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MORTIER .

MORTIER .

Ce que nous avons dit de la pulvérisation des pouzzo-lanes naturelles s'applique à celles qui nous occupent

P

4884 . 4885 .

maintenant et à tontes les variétés que nous avons en-core à décrire.

La durée et l'intensité de la torréfaction exerce surces produits une éuorme influence. Il importe de l’étu-dier avec soin. Voici le résultat de quelques expériencesexécutées sur une argile ocreuse.

Durée

de

2* torréfaction.

Perto

de poid*.

Ordredan*lequelaeulieulaTitease de prisedes mortiers

Dureté

après S mois.

minute*.

5

grammes.

11 .oo

4

900

7

11.00

3

1000

10

9.50

3

1000

45

9.65

2

1100

20

14.60

1

1500

25

11.80

1

1500

30

12.20

2

1200

40

12.50

4

600

60

11.00

5

500

120

11.00

6

200

On voit par ce tableau que l'intensité de la pouzzolaneaugmente d’abord pour décroître ensuite. Le point leplus convenable répond à peu près à la température decuisson de la cbaux ou de la bonne brique.

Les arènes sont des sables, formés sur place par ladécomposition des roches anciennes, qui forment avecla chaux grasse des mortiers hydrauliques. La couleurde ces sables varie du rouge brun au jaunâtre. Ils soDttrès abondants à la limite des terrains anciens et des ter-rains secondaires ; ils occupent ordinairement le som-met des collines arrondies et peu élevées ; on les ren-contre fréquemment dans le Périgord et la Champagne .

M. Girard de Caudenberg, ingénieur qui s'est livréH une étude alternative des arènes, a reconnu qu’ellesdoivent leurs propriétés à l'argile qu’elles contiennenten plus ou moins grande quantité. Une légère calcina-tion augmente l’énergie de leurs propriétés.

On confond sous le nom de psammites des espècestrès nombreuses d’assemblages de grains de quartz, demica, de feldspath et de schiste agglutinés par des ci-ments variables. Nous n’avons à considérer, au pointde vue qui nous occupe, que les psammites scbistoîdes,jaunes, rouges, ou bruns, à grains fins, ouctueux autoucher et faisant pâte argileuse avec l’eau. Us provien-nent de la décomposition des roches schisteuses primitives. On les trouve en veines dans les schistes du dé-

part ment du Finistère . M. l'ingénieur Avril, qui le.* aemployées pour le canal de Nantes à Brest, mêlait un*partie de chaux grasse en pâte et trois parties de psara-raite calciné et pulvérisé. Le mortier faisait prise après47 jours d’immersion.

Certains grès friables renferment une gangue argi-leuse qui leur donne la propriété de rendre hydrauliquele mortier de chaux grasse. M. Minaret les a observéspour la première fois auprès de La Fère , à l'époque dela construction du canal de Saint-Quentin. Ces grèsexistent en bancs plus ou moins épais, reposant sur lacraie. Leur dureté est variable, ils jouissent de propriétés pouzzolaniques d’autant plus énergiques qu’ils sontplus compactes. Mais les frais de pulvérisation seraientconsidérables avec des roches dures; on se borne donc àl’emploi, encore suffisant, des parties assez friablespour être désagrégées pour un seul passage à la claie.

Les grès pouzzolaniques torréfiés en plein air sur uneplaque de tôle deviennent plus énergiques. Calcinés aucontraire en vases clos, ou même dans un four à chauxordinaire, ils perdent en partie leurs propriétés. Lameilleure proportion du mélange paraît être de troisparties de grès et d’une de chaux grasse en poudre. Lesmortiers sont assez gras, vu la ténuité du grè3 ; on doitles brasser avec soin et à deux reprises différentes àquelques heures d’intervalle.

On désigne, improprement dans les constructions,sous le nom de ciment , de la brique ou du tuileau pulvé-risé que l'ou mêle à la chaux. L'emploi de ces corps nepeut présenter aucune sécurité : on conçoit en effet quol’on met au rebut les pièces trop ou trop peu cuites, qued'ailleurs les briques sont mélangées de sable, et mêmesouvent fabriquées avec des terres grasses, et non avecdes argiles, de sorte qu'il est impossible de compter surla régularité des effets obtenus.

Les cendres de houille ou de tourbe présentent quelque-fois des propriétés pouzzolaniques assez développées ;mais elles sont souvent tout a fait inertes. L’emploide ces substances ne sera jamais d’une grande impor-tance.

Les laitiers de haut fourneau, les crasses de forges,connues sous le nom de mâchefer , ne sont que des pouz-zolaues peu énergiques. On ne doit les mêler qu'à deschaux déjà un peu hydrauliques par elles-mêmes.

Ou a quelquefois employé avec succès une combinai-son particulière d’argile et de potasse, connue sous lenom de ciment d'eau forte ; mais ce produit ne se ren-contre plus daus le commerce, depuis que 1\ n fabriquel’acide nitrique en décomposant par l’acide sulfurique lenitrate de potasse.

Nous venons de passer en revue les différentes sub-stances que l'on mélange ordinairement à la chaux pourformer les mortiers hydrauliques; nous allons examineren peu de mots les propriétés chimiques de ces différentscorps.

Les pouzzolanes naturelles ou artificielles, et les sub-stances que nous avons rangées par analogie dans lamême division, peuvent être partagées, comme l’a faitM. Vicat, en trois classes principales. Les matières trèsénergiques mêlées avec la chaux grasse produisent unmortier qui fait prise du premier au troisième jour aprèsl’immersion, et qui, après un an, est aussi dur que labonne brique et donne avec la scie à ressort uue pous-sière sèche. Les matières énergiques , dans les mêmescirconstances, donnent un mortier qui ne fait prise quedu quatrième au huitième jour, qui ne présente aprèsun an que la dureté de la pierre tendre, et qui donneavec la scie à ressort une poussière humide. Enfin, lesmatières peu énergiques produisent des mortiers qui nefont prise que du dixième au vingtième jour, qui n’at-teignent jamais que la consistance du 6avon et qui em-pâtent la scie à ressort. Nous avons déjà vu d'ailleursque les sables sont des matières inertes.