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MORTIER .

MOULIN.

tion des égouts. Les unes forment le radier et les pieds-droils. les autres la voûte. Les constructions s’exécu-tent ainsi avec une grande rapidité et a très bas prix.

La fabrication des pierres artificielles ne présenteaucune difficulté. On forme avec des planches des cais-ses dont les parois sont mobiles ; on coule dedans le bé-ton, et quand il est solidifié, on retire les bois qui con-stituaient cette espèce de moule.

Nous terminerons cet article en citant un passagodu beau rapport fait à la Chambre des Députés parM. Arago sur les travaux de M. Vicat. Ces quelqueslignes montreront l’importance du sujet que nous ve-nons de traiter et nous feront pardonner la longueurdes détails dans lesquels nous sommes entrés sur lesmortiers et bétons hydrauliques.

a Le prix de la chaux, dit M. Arago, entre presquetoujours pour une part considérable dans le prix desmaçonneries. Les chaux ont des propriétés très diver-ses qui décident de la durée des constructions et dumode de leur exécution. Dans les contrées où la chauxest abondante et de bonne qualité, les éditices durentdes siècles sans avoir cependant exigé des dépenses rui-neuses. On peut y construire, même pour les habitantsles plus pauvres, des demeures salubres, peu exposéesaux incendies ; d’une solidité à l’épreuve des ouragans,des pluies diluviales et des débordements. C’est par detelles applications que les travaux des ingénieurs, deschimistes, méritent surtout de fixer l’attention des pou-voirs publics et des législateurs. Arrêtons un momentnos regards sur cette phase de la question ; cherchons àévaluer en nombre les services que, sous ce rapport,M. Vicat a rendus à son pays.

« Autrefois une écluse ne pouvait être solidementfondée que sur des grillages en charpente avec épuise-ments. On la bâtissait en totalité avec de la pierre detaille; encore, après toutes ces précautions, était-ellesujette à de fréquentes dégradations par la détériora-tion des mortiers de l’intérieur des maçonneries. Araison de ce mode de construction, à raison surtoutdes épuisements, certaines écluses coûtèrent jusqu’à300,000 fr. En moyenne, la dépense n’était pas au-dessous de 100,000 fr. Aujourd’hui, grâce à la suppres-sion des épuisements, des batardeaux, etc., grâce àl’emploi de petits matériaux que permet la chaux hy-draulique, ce prix varie entre 38,000 et 50,000 francs.L’économie minimum par écluse est donc de 50,000 f.,et sur les 1348 écluses (construites en France depuis1821), de 67 millions. »

M. Arago entre ici dans des détails analogues pourla construction des barrages, des ponts en pierre et desponts suspendus, et il termine ainsi :

«Récapitulation.—Economies faites sur la construction :

Des écluses. 67,350,000fr.

Des barrages adjacents. . . 13,600,000

Des barrages isolés, épis, etc. . 20,000,000

Des grands ponts. 26,182,000

Des ponts moyens. 7,050,000

Des ponts d’une seule arche. . . 25,000,000

Des ponts’suspeudus. 22,890,000

Total. . . . 182,072,000

« Les économies qu’on n’a pu apprécier faute de do-cnments suffisants, portent :

1° Sur les ponts en bois ou eu fer soutenus sur pilesen maçonnerie ;

2° Sur les ponts d’une seule arche de 6 à 10 mètresd’ouverture ;

3° Sur les qnais, digues et bassins, etc., à la mer ;

4° Sur les fondations de? édifices particuliers et pu-blics des villes ;

5° Sur les travaux militaires.

« Une conclusion ressort avec évidence de tout cequi précède : c’est qu’en supposant l’art des construc-

tions tel qu’il était avants 818, tel qu’il était avant lesrecherches de M. Vicat, la plupart des grandes entre-prises en cours d’exécution seraient entièrement para-lysées par des considérations de temps et de dépense.

« Qu’onjnge parles économies passées des écono-mies futures. Celles-ci devant toujours être proportion-nelles aux masses croissantes des travaux d’art, l’onarrivera à des chiffres qui frapperont d’étonnement lesesprits les plus froids. » H. mangon.

MOSCOUADE. Voyez sijcbe.

MOTEURS. Voyez mécanique géométrique.

MOTTES. Voyez tannage.

MOUFLE (arts chimiques). Voyez essais.

MOUFLE (mécanique). Voyez mécanique géomé-trique et POULIES.

MOULIN a blé. Le grain du froment et des céréales,en géuéral, renferme une réunion de principesimmédiats,qui le rendent précieux pour la nourriture d’un grandnombre d’animaux ; riche à la fois en fécule et en ma-tières azotées, il forme presque partout le principal etquelquefois le seul aliment de l’homme. On ignore entièrement l’origine de l’emploi du blé; les Grecs l’attri-buaient à Cérè-s : c’est assez dire que cette découvertese perd dans la uuit des temps. La réduction du blé enfarine s’est faite d’abord, probablement, au moyen depilons et de mortiers, ou bien en l’écrasant entre deuxpierres ; le perfectionnement de ce dernier procédé a dûconduire à l’invention des tnoulins à bras, qui remon-tent à la plus haute antiquité. Il en est en effetsouvent question dans la Bible : Samson tourna la meulechez les Philistins, etc. Homère en parle égalementdans l’Odyssée. Les Romains no commencèrent à seservir de moulins qu’après leurs conquêtes en Asie . Ilsemployèrent à ce travail les esclaves et les condamnés ;plus tard, ils y appliquèrent aussi quelques animaux.L’époque et le lieu de l’invention des moulins mus parl’eau ne sont pas bien déterminés : Vitruve donne ladescription de l’un de ces appareils ; mais Pline, quiécrivait soixante ans plus tard, n’en parle que commed’une machine dont l’emploi n’est pas commun. Lesmoulins à eau ne furent établis à Rome , d’une manièrerégulière, sur les ruisseaux, que sous le règne d’Arca-dius et d’Honorius. Bélisaire, qui commandait à Rome ,pour Justinien, quand la ville fut assiégée par Vitigès ,roi des Goths, fit construire sur le Tibre les premiersmoulins à nef connus. De l'Italie , les moulins ont passéen France , et ont éprouvé dans tous les pays une sériede modifications qui les ontamenés à l’état de perfectionque nous leur voyons aujourd hui. L’emploi des mou-lius à bras est tout à fait abandonné, excepté pour lamouture du sarrazin dans les fermes de quelques-unsde nos départements.

Les machines à vapeur, les roues hydrauliques et laforce du vent sont les moteurs généralement employésà la mouture des grains. Nous n’avons à nous occuperici que du mécanisme des moulins indépendamment dela nature de la force motrice.

Les grains de blé sont formés d’nne enveloppe corti-cale qui renferme les principes utiles. L'art du meunierconsiste à réduire en farines de différentes qualités lamatière qui occupe le centre du grain, et à séparer l’en-veloppe qui constitue le son. On peut arriver à ces ré-sultats par trois méthodes de mouture , dont nous de-vons d’abord indiquer les principes.

1° Mouture économique. Ce procédé, regardé long-temps comme le meilleur, était généralement suivi enFrance ; il est encore employé dans quelques-unes denos provinces et dans tontes nos petites usines des cam-pagnes. L'importance toujours croissante des établisse-ments montés d’après les nouvelles méthodes tend àdiminuer le nombre de ses applications. Les meulesemployées, en général, pour le genre de mouture qui‘ aous occupe, ont deux mètres de diamètre et font 55