche sa direction , ou plutôt celled’une ligne horizontale qui serait tracée dans cettecouche, direction déterminée par l’angle que cette ligneforme avec le plan méridien du lieu, et son inclinaisonsur l’horizou. La puissance d’une couche est son épais-

seur mesurée par la plus courte distance entre les facessupérieure et inférieure, ou entre son toit et son mur.L 'affleurement d’une couche est la ligne suivant laquelleelle est mise à nn sur le sol. Nous avons parlé à l’articlehouille des divers accidents que présente l’allure descouches, ce qui nous dispense d’y revenir ici.

Les filons n’ont pas la régularité des couches, et endifferent en ce qu’ils coupent généralement les plans destratification des terrains qu’ils traversent, et en ce queleur compositiou, loin d’offrir un ensemble assez ho-mogène, présente un mélange de matières très diverses,souvent disposées symétriquement par zones de part etd’autre d’un plan parallèle aux deux parois encaissantes.Quelquefois cependant les filons sont parallèles auxplans de stratification, et prennent le nom de filons-couches ou de veines. On distingue dans un filon,comme dans une couche, la direction, l’inclinaison, lapuissance, le toit, le mur et l’affleurement. Le toit et lemur sont aussi dits les épontes du filon. Très fréquem-ment lés filons sont séparés de leurs épontes par deslits d'argile ou salbandes qui facilitent l’abattage de laroche.

Les filons font ordinairement éprouver aux couchesqu’ils traversent un rej«*t, dont nous avons indiqué laloi à l’article houille. Ils sont sujets, comme lescouches, et même davantage, à des inflexions, desétranglements et des brouillages. Ils sont égalementsusceptibles d'être rejetés par d’autres filons plus mo-dernes, qui se continuent alors sans interruption, et quiportent le nom de filons croiseurs : ce sont des failles oudes dykes quand ils sont remplis de matières stériles. Lerejet a lieu, le plus souvent, comme s’il était le résultat

du glissement ene d d S 6 S niasse de la région

du toit sur la ré-gion du mur ducroiseur. La figu-re 4814 donnel’exemple de troissystèmes de filonsdu Cornouailles :d, d, filons cui-vreux, les plus ré-4814. cents, rejettent les

deux autres sys-tèmes de filons c et 6 , b ; c, filon d’étain, croisé par lesfilons d, d, et croiseur à son tour par rapport aux filonsd'étain plus anciens b, b. Très souvent les amincisse-ments et les brouillages correspondent, ainsi que la ri-chesse en minerai, avec le passage du filon d’unbanode roche dans un autre.

Il est rare qu’il existe un seul filon métallifère dansun même pays ; ordinairement on y rencontre plusieursautres filons contenant des minerais de même nature, etdans ce cas les directions et les inclinaisons de tous cesfilons sont à peu près parallèles, de sorte que l’on estconduit à les regarder comme formant un ensemble ousystème de filons . Certaines contrées sont ainsi sillonnéespar deux ou plusieurs systèmes de filons. L’on remar-que alors que les filons des divers systèmes, qui se dis-tinguent par leurs directions, diffèrent aussi générale-ment par la nature des substances qu’ils contiennent.Enfin tous les filons d’un même système croisent tousles filons d’un autre système ou sont croisés par eux.

Les amas sont des masses minérales de forme irrégu-lière qui se rencontrent, soit dans les terrains en cou-ches, soit dans les terrains non stratifiés. On distingue :les amas entrelacés ou stocktoerks , qui consistent enmasses de roches pénétrées d’un grand nombre de vei-nules de minerais métalliques, se croisant dans tous lessens; les amas couchés , ou masses intercalées dans lesterrains stratifiés, et qui ne diffèrent des couches quepar leur étendue bornée; et les amas qui parais-