Cela posé, nous dirons d’abord que rien dans les ca-ractères physiques ne peut faire juger d’une manière,même approximative, du degré d’énergie de ces diffé-rents corps. On doit seulement remarquer que les ma-tières vitrifiées et très denses sont toujours médiocres.L’expérience directe peut seule donner des renseigne-ments positifs. Les caractères chimiques sont eux-mêmes assez incertains ; cependant ils peuvent fournirdes indications importantes.
L’argile des arènes séparée de son sable, et les psam-mites mis en contact pendant quelques jours avec l'a-cide hydrocblorique, abandonnent uue partie de leur feret de leur alumine.
L’acide hydrocblorique dissout la chaux et l’oxyde defer qui se trouvent dans les argiles ordinaires, mais iln’attaque presque pas l’alumine qu’elles renferment.
L’action des acides sur les pouzzolanes naturelles etartificielles est très variée. Quelquefois il se dissout unegrande quantité de fer et d’alumine; dans d’autres cir-constances la matière n’est nullement attaquée. Leséléments de ces divers composés se trouvent donc en-gagés dans des états de combinaison très differents : lesuns sont simplement mélangés, les autres sont retenuspar une affinité ou une cohésion énergique.
Les essais par les acides ne donnent donc que des in-dications assez vagues. Il n’en est pas de même de l’ac-tion de l’eau de chaux qui mérite un examen très atten-tif, et qui pourra peut être donner plus tard un moyende mesurer exactement et en peu de temps la puissancepouzzolanique d’une substance donnée.
L’eau de chaux mise en contact avec une quantitésuffisante d’arène*, de pouzzolanes, etc., réduites enpoudre est rapidement décomposée; la chaux se com-bine à la substance employée et se précipite avec elle.Cette action est d’autant plus énergique que la propriétépouzzolanique de la matière est plus développée. L’essaise réduit donc à projeter de petites quantités de pouzzo-lane dans un volume déterminé d’eau de chaux, jusqu’àce que toute la chaux soit précipitée, ce que l’on recon-naît à ce que le liquide n’est plus troublé par l’additiond’une goutte de carbonate de soude. La puissance pouz-zolanique est proportionnelle au volume d’eau de chauxdécomposée, et la dureté du mortier fabriqué avec lasubstance soumise à l’essai paraît suivre la même loi.Voici une expérience de M. Vicat qui le démontre d’unemanière assez exacte.
Pouzzolane employée. Eau de chaux dépouillée. Résistance du mortier.
400 parties 700 6i0
400 p. d’un au-
treéchantillon. 66 97
Voici du reste, d’après le même ingénieur, les quan-tités d’eau de chaux qui peuvent être décomposées pardifférentes matières pouzzo|aniques :
Eau de chaux dépouillée.
A 51 ( 4 00 parties d’argile des arènes,
crues j p.debonnesargilesàpouz-| zolane à l’état naturel. .
/ 4 00 p. de bonne argile à pouz-/ zolane calcinée au rouge àl l’air.
14 00 p. de bonne argile à pouz-Argiles ) zolane calcinée en vases clos,
cuites.)400 p. d’argile donnant unea pouzzolane médiocre,r 400 p. d’argile donnant une\ mauvaise pouzzolane.
1100
400 à
500
260
100
60 à
80
25 à147
38
On pent évaluer, en général, de la manière suivantele prix de revient dn mètre cube de pouzzolane artifi-cielle fabriquée par la cuisson d’une argile convena-ble
Extraction, indemnité de terrain et
transport aux fours (suivant les localités), mémoire.
Arrosage, trituration, façon des briquet-tes, une journée de manœuvre.4 f ,50
Charge, soin du four, décharge. . . . 4 r ,50
4 hectolitre de charbon de terre (suivant
les pays). . .mémoire.
Pulvérisation tamisage et emmagasine-
ment.4 f ,00
Frais d’établissement pour manège,fours, machine a pulvériser, estimés parmètre cube.2 f ,00
Prix du mètre cube. . . .
Le bénéfice d’environ 40 p. 100 est compris dans lesprix ci-dessus.
CHAPITRE II. ^
DE LA FABRICATION ET DE L’EMPLOI DES MORTIERS ET DES BÉTONS.
§ I. Extinction de la chaux . Les procédés employéspour éteindre la chaux, c’est-à-dire la combiner avecune quantité convenable d’eau, sont au nombre de trois.Cette opération préliminaire de la fabrication des mor-tiers exerce une assez grande influence sur leurs quali-tés. Nous devons l’examiner avec quelques détails.
Procédé ordinaire. La méthode la plus généralementemployée consiste à jeter la chaux dans une quantitéd’eau suffisante pour la transformer en bouillie épaisse.La chaux s’échauffe, se fend avec bruit, se boursouffleet se réduit en pâte ou en bouillie. Ces phénomènessont plus ou moins prononcés, suivant la qualité de lachaux employée.
On doit surveiller attentivement les ouvriers char-gés d’éteindre de la chaux. Pour diminuer le travail ul-térieur du mélange du mortier, ils sont toujours portésà mettre beaucoup trop d’eau. La chaux se réduit alorsen bouillie claire, se trouve noyée, comme disent lesmaçons, et perd beaucoup de sa qualité. Cette recom-mandation est d’une haute importance. Il arrive quel-quefois au-si que certains morceaux n’ont été atteintsque par une petite quantité d’eau ; ils décrépitent à secet atteignent une très haute température ; si on vientalors à projeter de l’eau dessus, ils se divisent fort malet ne donnent plus alors que de la chaux grenue. Onpeut éviter cet inconvénient en les mouillant peu à peuavec précaution ; mais il vaut mieux donner dès lecommencement toute Peau nécessaire.
Les chaux grasses éteintes en bouillie fort épaissedonnent deux ou trois volumes pour un ; une partie enpoids retient 2,91 parties d’eau. Les chaux maigres etles chaux hydrauliques, dans les mêmes circonstances,ne donneront qu’un volume et demi, ou un volume et unquart pour un.
La chaux obtenue par le procédé ordinaire que nousvenons de décrire est dite coulée, fondue ou amortie.La chaux en pâte, renfermée dans une fosse humide,peut se conserver fort longtemps dans cet état ; on ena vu qui après 500 ans était encore onctueuse et propreà faire d’excellent mortier. La chaux hydraulique, aucontraire, durcit en très peu de temps. Les ouvriers quiveulent encore l’employer dans cet état la détrempenten ajoutant de l’eau et la brassent fortement; on nepeut ainsi fabriquer que du détestable mortier. La chauxdurcie et remaniée avec de l’eau est amortie ; elle aperdu toutes les propriétés qui la rendaient précieuse.
Quand on n’a qu’une petite quantité de chaux à étein-dre, on se contente de la placer sur une aire bien unieet de verser dessus l’eau nécessaire, après l’avoir en-tourée d’une petite bordure élevée avec le sable mêmequi doit servir à former le mortier. Dans les grandschantiers de construction, l’atelier d’extinction est dis jposé avec pins de soin. On établit une fosse en maçonne-