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MORTIER .

MORTIER .

depuis le corroyage des terres à poteries fines jusqu’à jla préparation des bétons les plus grossiers. M ; Mongel, 1ingénieur français, chargé par le vice-roi d’Egypte dela colossale entreprise du barrage du Nîl , fait construireen ce moment à Paris huit machines à vapeur destinéesà faire marcher seize broyeurs à argiles et les ma-chines à briques correspondantes, et de plus tous lesbroyeurs de cette, espèce qui prépareront le mortiernécessaire à ce prodigieux travail, plus digne assu-rément de notre admiration que les célèbres pyra-mides (1).

L’inventeur de la disposition que nous venons de dé-crire possède, comme M. Roger, un brevet d’invention ;on ne peut donc, d'ici à quelques années, l’employersans payer à ces messieurs des droits qu’ils fixent forthaut. C’est assurément une chose fâcheuse pour lesentrepreneurs de travaux, mais nous verrons bientôtque l’on peut arriver par d’autres méthodes à des ré-sultats presque aussi satisfaisants.

Daus les tonneaux que l’on construit ordinairementle fond est plein et le mortier ne peut sortir que parune porte placée au bas du tonneau. Cette dispositionprésente un grave inconvénient le sable et la chaux :s’accumulent dans la partie du tonneau opposée à laporte, et ne trouvant pas d’issue, ils sont fortement com-primés et deviennent quelquefois si compactes que lemouvement de l’arbre et des râteaux qu’il supporteest tout à fait impossible. On doit mettre au moinsdeux ouvertures garnies de portes à coulisses à la partieinférieure des tonneaux ; ainsi modifiés ils marchenttrès bien, et la facilité que l’on a d’augmenter ou dediminuer les orifices permet de rendre l’écoulement dumortier plus ou moins rapide, et par suite son mélangeplus ou moins parfait.

L’arbre des tonneaux à mortier ordinaires porte desrâteaux comme ceux du tonneau de M. Roger. Quel-quefois on ajoute d'autres râteaux semblables fixésaux parois intérieures du tonneau, le mortier se trouveainsi entraîné par les râteaux mobiles et retenu par les

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îâteaux fixes qui le déchirent en tons sens. La fi-gure 4893 donne le dessin d’un tonneau à bras de cegenre employé au pont de Lorient .

Examinons maintenant la forme générale des ton-neaux à mortier. Quelques constructeurs donnent àleurs appareils la forme d’un tronc de cône dont lagrande base est en bas. Cette disposition est rarementbonne. On sait, en effet, que le sable et la chaux occu-pent un volume d’autant plus faible que leur mélangeest plus parfait, si. en même temps, la capacité qui lesrenferme va en augmentant, on comprend qu’il se for-mera des vides dans la masse, et les matières à mélan-

0) D’après une opinion récemment émise, mais qui pa-rait difficile à justifier, les pvramides ne seraient pas moinsadmirables que le barrage du Nil ; elles auraient comme luiun caractère de haute utilité, car elles seraient destinées àt’opposer à la marche progressive des sables du désert.

j ger formant voûte à la partie supérieure du tonneauI cesseront de descendre : ce que j’ai souvent observé,i Quelquefois, au contraire, la petite base du tronc decône qui ferme le tonneau est à la partie inférieure.Dans ce cas, les matières descendent bien, mais unautre inconvénient se présente. L’effort nécessaire à latrituration augmente avec la compression du mortier,de sorte que les râteaux, placés au ban de l’arbre, peu-vent avoir à exercer, en pure perte, un effort considé-rable. Le but que doit se proposer le constructeur estd’éviter à la fois les deux inconvénients que nous venous de signaler. La forme cylindrique satisfait dansles cas ordinaire* à ces conditions. Mais jusqu’à présenton n’a pas cherché à déterminer par des considérationsrigoureuses les formes à donner aux tonneaux à mor-tier. Voici, je crois, comment on pourrait parvenir àtrouver nne forme telle que les efforts exercés par tousles râteaux soient égaux. La base inférieure devraitêtre à la base supérieure dans le rapport du volume dumortier à la somme des volumes des matières mélan-gées, multiplié par le rapport de la résistance opposée àla trituration, par les matières simplement mêlées,à la résistance opposée à la même opération par le mé-lange intime constituant le mortier. Le premier rapportest très facile à évaluer. Le second présenterait un peuplus de difficulté à déterminer, mais pourrait cependantêtre obtenu avec une assez grande approximation parles méthodes habituellement employées pour détermi-ner la résistance des matières molles.

D’après la marche que nous venons d’indiquer onconçoit que l’on sera conduit, suivant la nature desmatériaux, à l’adoption de tonneaux, quelquefois évaséset quelquefois rétrécis à la partie supérieure. Mais, nousle répétons, la forme cylindrique est, en général, laplus avantageuse, et nous conseillons de l’adopter toutesles fois que des considérations positives ne porterontpas à lui en faire préférer une autre.

Il nous reste à examiner un élément important de laforme des tonneaux : c’est le rapport de leur diamètre àleur hauteur. Dans ce cas encore, les constructeurs neparaissent conduits par aucune règle générale. On ren-contre sur les chautiers, des tonneaux broyeurs dont lahauteur varie depuis une fois jusqu’à deux fois lediamètre. Toutes choses égales d’ailleurs, le rapport dela hauteur à la base, doit être d’autant plus petit, queles appareils sont plus puissants. Pour des appareils demême puissance la hauteur doit être d’autant plusgrande que les substances employées sont plus difficiles àmélanger. Nous pensons du reste, en général, qu’il vautmieux pécher par excès que par défaut de hauteur. Enouvrant davantage les portes de décharge du mortieron peut toujours remédier au premier défaut. Les in-convénients résultant du second ne peuvent être pré-venus qu’en diminuant l’ouverture des portes et parsuite en augmentant le travail moteur. Dans les ma-chines à mortier qui donnent les meilleurs résultats, lahauteur est égale à peu près à trois fois le rayon ducylindre.

Voyons maintenant quels sont les résultats écono-miques de ces dernières machines. Un tonneau un peuplus grand que celui dont nous avons donné le dessin,conduit par un cheval, fournit facilement 25 m * % * demortier par jour, soit 5000“* c * par année de 200 joursde travail. Nous ne parlerons pas du prix des tonneauxbrevetés , qui est énorme; nous établirons nos calculsd’après un exemple que nous avons eu l’occasion d’é-tudier. Le tonneau coûtait 500 fr. L'intérêt annuel decette somme est 25 fr. En admettant que le tonneaudure dix ans, sa dépréciation annuelle sera de 30 fr.,ses débris conservant une valeur de 200 fr. Son entre-tien n’excède pas 125 fr. par an ; les frais annuels d’ou-tils seront, pas conséquent, de 480 fr. Cela posé, lesous-détail de la fabrication d’un mètre cube de mor-