médiatement au-dessous, et enfin les couloirs à bétonseront placés après les machines à mortier. D’aprèscette disposition, on conçoit que les matières premières,n’ayant qu’à descendre, obéissent sans cesse à leurpropre poids,*et les ouvriers n’auront qu’à diriger leursmouvements. L’homme doit toujours chercher à uti-liser les forces naturelles qui sont à sa disposition pourdiminuer le travail qui lui est réservé, et augmenterd’autant son bien-être matériel. Trop souvent les con-.«tructeurs oublient d’utiliser la pesanteur dans leursateliers. Puissent les réflexions précédentes leur rap-peler l’importance de cet auxiliaire.
§ 6. EMPLOI ET COULAGE DU BETON. Nous n'en-treprendrons pa3 ici de décrire les différents ouvragesdans lesquels on peut employer le béton avec avan-tage. Il faudrait écrire un cours de construction pres-que complet, car depuis quelques années tous lesgrands travaux ont reçu uûe direction nouvelle parl’application de ce précieux composé. Nous citeronsseulement quelques exemples remarquables de sonemploi.
Les piles du pont en pierre de Rouen (Seine-Infé-rieure ) devaient être établies dans un point de laSeine où la profondeur d’eau était de 7“,00 pendant labasse mer, et s’élevait à chaque marée jusqu à 45 m ,00.Le fond était d’ailleurs très mauvais et sans résistance.Il était t'mpoMib/e dans ces circonstances de songer àdes batardeaux et à des épuisements. L’emploi des cais-sons foncés si souvent recommandés était égalementimpraticable ; en un mot, tous les moyens généralementemployés étaient impuissants pour surmonter les diffi-cultés que présentait la fondation de ce pont. On futobligé de recourir à de nouveaux procédés. Voici ceuxqui furent employés ; ils ont parfaitement réussi.
On commença par chasser des pieux d’une grandelongueur (fig. 1897), entre lesquels on coula du bé-ton. Ou battit ensuite, au moyen de faux pieux, autourde ces premiers pilotis, une enceinte continue qui fut
également remplie de béton pour maintenir et défendrele premier massif. Enfin des enrochements complétè-rent cette fondation. Les pieux recépés de niveau à2“,00 seulement au-dessous de l’eau purent recevoir uncaisson au moyen duquel on éleva, comme de coutume,les piles du pont.
Les bâtiments de guerre doivent être souvent visitéset réparés extérieurement. Ces opérations s’exécutenten les faisant entrer dans des formes de redoub , espècesde petits bassins que l’on ferme après l’entrée du vais-seau pour enlever, au moyen de pompes, l’eau qu’ilsrenferment, et mettre le bâtiment à sec. Le tirant d'eaud’un vaisseau de ligne est de 7 m ,50, la distance qui doitrester libre entre le dessous de sa quille et le fond dubassin est environ de 4 “,20, l’épaisseur du radier de laforme est au moins de 3 mètres. De sorte que la fonda-
tion d’une forme de radoub doit s’exécuter, dans lesports de la Méditerranée, environ à 42 mètres au*dessous du niveau de l'eau. La construction d’un ou-vrage de cette nature présentait autrefois des difficultéspresque insurmontables. L’emploi du béton a renduleur exécution assez facile. Sans entrer dans aucun dé-tail de construction, nous dirons seulementque l’on couleune vaste cuvette en béton, dont l’épuisement présenterarement de grandes difficultés, et dans laquelle onconstruit, comme on le ferait sur la terre ferme, lesbajoyers et le radier de la forme de radoub. M. Ber-nard a le premier suivi cette marche au port de Toulon .M. Noël vient de terminer, dans le même port, une formede la plus grande dimension. Ce beau travail, dirigé ilest vrai avec une rare habileté, n’a présenté aucun ac-cident. Nous citerons encore la forme d’Alexandrie ,exécutée avec succès par M. Mougel, dans les circon-stances les plus difficiles. Le premier bassin de radoubexécuté à Toulon coûta 2,050,000 fr. à une époque oùl’argent avait une valeur double de celle qu’il possèdeactuellement. La forme de M. Bernard n’a coûté que4,800,000 fr. Celle de M. Noël, quoique beaucoup plusgrande, puisqu’elle doit recevoir les bâtiments à vapeurde 600 chevaux, coûtera moins encor?. C€f simple rap-prochement suffit pour montrer l’importance de la mé-thode qui nous occupe. Nous ne multiplierons pas da-vantage ces exemples de grands travaux, nous devonsajouter que l’emploi du béton peut apporter de grandeséconomies dans l’établissement des plus modestes con-structions. On le comprend bien aujourd’hui pour lestravaux publics, et les plus petits aqueducs de nos routessont maintenant fondés sur des couches de béton , quiforment après un certain temps de véritables pierresd’un seul morceau, sur lesquelles les ouvrages sont assiscomme sur le rocher naturel. Malheureusement les par-ticuliers ne sont pas assez familiarisés avec ce genrede construction. Les plus petites écluses du moulin* lessimples déversoirs s’exécuteraient avec simplicité etéconomie par l’emploi de fondations en béton. Nous nesaurions trop encourager à l’employer avec confiancedans toutes les constructions hydrauliques et dans lesfondations exposées à l’humidité.
Le coulage du béton sous l’eau est une opération dé-licate qui exerce la plus grande influence sur la réussitedes travaux. Le béton composé de la manière la plusconvenable ne produirait absolument aucun résultatutile s’il était mal coulé. Nous décrirons avec soin lesprécautions à employer dans ce travail.
Il y a deux méthodes principales pour le,coulage dubéton : le coulage à la trémie et le coulage par caisses,ou bacs. Les trémies sont des espèces de grands tuyauxen bois ou en métal, terminés à \v?z partie supérieurepar des entonnoirs, et supportés par des bateaux ou deséchafaudages ; on y verse le béton qui va se répandresur le fond. On promène la trémie snr tous les pointsoù l’on veut établir l’aire en béton. Il arrive générale-ment que le béton s’accumule au bas des trémies, etqu’il sort ensuite violemment quand il éprouve unepression considérable par l’addition de nouveau béton.Il se trouve ainsi animé d’une grande vitesse au mo-ment de sa sortie de la trémie. L’eau le délaie, lespierres tombent les premières et le mortier est en grandepartie entraîné. Cette méthode est donc tout à fait dé-fectueuse, et nous croyons qu’elle ne doit être employéequ’avec les plus grandes précautions et seulement quandon y est forcé par des circonstances locales particu-lières.
Le coulage ait moyen de caisses réussit beaucoupmieux que celui à la trémie, c’est le procédé générale-ment suivi aujourd’hui. Les formes des caisses em-ployées sont assez variables. Dans les ports de mer oùl’outillage est considérable parce qu’il appartient à L'ad-ministration et qu’il peut servir fort longtemps, en era-