4 00 parties de chaux grasse éteinte par le procédé or-dinaire. Quand la chaux grasse a été éteinte par im-mersion ou spontanément, la résistance du mortieraugmente quand la proportion de sable varie de 50à 220 parties de sable pour 400 de chaux, et décroîtensuite quand la dose de sable dépasse ce dernier chiffre.
La résistance des mortiers qui contiennent de lachaux moyennement hydraulique, éteinte par le pro-cédé ordinaire, va en croissant quand la proportion desable passe do 0 à 480 parties pour 400 de chaux.
Les proportions que nous venons d’indiquor n’ontrien d’absolu. Elles varient, nous le répétons, avec lesqualités des matériaux. D’ailleurs la résistance absolued’un mortier ne doit pas préoccuper exclusivementl’ingénieur; la rapidité de la prise, les difficultés defabrication et surtout le prix de revient sont presquetoujours pour lui d’une plus haute importance. Quandon est chargé d’un grand travail, il ne s’agit pas d’ob-tenir les mortiers les plus résistants possible, mais desmortiers suffisamment résistants au plus bas prix possible.
Les différentes substances qui composent les mortiersBont en grains, en poussière ou en pâte ; quand on lesmélange, elles forment une masse plus ou moins com-pacte dont le volume est moindre que la somme desvolumes mélangés ; il y a une contraction qui variedes 5/7 aux 4/5 du volume total des composants.
§ 3. Fabrication du mortier. Nous avons faitconnaître les différentes matières qui entrent dans lacomposition des mortiers. Nous avons ensuite indiquéles proportions dans lesquelles il convient de les mé-langer pour obtenir les résultats les plus avantageux ;il ne nous reste plus qu’à décrire les procédés em-ployés pour effectuer le mélange et la trituration de cessubstances d’une manière à la fois complète et écono-mique. Cette opération peut se faire à bras ou au moyende machines.
Quand on ne doit fabriquer qu’une petite quantité demortier, les frais d'établissement de machines ne se-raient pas couverts, et alors on opère le mélange de lachaux avec le sable ou les pouzzolanes au moyen derabots manœuvres par des hommes. L’ouvrier pousseson rabot en avant en appuyant sur la partie plate del’instrument et le ramène à lui en appuyant sur letranchant. Ce double mouvement écrase et mélange lamatière en la ramenant sans cesse vers l’ouvrier.
Le prix de revient de la fabrication, par ce procédé,de 4"- c * de mortier, non compris l’apport et le dosage,peut s’établir de la manière suivante : un chef d’atelierpayé, je suppose, 3 fr. par jour, surveille facilement deuxateliers de 5 gâcheurs chacun et les hommes qui apportentet qui mesurent la matière. Le rabot coûte environ 5 fr.et peut servir à confectionner dans l’année environ250 m,e * de mortier; il exige environ 5 fr., dans lemême temps, pour réparations, entretien et amortisse-ment de sa valeur; de sorte que, si le prix de la journéede manœuvre est de 4 fr. 50 c., comme nous l’avonsdéjà supposé, le sous-détail de la fabrication de 4" ,c *de mortier sera :
4 journée de manœuvre à 4 fr. 50 c.. 4 fr. 50 c.
~ — de surveillant à 3 fr. . . » 30
Frais d’outils.»> 02
Prix de la fabrication du mètre cube. 4 fr. 82 c.
Dans les grands travaux, on emploie presque toujoursdes moyeus d’exécution plus puissants. On fabrique lemortier à l’aide de machines de formes très variées. Nousallcns décrire successivement ces appareils.
Dans quelques circonstances exceptionnelles, prèsdes bagnes par exemple, les ingénieurs disposent d’untrès grand nombre d'ouvriers. On peut les employer àfabriquer le mortier au moyen d’un appareil qui sembleavoir donné de bons résultats à quelques officiers dugénie militaire. C’est un tonneau mobile autour d’un
axe horizontal. Des planches fixées à la circonférencede ce tonneau et dirigées suivant des plans passant parl’axe, forment des espèces de marches sur lesquellesles hommes montent continuellement en faisant tournerle tonneau par leur propre poids. Les substances sontintroduites par une des extrémités du tonneau, aumoyen d’une trémie, et le mortier sort à l’autre extré-mité. Le tonueau est garni intérieurement d’une sériede chevilles sur lesquelles le mortier tombe continuel-lement et se trouve ainsi parfaitement mélangé. Sixhommes et un surveillant peuvent faire marcher lamachine et produisent environ 45" ,,e * de mortier parjour. La machine coûte environ 800 fr. Elle peut exi-ger 200 fr. de réparations annuelles et durer 40 ans,les débris seraient revendus 200 fr., l’intérêt de soncapital est de 40 fr.; les frais d’outils annuels seraientdonc de 300 fr. Pour 200 jours de travail par an,c’est-à-dire pour fabriquer 3,000“ ,e * de mortier, soit» fr. 30 c.par mètre cube. Le sous-détail de la fabrication, noncompris le transport des matières, serait donc :^journée de manœuvre à 4 fr. 50 c. l’une. 0 fr. 60 c.^ journée de surveillant à 3 fr. ... » 20
Frais d’outils.» 30
Fabrication de 4“ ,c ‘ de mortier. . 4 fr. 40 c.
Ce prix de revient est moins élevé que le précédent,et il deviendrait encore plus faible si on suppose queles manœuvres sont des prisonniers dont la journée estpresque sans valeur. Cependant nous ne donnons pasle dessin de cette machine, dont la construction n’estpas aussi rationnelle qu’on pourrait le désirer, et nouscroyons que si on était obligé d’employer des hommesà ce genre de travail, il vaudrait encore mieux les ap-pliquer à l’une des machines suivantes.
Nous avons vu employer, pour labriquer du mortier,une machine analogue à celle des fabricants de chocolat.Deux cônes tronqués, en bois, remplis de pierres, écra-saient le mortier placé sur la plate-forme circulairesur laquelle ils roulaient, des couteaux et des râteauxle remuaient ensuite pour ramener successivementtoutes les parties de la masse sous l’action des cônesroulants. Cette machine donnait de mauvais résultats etexigeait beaucoup de force sans faire d’excellent mor-tier. Nous en avons seulement parlé pour mettre engarde contre elle les constructeurs qui pourraient êtreséduits par cette disposition qui parait ingénieuse.
Tout le monde connaît la disposition des manèges àroues (fig. 4 886 et 4 887) employés pour faire le mortier
•4886.
dans presque tous les grands chantiers. Des roues or-dinairement au nombre de deux, parcourent une augecirculaire, peu profonde, et écrasent et mélangent les