journée de cheval à 5 fr. 0,200
— surveillant à 3 fr. 0,060
-J-. — manœuvre è 4 fr. 5 c. 0,060
Fiais d’outils JJ&. 0,036
Prix de la fabrication de 4 mètre cube. . . 0 r ,356
Nous devons même faire remarquer que Von pourraitobtenir jusqu’à 30* ,e * par jour, a\ec un tonneau deM. Roger, ou tout autre dont le fond serait percé ; cequi diminuerait encore d’un cinquième le prix ci-dessus. Les prix de revient que nous venons d’indiquervarieraient évidemment dans chaque localité avec leprix de la main-d’œuvre et celui des matériaux; maisobtenus tous dans les mêmes hypothèses, ils peuventservir de termes de comparaison. 11 résulte du rappro-chement de tous les chiffres que nous venons de citer,que la fabrication à bras d’hommes d’un mètre cubede mortier coûtant 4 fr. 82 c. , elle ne coûterait que0 fr.,679 avec un manège à roues, et seulement Ofr.,356avec un tonneau à mortier ordinaire, et moins encoreavec un tonneau à fond percé.
Les î enseignements que nous venons de donner per-mettent de déterminer facilement le nombre de mètrescubes de mortier, au-delà duquel il y a économie àfaire les frais d’établissement d’une machine pour lafabrication.
Répétons encore, en terminant ce paragraphe, quel’on ne saurait apporter trop de soin à empêcher lesouvriers de mettre trop d’eau dans le mortier, ce qu’ilssont toujours portés à faire, surtout quand on fabriquele mortier avec des rabots.
§ 4. EMPLOI 1ST SOLIDIFICATION DES MORTIERS.Nous avons déjà dit qu’il était presque impossibled’obtenir de bons résultats avec les mortiers de chauxgrasses et de sables. Comme ils sont cependant fréquem-ment employés, nous allons examiner comment s'o-père leur solidification, et nous en concluerons lesprécautions que nécessite leur emploi. Quand ou exposede l’eau de chaux au contact de l’air, l’acide carbo-nique se combine rapidement à la chaux, et le carbo-nate se précipite en pellicules qui adhèrent fortementaux corps solides environnants. Si la chaux, nu lieud’être dissoute dans l’eau, est, au contraire, exposée àune dessiccation rapide, elle absorbe encore l’acide car-bonique, mais les grains de carbonate formé restentséparés sans contracter entre eux la moindre adhé-rence. Considérons maintenant un mortier composé desable, de chaux et d’eau, et il nous sera facile de conce-voir les phénomènes qu’il présentera suivant les cir-constances où il se trouvera. S’il est mouillé par del’eau, constamment renouvelée, la chaux se dissoudraentièrement, et bientôt il ne restera plus que le sable.Si, au contraire, il est rapidement desséché, la chauxabsorbera l'acide carbonique sans contracter d’adhé-rence, et on n’obtiendra qu’un mélange de sable et depoussière calcaire. Enfin, si le mortier est entretenudans un état convenable d'humidité, lu chaux dissoutedans l’eau qu’il renferme absorbera l'acide carboniqueet se disposera en pellicules adhérentes comme un ver-nis sur les grains de sable. L’eau, en présence d’unexcès de chaux, dissoudra une nouvelle quantité de cettesubstance et de nouvelles pellicules de carbonate vien-dront envelopper les premières. Cette action se conti-nuera ainsi jusqu’à la solidification entière de la masse.La nécessité de la présence de l’air pour la solidifica-tion des mortiers de chaux grasse, est démontrée parune expérience journalière. Toutes les fois que l’on dé-molitdes masses considérables de maçonnerie, quellequesoit leur ancienneté, ou trouve toujours au centre lachaux grasse aussi molle qu’au moment de l’emploi.
Le général Trenssart, en démolissant à Strasbourg ,en 4822, un bastion construit en 4666, trouva le mor-tier aussi frais que si les maçons l’avaient posé depuisquelques jours seulement. John cite un fait analogueobservé pendant la démolition d’un pilier de 9“ de dia-mètre de la tour Saint-Pierre à Berlin . Il est inutile demultiplier les exemples par de pareils faits, que chacunpeut du reste avoir observés.
La chaux engagée dans les mortiers ne reprend ja-mais tout l’acide carbonique qui constituerait le car-bonate pur. On conçoit, en effet, que le carbonateformé enveloppe en plusieurs points de la chaux viveet la préserve d’une combinaison ultérieure.
Si nous avons bien fait comprendre le mode de soli-dification des mortiers, on appréciera à leur juste va-leur les différents dictons des ouvriers sur le temps leplus favorable aux constructions. Il est également justede désirer un temps sec ou un temps humide : tout seréduit à une question de quantité. S’il fait sec, les mor-tiers se dessèchent trop vite, il faut les humecter ; s'ilpleut, l’eau peut les dissoudre, il faut alors couvrir lesmaçonneries et s’opposer à leur lavage. Ces notionssont si simples, qu’il paraîtra inutile de les énoncer àtoutes les personnes qui ne savent pas combien il estdifficile de faire pénétrer des idées justes et simplesparmi les ouvriers, malheureusement si peu éclairés au-jourd’hui.
Nous ne parlerons de l’emploi des mortiers hy-drauliques qu’en nous occupant de l’immersion des bé-tons. Les soins apportés dans l’application de ces com-posés exercent sur leur qualité la plus grande influence.
Nous avons dit eu commençant que nous laisserionsde côté, dans cet article tout pratique, les discussionsthéoriques. On nous pardonnera donc de ne pas exposerici les nombreuses expériences qui ont été faites pourchercher à expliquer les faits singuliers que présentela résistance des différents mortiers et les circonstancesde leur solidification. Les opinions des savants les plusdistingués sont loin de concorder sur ces questions ; nosdoutes n’auront rien d’étonnant.
On détermine la résistance des mortiers, soit en bri-sant des prismes des mortiers à essayer de dimensionsdonnées dans des circonstances déterminées, soit encomparant les enfoncements d’une même aiguille char-gée du même poids dans les différents échantillons.
La force normale nécessaire pour séparer deux pier-res réunies par du mortier varie de 4 k ,25 à 2 k ,64 parcentimètre carré. En pratique, on ne doit pas dépasserune charge normale de 4 kilogr. par centimètre carré,ou de 0 k ,37 pour la résistance au glissement.
§ 5. fabrication du béton. On donne le nom debéton à nnmélangedemortier etdepetitespierres. C’estune maçonnerie à petits matériaux que l’on fabrique surles chantiers, et qui se solidifie plus tard en prenant lesformes exactes de l’enceinte où on l’a renfermée. L’em-ploi du béton a rendu à l’art des constructions les servi-ces les plus importants; il a rendu facile et économi-que la fondation de tous les ouvrages hydrauliques, eta permis d’exécuter des travaux réputés impossibles au-trefois.
Les proportions de pierres cassées et de mortier va-rient avec les circonstances et les résultats que l’onveut obtenir. Quand on a de bonne chaux hydrauliqueà bas prix, on peut augmenter la dose du mortier. Ainsi,nous avons vu employer pour la fondation d’uue écluse,du béton dont le mètre cube renfermait :
Pierres cassées. . . 0-- c .,45l, ..
Mortier hydraulique. 0”' c ',90 (
D'après les devis du canal du Centre, le mètre cubede béton doit contenir :
Pierres cassées. . . 0“ c -,63l. .
Mortier hydraulique. 0“ c ‘,64j