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MOULIN.

MOULIN.

h 60 tours par minute. Le blé, introduit au moyend une trémie, constamment agitée, dans l’ouverture dela meule supérieure, s’engage entre les deux meules,qui doivent être assez espacées, dans cette premièrepartie de l’opération, pour ne faire que concasser etbroyer grossièrement le grain. La mouture en sortantdes meules est conduite dans le bluteau. Cet appareilsépare la première farine, dite farine de blé, qui tra-verse le tissu, les gruaux plus gros et lourds qui passentplus loin, et élimine enfin le son léger et volumineux.Ces premiers gruaux, soumis de nouveau à l'action desmeules, alors plus rapprochées, fournissent une farinede premier gruau et des seconds gruaux qui fournissentà leur tour une farine de deuxième gruau et des troi-sièmes gruaux. Ceux-ci donnent enfin des farines bisesde troisième gruau et un quatrième gruau qui fournitun produit de qualité encore plus inférieure, et desissues, appelées remoulages ourecoupes, qui contiennenties parties dures et grisâtres avoisinant l’enveloppe desgrains.

La mouture, dite économique, ou française, ainsipartagée en cinq opérations, fournit en moyenne les ré-sultats suivants pour lOOkilogr. de blé :

/ 4 r * opération : farine diteI de blé.38 k ,33

I a,„. J.-,.

Farines

/ 2" ,e opération : farine dite

66 k ,00

blanches.

\ de 4 <l ‘ gruau.

19 l ,16 }

i

13“ e opération : farine ditey de 2“ e gruau.

( 4 me opération : farine dite

8 k ,51 J

Farines

J de 3 W * gruau.

5 k ,001

8 l ,33

bises.

J 5“* opération : farine dite

l

f de 4 m ® gruau.

3 k ,33)

1 Son gros et petit.

10 k ,821

Issues. .

? Recoupes.

6 l ,80 \

23 k ,32

| Rccoupettes.

5 k ,70 )

Déchet , évaporation, perte. . . .

2 k ,35

Total. . . . 400 k ,00

Dans les années où le grain manquait, on a quelque-fois remoulu jusqu’à sept fois ; les remoulâges étaienteux-mêmes pulvérisés et entraient dans le pain.

Les blés durs, demi-durs ou tendres se traitent égale-ment bien par cette méthode.

Dans la plupart des villes du Midi, la méthode éco-nomique se trouve singulièrement simplifiée, parce queles gruaux trouvent une application directe dans lepays, ce qui évite de les remoudre pour les transformeren farine. La mouture brute en sortant des meules estabandonnée à elle-même pendant cinq ou six semaines.On la remue tous les huit ou dix jours pour l’empêcherde fermenter. L’habitude apprend à reconnaître le mo-ment le plus favorable pour le blutage. On fait alorspasser la farine par des blutoirs de trois grosseurs dif-férentes. La farine qui passe par la partie la plus fines’appelle minol; la seconde se nomme farine simple,elle est généralement employée par les boulangers. Latroisième enfin est le grésillon.

2° Mouture américaine, dite anglaise. Cette méthodeest très simple : elle consiste à écraser tout le blé d’unseul coup et h séparer ensuite, au moyen de bluteriesconvenables, les sons et les différentes qualités de fa-rine. Les meules employées pour ce genre de fabrica-tion n’ont que 4 “,30 de diamètre, mais elles font4 20 tours par minute et doivent être fort rapprochéespour produire le moins possible de gruaux. La mouture,en sortant des meules, est conduite ordinairement dansun réfrigérant convenablement disposé pour éviter lesaltérations qui pourraient résulter d’un échauffementconsidérable.

Les blés demi-durs et teudres sont les plus faciles à

traiter par ce procédé, qui donne, en moyenne, pour400 kilogr. de blé, à peu près les produits suivants .

Farine à pain blanc .... 60

— — demi-blanc. . . 4 4

Sons gros et menus.24

Déchet. . . .*.2

Total. . .400

3° Mouture à gruaux. Le but de ce procédé est d’ob-tenir ies belles farines destiuées à la préparation despains de luxe fabriqués dans les grandes villes. Lesfroments demi-durs et durs, à grains réguliers et volu-mineux, sont les seuls qui puissent supporter avecavantage ce mode de traitement.

La mouture à gruaux consiste à écraser et concasserle gi ain de manière à enlever l’enveloppe corticale ex-térieure et celle qui est repliée dans l’intérieur dugrain, et à moudre ensuite les gruaux soigneusementpurifiés. Voici comment on opère, après avoir préala-blement soumis le blé à un nettoyage énergique :

Les meules sont convenablement écartées pour écor-cer le blé et bien détacher les gruaux en produisant lemoins possible de folle larine. La mouture passe, enquittant les meules, dans un blutoir en étamine quisépare la farine dite petit blanc ou à vermicelle. Le mé-lange de son et de gruaux est alors versé dans une blu-terie, formée d’étoffes à mailles de plus en plus larges,qui partage les gruaux en trois qualités : les moins grosportent le nom de fins (inols, et fournissent la premièrequalité de farine ; les moyens et les gros sont traitésséparément et débarrassés du son et de la folle farinequi peut encore y adhérer, au moyen d’appareils mé-caniques plus ou moins compliqués, et enfin de sas àmain, espèces de cribles légers sur lesquels nous re-viendrons plus tard.

Les gruaux purifiés, que l’on nomme semoule,' sontsoumis à la mouture. On obtient de la farine et de nou-veaux gruaux qui, remoulus, donnent une farine quel'on réunit à la précédente pour former le n° 4 et denouveaux gruaux. La farine obtenue des troisièmes etquatrièmes gruaux forme le n° 2 ; celle qui provient dola cinquième mouture, est dite blanche. La sixièmemouture fournit de la farine que l’on mêle avec la fa-rine d’écorçage. La septième mouture fournit enfin lafarine dite bise .

Voici l’indication des résultats ordinairement obte-nus, par ce mode de fabrication, du traitement de4 00 parties en poids de blé de bonne qualité :

Criblure ou petit blé.0,800

Farine dite à vermicelle. . . 20,352

— — des gruaux n" 4. . 20,352

— — — n“ 2. 6,360

— dite blanche. 44,448

— — bise. 49,040

Son. . 6,000

Recoupe.6,400

Remoulage.7,599

Perte.4,649

Total. . . 400,000

Disposition générale d'un moulin. Nous venons d’in-diquer rapidement les principes des méthodes de mou-ture les plus fréquemment employées ; examinons main-tenant l’ensemble de la disposition des différentespièces mécaniques qui composent un moulin. Rien depLus simple que la distribution des anciens moulins àmouture économique et de nos petitsjnoulins ruraux.Lafig.4903 peut en donner une idée. L’arbre moteur Pporte une roue dentée en bois F, qui engrène avec lesfuseaux de la lanterne L, montée sur l’axe u, nomméle gros fer. Cet axe repose dans une crapaudine Z so-lidement établie et supporte la meule courante C, qu’il