MINES.
MINES.
bois, garni de chanvre à l’extérieur, creux h l’intérieuret muni de soupapes à clapets s’ouvrant de bas en haut.On employait autrefois pour l’épuiserneut des min,esprofondes, et on en trouve encore des exemples dansbeaucoup d’anciennes mines d’Allemagne , des pompesen bois de 8 à 10 mètres de hauteur totale, construitescomme nous venons de le dire, et établies en cascadeles unes au-dessus des antres ; souvent le même puitsrenferme deux'colonnes de pompes en cascade ; chacuned’elle déversant l’eau qu’elle élève dans une bâche auréservoir où elle est reprise par les pompes placéesimmédiatement au-dessus.
Actuellement, et surtout pour les épuisements à degrandes profondeurs ou pour de grandes quantités d’eau,ou se sert de pompes métalliques qui sont de deux sor-tes, savoir : les pômpes élévatoires à piston creux, etles pompes à piston plein.
Les pompes élévatoires à piston creux sont les plus an-ciennes, et sont principalement employées dans lesmines de houille du département du Nord et dans laBelgique . Elles se composent d’un corps de pompe aléséen fonte ou en bronze, d’un tuyau d’ascension placéau-dessus, et d’un tuyau placé au-dessous et qui en estséparé par une chapelle, sorte de tuyau court fermé parune de ses faces par une porte amovible qui sert à visi-ter et réparer au besoin les soupapes du tuyau aspira-teur et du piston creux. Les tuyaux d’ascension ont undiamètre un peu supérieur à celui du corps de pompeafin de pouvoir retirer au besoin le piston par la partiesupérieure; ils sont composés de tuyaux cylindriquesen fonte assemblés au moyen de brides plates avec in-terposition de garnitures en étoupes goudronnées oud’un disque de plomb. Lorsque la colonue a une grandehauteur, il convient d’imprégner ces tuyaux d’huilesiccative au moyen delà pompe de pression, afin d’em-pêcher l’eau de suinter au travers ; ce procédé peu coû-teux, dû à M. Juncker % permet d’élever les eaux d’unseul jet à 200 mètres et plus de hauteurverticale. Les tiges des pistons sont or-dinairement en bois et, avec leurs arma-tures en fer, déplacent à peu près un vo-lume d’eau d’un poids égal au leur.
On emploie souvent les pompes éléva-toires pour l’épuisement des eaux dansles puits en foncement; dans ce cas, on lessupporte au moyen de palans (fig. 1855),et on les descend au fur et à mesure del’approfondissement des puits.
Les pompes à piston plein sont de deuxespèces : les pompes à piston plein rem-plissant la section entière du corps depompe, et les pompes dites pompes àpiston plongeur.
Dans tous les cas, les tuyaux d’ascensionet d’aspiration sont placés sur la mêmeverticale et séparés par la chapelle ; ilssont munis à leurs points de jonction aveccelles-ci de soupapes s’ouvrant de bas enhaut; le corps de pompe est latéral etcommunique avec la chapelle par uu tuyauhorizontal très court.
Dans les pompes à piston plein remplis-sant la section entière du corps de pompe,
1855.
ce dernier est alésé et ouvert à l’une de ses extrémités,ordinairement à la partie inférieure; il n’agit alorsqu’en remontant ; la tige du piston traverse alors le fondsupérieur du corps de pompe dans une boîte à étoupes.
Dans les pompes à pistou plongeur, le corps de pompen’est pas alésé; l’une de ses extrémités est en commu-nication avec la chapelle, et l’autre se termine par uneboîte à étoupes dans laquelle joue un piston cylindriqueplein alésé à l’extérieur et d'un diamètre de quelquescentimètres plus faible que celui du corps de pompe.
Pour alléger le piston plongeur, on le forme ordinai-rement avec un cylindre creux en bronze fermé à sesextrémités par des fonds reliés par une tige en fer, fixéeà la tige motrice, ou par une tige en bois qui le remplitexactement et qui y est solidement serrée. Suivant ladisposition du corps de pompe, le piston plongeur rcfoule l’eau soit en montant soit en descendant. Cespompes présentent de grands avantages sur les pompesélévatoires, ce qui rend de jour en jour leur usage plusfréquent.
Lorsque les eaux des mines sont corrosives, ce quiarrive fréquemment, il convient d’employer des corpsde pompes en bronze, et d’imprégner, comme nous l’a-vons dit, d’huile siccative, les tuyaux en fonte destinésà former les colonnes pour l’aspiration etl’ascension des *eaux. Lorsqu'on emploie des pompes à piston plongeur,on double alors souvent l’intérieur du corps de pompeavec des douves en bois.
La maîtresse-tige des pompes, à laquelle les tiges decelles-ci sont fixées au moyen de potences, lorsque lespompes sont placées en cascade, ou la tige elle^même dans le cas où l’on élève l’eau d’un seul jet dufond de la mine jusqu’au jour ou jusqu’au niveau de lagalerie d’écoulement, est ordinairement en bois, etquelquefois en fer forgé lorsqu’elle doit agir en tirant*.Son diamètre va en diminuant à mesure que l’on s’é-loigne de la surface, à cause de son poids considérable.On la contre balance souvent au moyen de balancierset de contre-poids ; lorsque le même puits renferme deuxcolonnes de pompes et deux maîtresses-tiges, on reliesouvent celles-ci à divers niveaux par des balanciers, demanière à décharger les parties supérieures. Enfin, pourprévenir les accidents qui pourraient provenir de larupture d’une maîtresse-tige; on la munit de distance endistance d’appendices ou patins assez rapprochés les unsdes autres, et qui, lorsque la maîtresse-tige arrive aubas de sa course, arrivent presque en coutact avec desplanehes en bois superposées et portées par un fortmassif en charpente, qui servent, en cas de rupture, àdétruire toute la vitesse ac juise par la partie inférieurede la maîtresse-tige.
On emploie, pour mouvoir les tiges des pompes, desroues hydrauliques, des machines a colonne d’eau oudes machines à vapeur.
Les roues hydrauliques sont ordinairement des rouesprises en dessus et placées à la surface et à une cer-taine distance des puits où se trouvent les pompes, au-quelles on transmet alors le mouvement par le moyend’une ligne de tirants en bois, supportés par des rou-leaux tournant sur leurs axes, ou su-pendus de distanceen distance à des tiges en fer équiuistantes d’une lon-gueur assez considérable et mobiles autour de leur autreextrémité; ou enfin, communiquant les uns aux autresau moyen de varlets,leviers coudés oscillant autour d’unaxe horizontal. Ces divers moyens consomment uneportion considérable de la force à transmettre, lorsquela distance à parcourir est un peu grande. Nous sommesconvaincus qu’on diminuerait cette perte dans une trèsforte proportion, dans ce cas, en plaçant une poulie surl’axe de la roue motrice, laquelle poulie communique- .rait le mouvement de rotation continu à une secondepoulie placée près du puits des pompes, au moyeu d’uncâble sans fin soutenu de distance en distance par depetits rouleaux mobiles sur leur axe. La seconde pouliemettrait les maîtresses-tiges en mouvement au moyend’une bieile horizontale et d’un levier coudé à angledroit, ou d’une bielle verticale et d’un balancier.
On établit souvent les roues hydrauliques souterrai-nement, lorsque la chute d’eau motrice est produite parun cours d'eau qui coule à la surface, ou dans une ga-lerie percée à un niveau supérieur à celui de la galeried’écoulement par laquelle l’eau s’échappe, après avoiragi sur la roue. Le mouvement est alors trausmis aux