MOULIN.
MOULIN.
entraîne dans son mouvement de rotation. Le grain estversé dans la trémie A, au-dessous de laquelle est dis-posée une caisse rectangulaire B, légèrement inclinéeet ouverte du côté inférieur. Cette caisse est supportée !
1903.
par des cordes enroulées sur de petits treuils c, c* ; en larapprochant ou en l'éloignant de la base de la trémie,on ralentit ou on accélère l’écoulement du blé ; elle re-çoit d’ailleurs d'un petit appendice fixé à la meule unmouvement régulier d’oscillation, qui fait descendre leblé que l’inclinaison seule de cette caisse ne suffiraitpas pour faire tomber. Le grain, introduitdans l’ouver-ture de la meule supérieure, s'engage entre elle et lameule inférieure ou dormante D, et se trouve écrasépar son passage entre les surfaces de ces deux pierres.La mouture descend ensuite dans le bluteau p, renfermédans la huche G. Les ailettes, fixées au-dessous de lalanterne E, choquent régulièrement la tige «, fixée per-pendiculairement à l’arbre L, monté sur deux pivots. Cemouvement de secousse est transmis au bluteau par laseconde tige 9 , également engagée dans la pièce L. Cemécanisme, représenté à une plus grande échelle (fi-gure 190*;, se nomme le babillard ; c’est lui qui pro-duit en grande partie le bruit particulier si bien repré-senté par le mot le tic-tac du moulin. Quand on visitel’appareil que nous venons de décrire, on est frappé dessoins et du travail continuels qu’il exige, du désordrequ’il parait présenter, de la perte de la farine qui se ré-
pand partout et du bruit assourdissant qu’il produit.Cette machine est une image de l’enfance de l’art.Entrons, au contraire, dans un grand moulin garni desnouveaux appareils. Un silence presque absolu étonne
d’abord, puis on estfrappé de l’ordre etde la propreté quirégnent partout. Unou deux surveillantsdirigent toutelama-cbine et n'ont, pourainsi dire, qu’uncoup d’œil à donnerpour faire agir lesdifférents organesde l’appareil. Un ca-dran placé dans lasalle des meules leurindique à chaqueinstant si le moteuraccélère ou ralentitsa marche; un légereffort exercé sur unlevier mis àlenr por-tée permet de ra-mener aussitôt laforce motrice à uneintensité convena-ble, ce que la ma-chine effectue quel-quefois d’elle-même.Une autre manivelledonne le moyen defaire varier l’écarte-ment des meules etde les amener tou-jours à la positionconvenable. La ma-chine prend elle-mê-me les sacs de blé surles chariots qui lesamènent, les trans-porte au magasin ouà la trémie, qui dis-tribue le blé auxdifférents appareils.Le grain, dès lors,appartient au méca-nisme qui se chargede lui faire parcou-rir successivement tous les étages du moulin et nel’abandonne qu’après l’avoir transformé en farine.
Parcourons rapidement le série des opérations que lemécanisme effectue ainsi en ne laissant à l’homme quele soin de sa direction et de son entretien.