. MOULIN.
MOULIN.
Le blé amené, comme nous venons de le dire, dans lagrande tréniio de l’usine, est conduit, au moyen dechaînes à godets ou de vis sans fin, dans les différentsappareils de nettoyage. Il traverse ainsi Vémotteur quisépare la paille et les mottes, puis le nettoyeur quichasse les blés noirs et la poussière; il arrive ensuite aucrible , qui le débarrasse des graines et des petits blésqui doivent être traités séparément. Dans quelques éta-blissements, le blé, en sortant du criblcur dégagé de lapoussière et des matières étrangères qu’il renfermait,est légèrement humecté avant d’être conduit aux meules.Le but de cette opération est de rendre plus soupleset moins friables les membranes corticales grises quienveloppent le grain, et, par suite, plus facile leurséparation par les bluteries. Dans d’autres établisse-ments, le grain est conduit aux cylindres lomprimeurs,espèces de laminoirs qui le concassent grossièrementavant de le livrer aux meules, et diminuent d’autant letravail de ces dernières.
Les deux opérations dont nous venons de parler sontsouvent supprimées. Dans tous les cas, le blé, trans-formé en mouture par l’action des meules auxquellesil est livré, et convenablement refiroidi.au moyen dedifférents systèmes de réfrigérants, est repris par leschaînes à godets ou autres appareils analogues, ettransporté aux appareils de la blulerie , qui séparent lesfarines de différentes qualités, et partagent enfin lesissues en sons et remoulages de grosseurs variées.
Nous avons indiqué d’abord Jes principes des diffé-rents systèmes de mouture; nous venons de faite con-naître sommairement le nom et les fonctions des appa-reils qui entrent dans la composition des moulins. Nousallons maintenant examiner un à un avec détails lesdifférents organes du mécanisme, en expliquant succes-sivement les modifications dont chacun d’eux est suscep-tible. Nous suivrons, dans cette description, l’ordre danslequel le grain lui-même les parcourt en général.
Appareils de nettoyqge. La disposition des appareilsde nettoyage est excessivement variée. Chaque meunierarrange en quelque sorte ses machines suivant les lo-calités, la force qu’il possède et la nature des grainsqu’il traite ordinairement. Nous ne décrirons ici que lesappareils généralement employés dans les moulins nou-vellement construits, et dont la supériorité sur lesanciens tarares de différentes constructions est aujour-d’hui bien constatée.
Emotteur. Nous avons dit que le blé, en sortant deia grande trémie du moulin, était conduit à Vémotteur.Cet appareil était toujours formé autrefois d’un châssisrectangulaire de 2“,00 de longueur environ, dont lefond était garni d’une tôle mince percée de trous assezgros pour laisser passer le bon blé et les graines demême grosseur ou plus petites. Les mottes et les paillesd’un certain volume ne pouvaient traverser cette tôle,et tombaient à côté du châssis. Il était nécessaire dedonner à l’appareil une légère inclinaison, et de luicommuniquer à la fois un mouvement alternatif et detrépidation pour faire circuler le grain. On construitmaintenant les émotteurs d’une manière beaucoup plusavantageuse. On monte sur un arbre en fer un cylindreen tôle découpée de <“,30 de longueur et de 0“,37 dediamètre. Ce cylindre est enveloppé d’une chemise entôle pleine de 4 "*,4 4 de longueur, de 0 W ,40 de diamètreà l’une de ses extrémités et de 0“*,45 à l’autre, afin que,l’axe du cylindre étant horizontal, la surface de la che-mise présente une inclinaison convenable pour conduireà l’extrémité le blé qui a traversé la tôle du cylindre.Les mottes et les grosses pailles, qui n’ont pu passer àtravers les trous de la tôle, sont conduits au dehors.L’arbre en fer, sur lequel est monté le cylindre dontnous venons de parler, porte une poulie ou une rouedentée, qui imprime à la machine une vitesse de rota-tion de trente tours par minute environ. j
Nettoyeur. Legrain, en sortant de l’émottenr, tombedans la trémie K (voir fig. 4905 et 4906), et se trouvesoumis àl’actiond’un courant d’air produit par le ventila-teur H, qui projette au dehors les pailles, les blés noirs etautres corps légers qui ont traversé l’émotteur. Le blé,nécessairement plus lourd, n’est pas entraîné par levent, et s’introduit, par l’ouverture L. dans l’espaceannulaire ménagé entre un cylindre fixe et un autrecylindre animé d’un mouvement rapide de rotation. 'Cesdeux cylindres sont en tôle dite crevée, dont les aspé-rités sont extérieures. Le blé, violemment projeté parle mouvenÿent de la machine, tantôt sur une des sur-faces de tôle, tantôt sur l’autre, se trouve froissé etnettoyé en tous sens. Il arrive alors sur le plateau in-férieur G, également en tôle percée de trous, sur lequelil est encore fortement frotté par une brosse à poilsdurs, et tombe enfin dans la trémie N, où il se trouvesoumis à l’action du ventilateur I. Ce second courantd’air entraîne la poussière qui a été détachée par l’ac-tion des cylindres et des brosses dont nous venons deparler. Les petites mottes de terre qui ont traversél’émotteur, et les blés noirs qui ont échappé à l’ac-tion du premier ventilateur, sont réduits en poussièrepar leur passage entre les deux cylindres de tôle, etsont alors facilement entraînés par le second courantd’air.
Nous venons d’expliquer la marche du nettoyeur àcylindres verticaux; étudions maintenant attentive-ment la construction de cet ingénieux appareil. Toutle mécanisme est supporté par quatre montants verti-caux B en bois, assemblés à leur partie inférieure dansles patins A, et réunis à leur partie supérieure par uncroisillon en fonte C à quatre branches (vu en plan,fig. 4907), évidé en son milieu, de manière à formerune boîte carrée qui reçoit les coussinets de l’arbrevertical DD. La partie la plus importante de l’appareilest le tambour ou cylindre vertical mobile; son exécu-tion demande beaucoup de soin et de précision. 11 estformé d’un grand nombre de douves jointives, bou-lonnées sur deux cercles eu fonte E.E (fig. 4903 et4908), à quatre bras tournés et ajustés sur l’arbre D,auquel ils sont fixés par des clefs. Les têtes des boulonsqui retiennent les douves sont noyées dans les bois, afinque l’on puisse remettre le cylindre sur le tour pourle rendre parfaitement rond. Les extrémités de ce cy-lindre sont fermées par des disques en planches réuniesà languettes, et sur lesquels les douves sont aussi fixées.On clone sur la surface du cyliudre ainsi ajusté lesfeuilles de tôle criblées de trous percés au poinçon, afinde laisser de fortes aspérités du côté opposé au perçage.Dans les ateliers de construction bien outillés, on a unemachine qui perce ces trous avec une grande régula-rité et une rapidité remarquable. Le poinçon employépour cette opération est conique ; sa section est indiffé-remment circulaire, carrée ou triangulaire. Les trousdoivent d’ailleurs être assez rapprochés pour que, lesaspérités étant placées en dehors, le cylindre forme unerâpe très vive. Des brosses à poil dur sont fixées ,comme nous l’avons déjà dit, à la partie inférieure dutambour que nous venons de décrire.
L’arbre DD, qui porte le cylindre mobile, reposeinférieurement sur une crapaudine en acier fondu, fixéesur un support en fonte qui permet <le la centrer et del’élever convenablement, et se trouve maintenue à sapartie supérieure par Us coussinets engagés dans lecroisillon c. Les ventilateurs H et I sont moutés sur lemême arbre, ainsi que le pignon d’angle r, denté enfonte, qui reçoit le mouvement d’une roue plus grandeR, dentée en bois, et ajustée sur un arbre de coucheporté par le bâti du nettoyeur, et muni de deux poulies,
' l’une folle et l’autre fixe, mises en mouvement par une| courroie sans fin. Les ventilateurs sont formés deI quatre ailes en bois blanc léger, fixées sur des naan-
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