MOULIN.
MOULIN.
naît alors la farine et la montait à la chambre du râ-teau ou refroidisseur. L'évaporation de la folle farine,avec cet appareil, était fort considérable, parce que lerécipient circulaire était entièrement ouvert à sa partiesupérieure. M. Cartier emploie une autre disposition,qui est maintenant généralement adoptée. Voici en quoielle consiste : la boulange sort des meules par les ou-vertures Z (fig. 1931 et 1932), et tombe dans un réser-voir circulaire placé entre les meules peu au-dessus duplancher du beffroi ; des palettes X animées d'un mou-vement lent de rotation la remuent et finissent par l’a-mener à la vis sans fin W, qui la conduit jusqu’à unechaîne à godets Y, placée près du mur de timpanne, aumoyen de laquelle elle est conduite à la chambre durâteau.
Les dimensions et les vitesses des palettes, de la vissans fin et de la chaîne à godets doivent évidemmentêtre telles que toute la boulange produite par les meu-les soit facilement entraînée. Nous ne nous arrêteronspas à ces petits calculs numériques que chacun peutfaire, quand on connaît le produit de chaque paire demeules et leur nombre.
Cette disposition n'évite pas entièrement la perte dela folle farine. M. Cartier avait eu l'idée de l'aspirerpar un long tuyau et, au moyen d'un ventilateur placéplus loin, de l’envoyer dans la chambre du refroidisseur.Cette idée est fortbonne, mais on peutéviter l’emploi duventilateur en fai •sant communiquer letuyau dont nous ve-nons de parler avecune cave, ce qui suffitpour produire ce ti-rage. Nous avons vuun appareil fonction-nant par ce moyen :il produit d’excellentsrésultats.
On a pensé queréchauffement de laboulange tenait, enpartie, à ce qu’elleétait comprimée, aumoment de sa sortiedes meules par uneseule ouverture, eton a proposé de lalaisser sortir tout au-tour des meules. Cettedisposition serait trèsbonne et facile à réa-liser. Il suffirait deplacer les meules dansune cuvette circulaireen fonte, et de mettredans cette espèce d’au-ge un système de pa-lettes qui ramasse-raient la boulange etla conduiraient a l’ouverture par laquelle on voudraitla faire sortir.
Plusieurs essais ont été faits pour s’opposer à ré-chauffement produit pendant le passage du blé dans lesmeules. Jusqu'à présent aucun moyen n'a été généra-lement adopté. Plusieurs mécaniciens recommandentcependant d'introduire entre les meules, au moyen d’unventilateur, un courant d’air assez rapide. Ce procédéparaît le plus rationnel et le plus simple.
La question qui nous occupe est du reste celle quipréoccupe le plus les meuniers en ce moment, et les opi-nions sont loin de se ressembler. Le plus grand nom-
bre des constructeurs cherchent, comme nous venonsde le voir, à refroidir la boulange après sa sortie desmeules. D’autres meuniers, au contraire, et particuliè-rement l’un des plus habiles de France , échauffent lestuyaux où ils la font circuler, afin que sa températurene s'abaisse pas avant d’atteindre la bluterie. On éviteainsi la condensation des vapeurs qui se dégagent de lamatière, et par suite la formation de ces masses pâteu-ses qui s'attachent dans tous les coins des appareils etqui sont pour le meunier une cause de perte et de soinscontinuels. Un autre fabricant va plus loin encore : i)échauffe le blé avant de le livrer aux meules; il croitque cette précaution rend la mouture plus facile.Ce résultat ne doit être vrai que pour des échan-tillons de blé tout à fait particuliers; car les bonseffets du mouillage des grains ont été trop souventobservés pour qu’il soit possible de les mettre endoute.
Râteau refroidisseur. Quand on prend le parti de re-froidir la boulange, ce que l'on fait presque toujours,on la conduit du récipient dont nous avons parlé, à lachambre du râteau refroidisseur. Cet appareil n’est au-tre chose qu’un véritable râteau cc (fig. 1934 et 1935)fixé à un arbre vertical a a, qui peut recevoir un mou-vement de rotation au moyen de la roue d’angle d. Lecontre-poids h fixé à l’une des extrémités d’une corde
1934.
qui s’enroule sur la poulie g et qui supporte la pièce fsolidaire avec le râteau, permet d’élever cette partie del'appareil à la fauteur convenable. Il résulte de l’incli-naison donnée aux dents du râteau, que la boulangearrivant au point le plus éloigné du centre du cercledécrit par l’instrument, parcourt une longue spiraleavant d'arriver aux dernières dents fn, m, disposées demanière à la pousser aux conduits n,n, ce qui lui donnele temps de se refroidir complètement.
Bluterie. Nous avons dit que le bluteau des anciensmoulins n'était autre chose qu’un long sac en étaminecontinuellement agité par un mécanisme particulier.