MONNAIE.
MONNAIE.
les bandes de métal par une ouverture oblongue ména-gée entre deux surfaces d’acier. La botte ou châssisqui renferrne.les coussinets d’acier (voir bànc-a-tirer)est représentée au point C dans la fig. 1867; s, c, sontles pinces qui servent à saisir le métal et à le fairepasser à travers la filière.
Quand la machine à tirer doit agir sur des bandes demétal* on a soin d'amincir, en le forgeant, un de leursbouts, afin qu’elles passent être introduites entre lescoussinets pour être saisies par la pince.
Pour faire agir le banc-â tirer, l’ouvrier saisissantles extrémités s de la pince, l’amène près de la filière C.Dans ce mouvement, les branches des pinces s'ouvrent,et elles sont poussées si près de la filière que ces mêmesbranches entrent dans une cavité qui les rapproche doscoussinets, de telle sorte qu’elles peuvent saisir l’ex-trémité amincie de la bande de métal. L’onvrier, d’unemain, tient ferme l’extrémité s de la partie supérieuredes pinces pendant que, de l’autre, il tire x en arrière.De cette manière, les branches se ferment et saisissentfortement le métal. Il baisse alors le manche a? jusqu’àce qu’rni crochet, qui se trouve sous les pinces, saisissela chaîne sans fin pendant qu’elle se meut, et elle entraîne les pinces et la bande de métal. Aussitôt quetoute la longueur de la bande de métal a passé entreles coussinets, le poids r, dégageant leur crochet de lachaîne, arrête leur mouvement. La machine de laMonnaie est garnie de deux filières et de deux chaînessans fin, comme on le voit dans le plan (fig. 4868).N, N, sont des roues dentées placées à l’extrémité su-périeure de la filière qui tournent à l’aide de leviers etservent à fixer la distance entre les coins. Une granderoue d’engrenage G, fixée sur l'axe F, sert à mettreen mouvement les chaînes sans fin. Cette roue estmue par uu pignon H, fixé sur un axe m. Une roueI, fixée sur l'axe m, fait mouvoir un pignon K placésur un second arbre portant également une ioue L,qui communique par une chaîne sans fin le mou-vement aux pinces. On conçoit facilement que le butde ces roues est de diminuer considérablement la vi-tesse initiale du tambour moteur quand elle so com-munique à la bande métallique passant entre les cous-sinets et augmente ainsi l’effort.
Le dragon n’a pas, comme le laminoir, l’inconvénientde laisser des bosses correspondant aux variations d’ac-tion de l’engrenage et il procure une grande régula-rité, l’action à laquelle la lame est soumise demeurantconstante. Les parties qui se raient beaucoupplus épaissesresteraient encore plus épaisses que les voisines aprèsle passage à la filière, tant par suite de l’élasticité dumétal que de celle de la filière, mais les faibles irrégu-larités que laisse le laminoir sont parfaitement corrigées,surtout en ayant soin de bien recuire les lames avant deles passer à la filière. De la combinaison des deux ou-tils, le laminoir et le banc-à-tircr, agissant de deuxmanières différentes, on obtient une régularité supé-rieure à celle qu’on pourrait obtenir séparément avecchaque outil. Le seul inconvénient est que les lamesconservent quelquefois la trace du frottement, ce quitoutefois n’a lieu qu’autant qu’on laisse les coussinetsen acier trempé se rayer.
Découpage des flans. La figure 4869 représente lamachine à découper les flans. Un soubassement enpierre A A, supporte une plaque de fer BB, sur laquelles’élèvent les colonnes C, C, qui soutiennent la partiesupérieure D. Le châssis de la machine E F E, estfixé sur la plaque de fer B B. L’emporte pièce d estmis en mouvement de haut en bas par la vis a, mueelle-même par un levier H, que fait tourner une machineà vapeur, d’une quantité suffisante pour couper l’épais-seur de la lame métallique. Un enfaut conduit cettemachine. A la Monnaie de-Londres, douze de ces ma-chines sont montées et rangées en cercle sur le mémo
soubassement, dans une salle élégante éclairée par enhaut. Elles sont toutes mises en mouvement par unemachine à vapeur de la force de 46 chevaux.
Autrefois, pour les réduire au poids exact, on ajus-tait les flans ainsi taillés en limant leurs bords ; opéra-tion que l’iDgénieux mécanisme de M. Barton a renduepresque inutile.
Le découpage des flans, dit M. Frichot, qui a publiésur la refonte des monnaies plusieurs brochures fortremarquables, est l’opération la plus délicate de la fa-brication; car le découpage donne aux pièces le poidsqu’elles doivent avoir. En effet, le diamètre du pistou
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ou emporte-pièce ne peut être altéré sans qu’il en ré-sulte une différence sensible ; si le piston est usé, iltranche des flans trop petits et les pièces sont pluslégères ; s’il est remplacé par un autre plus fort, lesflans seront trop lourds.
En France , le découpage se fait à bras d’hommes.La force n’étant pas suffisante, il a fallu renoncer àdécouper les flans avec des coupoirs à base horizontale ;les pistons qui servent ordinairement sont taillés ensifflet de manière à ne trancher qu’une partie de lasurface du flan à la fois ; il commence par un bord etemporte le reste par la continuité de l’opération. Ceprocédé est très mauvais, parce qu’il augmente la ba-vure êt laisse du flache sur la tranche, et aussi parcequ’il tend à amincir la pièce d’un côté.
En Angleterre, le découpage se faisant par la vapeur,l’homme n’agit que comme conducteur de la lame;l’emporte-pièce, dont la base est parfaitement plane,coupe instantanément le flan tout autour, sans laisseraucune bavure ni aucune irrégularité.
Décapage des flans. Au sortir de l’atelier de pesage etd’ajustage, on décape les flans en les agitant dans unetonne conique fixe, remplie d’eau chargée d’acide sulfu-rique, à l'aide d’un axe vertical armé de croisillons, etauquel on imprime un mouvement de rotation sur lui-même, soit à la main, soit de toute autre manière.
On blanchit ensuite les flans décapés, qui doiventservir à la fabrication des monnaies d’argent ou de bil-lon, en les faisant bouillir avec une dissolution decrème de tartre dans l’eau.
Machinage des flans. Le machinage ou cordonnagedes flans ne se fait plus aujourd’hui avant le mon-nayage; nous devons néanmoins donner la descriptionde l’ingénieuse machine qu’avait inventée M. Gingem-bre pour effectuer cette opération, qui consistait à gra-ver en creux sur la tranche les légendes : Dieu protègela France , Domine salvum foc regein. Le travail de cellemachine est si prompt et en môme temps si facile,