matières. Des râteaux en fer, solidaires avec les roues,remuent sans cesse le mortier et amènent successive-ment toutes scs parties sous l'action des roues. Quandle mélange est parfait, on ouvre uue trappe placée aufond de l'auge et le mortier, poussé par un râble enfer convenablement disposé, tombe en tas au-dessousdu manège et peut être facilement recueilli et trans-porté. Ces manèges sont généralement mis en mouve-ment par un ou deux chevaux. Ces appareils, d'unegrande simplicité, donnent, en général, d’excellentsproduits ; je crois même qu’ils sont supérieurs à tousles autres moyens employés pour les mortiers très com-pactes, ceux, par exemple, qui ne renferment que dela chaux et de la pouzzolane.
Un manège à mortier conduit par 2 chevaux peutproduire 20" c * de mortier par jour, soit 4000 - * e * paraunéede 200 jours de travail. Un surveillant peut di-riger le dosage et la marche de deux appareils. Chaquemanège exige en outre les soins d’un manœuvre. Cettemachine coûte en moyenne 500 fr., savoir :Maçonnerie . . <30 fr. I 500 fj .
Cnarronnage et fers. . . zoU tr. \
Son entretien annuel est de 50 fr.* à peu près, l’in-térêt de son capital est de 25 fr., et en supposantqu’elle dure dix ans on peut évaluer à 40 fr. sa dépré-ciation annuelle, de sorte que les frais d’outils pour lafabrication de 4000 B,,C * s’élèvent à 4 45 fr. Le sous-dé-tail de fabrication est donc le suivant :
de journée de cheval à 5 fr. l’une. . . . 0,500—- — manœuvre à 4 fr. 50 l’une. 0,075
- 477 - — surveillant à 3 fr. l’une. 0,075
Frais d’outils —.0,029
1890.
Prix de fabrication du mètre cube. 0 f ,079
Occupons-nous enfin des tonneaux à mortier. Cesmachines sont aujourd’hui très employées. Elles pré-sentent^en effet beaucoup d’a-vantages. Elles occupent peude place, leur surveillance estfacile, leurs produits sont debonne qualité et très abondants;le prix de fabrication d’un mètrecube de mortier est très faible.
Nous pensons que c’est le meil-leur appareil à employer pourles mortiers de sable et chaux ;elles laissent dans ce cas trèspeu à désirer.
La forme et les dimensionsdes tonneaux à mortier varientbeaucoup. Les uns sont cylindri-ques, les autres sont des troncsde cônes dont la grande base esttantôt en dessus, tantôt en des-sous ; certains tonneaux peuvent%tre manœuvrés par un ou deuxhommes; une machine à vapeurde 12 chevaux suffit à peine pourfaire mouvoir l’un de ces appa-reils employé aux travaux hy-drauliques de Cherbourg . Cha-que constructeur, pour ainsidire, adopte tme forme particu-lière, et il doit en être ainsi, carles proportions doivent changeravec les circonstances dans les.quelles ou opère. Avouons ce-pendant que jusqu'à présentaucune règle fixe n’a guidé lesiugénieurs. Des expériences di-
à la fin de cet article de donner quelques principes à cetégard : ayant étudié la marche d’uu grand nombre deces appareils, nous espérons présenter quelques obser-vations utiles.
Pour éviter l’emploi d’un trop grand nombre de fi-gures, nous ne donnerons que le dessin du tonneau bre-veté de M. l’architecte Roger, non pas, à beaucoupprès, que ce soit le meilleur à notre avis, mais parceque nous pourrons faire comprendre tous les autres ennous aidant de la description complète de celui-ci.
Le tonneau à mortier de M. Roger se compose,comme l’indiquent les figures 4888, 4889 et 4890,d'une forte enveloppe en douves de chêne, cerclées enfer. Un arbre vertical, également en fer, porte à sa partiesupérieure, une pièce horizontale à laquelle les chevauxsont attelés, et sur sa largeur une série de râteaux éga-lement en fer. L'un d’eux est représenté (fig. 4894).Le fond du tonneau (fig. 1888) est percé d’ouverturesà travers lesquelles s'écoule le mortier, qui peut aussisortir par la porte pratiquée au bas du tonneau (fi-gure 4890). L'urbre porte, à sa partie inférieure, unepièce de fonte (fig. 4892) qui broie les matières sur lefond dn tonneau. Une vis sur laquelle tourne l'arbre enfer permet de l’élever ou de l’abaisser plus ou moins; ledisque en fonte se trouve ainsi plus ou moins éloigné dufond et exerce par ce moyen une action dont l’énergiepeut varier à volonté. La partie supérieure du tonneauporte un évasement pour faciliter l’introduction des ma-tières. Les ouvertures pratiquées dans la pièce de fontequi forme le fond du tonneau de M. Roger sont sujettesà s’engorger. Un fabricant de briques du Bas-Meudon(près Paris ), dont le nom m’échappe en ce moment,forme le fond de ses tonneaux broyeurs avec une grillecomposée de barreaux ordinaires de fourneaux de chau-dières à vapeur. C'est une très heureuse idée. On peutà volonté faire varier l'écartement des barreaux, dé-gager les vides engorgés, etc. Les tonneaux, ainsi dis-
4889.
4894.
4892.
posés, peuvent se prêter, en modifiant convenablementl’écartement des barreaux, à une foule d’applications,