MORTIER
MORTIER.
rie ou en planches de 0",50 à 0“,70 de profondeur etd’une étendue plus ou moins grande, mais cependantqui ne doit pas dépasser 4 2 ou 15 mètres carrés. Il vautmieux avoir plusieurs petites fosses qu’une seule tropgrande, l’opération est plus facile à surveiller et à exé-cuter. La fosse d'extinction est placée un peu au-dessusd’une fosse plus vaste dans laquelle on fait tomber, parune petite vanne, la chaux réduite en pâte. Ou prendla chaux conservée dans ce dernier bassin, quand on ena besoin. La chaux hydraulique ne doit être éteinteque peu de temps avant d’être employée. Le choix de laposition des bassins dont nous venons de parler n’estpas sans importance ; l’eau doit y arriver facilementpar un tuyau en plomb garni d'un robinet auquel il estconvenable de pouvoir ajuster un tuyau flexible, ter-miné par une tête d’arrosoir pour verser l’eau successi-vement sur tot£ les points du bassin d’extinction. Il fautd’ailleurs que ce bassin soit, autant que possible, plusélevé que les tonneaux ou autres appareils pour la fa-brication du mortier, afin que les matières, n’ayantqu’à descendre, n’exigent pas des frais considérables debardage, soit à dos, soit en brouette.
Extinction par immersion. Le second procédé con-siste à plonger la chaux vive dans l’eau pendant quel-ques secondes et à la retirer avant qu’elle n’ait fusé.Elle siffle, éclate avec bruit, répand des vapeurs brû-lantes et tombe en poussière. On peut la conserverlongtemps dans cet état, pourvu qu’elle soit à l’abri del’humidité. Elle ne s’échauffe plus quand on la dé-trempe.
400 parties en poids de chaux grasse éteinte par ceprocédé retiennent environ 48 parties d’eau, et 400 vo-lumes fournissent 450 à 470 volumes de poussièreéteinte et non tassée.
Les chaux hydrauliques éteintes par le même procédéretiennent -0 à 35 pour 400 d’eau, et leur volumeaugmente dans le rapport de 4 à 4,8 et même 2,4 8.
L’extinction de la chaux grasse par ce procédé exigecertains soins II faut réduire la chaux en très petitsfragments et la renfermer, avant qu’elle ne füse, dansdes futailles. Sans ces précautions, la chaux ne retientpas assez d’eau et se divise en petits fragments qui ne seréduisent plus en pâte, comme nous l’avons dit dans lepremier procédé.
L’extinction par immersion s’exécute en grand avecassez de facilité. Ce procédé donne même le moyen deséparer les incuits d’une manière complète et rapide. Lachaux à éteindre est placée par petites pariions dansdes paniers ou dans des seaux à fonds mobiles sus-pendus par une corde à la volée d’une grue. On lesplonge un moment dans l’eau, puis on les enlève, et enfaisant faire un demi-tour à la grue on amène la chauxau-dessus d’une chambre en maçonuerie où on la jette.Elle fuse bientôt et se réduit en poussière. On la faitalors tomber au moyen d’une trémie dans un cylindreincliné en tôle percée de trous et animé d’un mouve-ment rapide de rotation. La chaux pulvérulente passeà travers les trous de cette espèce de blutoir, et les in-cuits ou les biscuits qui n’ont pu s'éteindre sortent enfragments à l’extrémité inférieure du cylindre en tôle.La chambre ou s’accumule la chaux éteinte et blutéedoit communiquer au moyen d’une trémie avec le ma-gasin situé au-dessous où l’on veut conserver cettesubstance. Pour l’expédition, on renferme la chauxhydraulique éteinte par ce procédé dans des sacs entoile bien fermés.
Extinction spontanée. Le troisième procédé consistea abandonner la chaux au contact de l’air. Elle se réduiten poussière après un temps plus ou moins long en dé-gageant une petite quantité de chaleur. La chaux grasseabsorbe ainsi les 2/5 de son poids d’eau, et le foisonne-ment est de 2 fois 4/2 le volume primitif. Les chauxhydrauliques ne retiennent que 4 /8 de leur poids d’eau.
Leur volume augmente dans le rapport de 4 à 4,75ou 2. La chaux ainsi exposée à l’air absorbe aussi del’acide carbonique. L’énergie de cette dernière actionvarie avec la nature de la chaux sur laquelle ou opère,mais jamais la saturation ne devient complète. On con-çoit fort bien, en effet, que le carbonate formé autourde chaque grain de chaux forme uue espèce de vernisqui s’oppose à la combinaison de l’acide carboniqueavec la chaux vive qui existe encore au centre du glo-bule. De sorte que la chaux, exposée à l’air, n’estqu’une poussièredont chaque grain estcompusé intérieu-rement de chaux vive et extérieurement de carbonatede chaux régénéré.
La chaux, réduite en pâte d’égale consistauce par lesdifférents procédés que nous venons de décrire, ne ren-ferme pas la même quantité d’eau dans un même vo-lume. De nouvelles expériences seraient nécessairespour faire connaître d une manière complète l’influencedu procédé d’extinction sur la qualité des mortiers. Lepremier procédé est incontestablement le meilleur pourles chaux hydrauliques. M. Vicat pense que le troisièmeserait le plus convenable pour les chaux grasses. Legénéral Treussart, au contraire, regarde l’extinctionspontanée comme très mauvaise dans tous les cas. Noussommes portés à partager cotte opinion, parce que lachaux ainsi éteinte, étant toujours partiellement car-bonatée, doit présenter les fâcheux effets des chauximparfaitement cuites.
§ 2. dosage des mortiers. Les proportions danslesquelles il convient de mélanger la chaux et les diffé-rentes substances dont nous avons parle dépendent àla fois de la nature de ces substances et de l’emploique l’on doit faire des mortiers. On peut dire, d’unemanière générale, qu’il faut rapprocher les chauxgrasses Ûes pouzzolanes les plus énergiques, et, au con-traire, les chaux éminemment hydrauliques des sablesquarzeux et des matières inertes, de manière que lapuissance pouzzolanique de la substance ajoutée aug-mente quand la propriété hydraulique de la chaux di-minue. Quant aux proportions à adopter, il vaut mieuxpécher par absence que par excès de chaux quand elleest grasse, et, au contraire, par absence que par excèsde matières étrangères quand la chaux est hydrau-lique. Développons ces préceptes généraux.
Lorsque les mortiers doivent être constamment sousl’eau ou exposés à l’humidité, ils doivent, pour acquérirune grande dureté, être composés de l’une des ma-nières suivantes :
4° Chaux grasses et pouzzolanes naturelles ou arti-ficielles très énergiques.
2" Chaux moyennement hydrauliques et pouzzolanesénergiques, ou bien arènes de bonne quàlité, ou eufinpouzzolane très énergique mêlée de moitié de sable.
3° Chaux hydrauliques qt pouzzolanes peu énergi-ques, ou arènes, ou psamnites médiocres, ou enfinpouzzolane très énergique mêlée de sable.
4° Chaux éminemment hydraulique et sable ou ma-tières inertes.
Les mortiers exposés à l’air ne peuvent devenir trèsdurs qu’autant qu’ils sont composés de chaux éminem-ment hydraulique et du sable, ou bien de chaux hydrau-liques et de sable, ou autres substances inertes. Leschaux grasses ne peuvent jamais donner d’excellentsrésultats.
Les mortiers destinés à l’immersion renferment, engénéral, un volume de pouzzolane et 0,3 à 0,50 de pâteferme de chaux grasse, ou bien 0,40 à 0,60 de pâte dechaux moyennement hydraulique, ou bien enfin unvolume de sable, et 0,50 à 60 de chaux éminemmenthydraulique.
La résistance des mortiers qui doivent rester exposésà l’air va en croissant quand la proportion de sableaugmente depuis 50 jusqu’à 240 parties de sable pour