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MOUTON.

MOUTON.

Est-il nécessaire de rappeler que le mouton fournità l’industrie son suif, sa peau, ses cornes, ses os, sesboyaux, pour expliquer le privilège qu’il a d’occuperune place dans le Dictionnaire des A rts et Manufactu-res t et faut-il .lire encore qu’il fournit à l'agricultureun des plus puissants engrais et à l’art culinaire unode ses plus précieuses ressources ; qu’il nous enrichitde tous les produits qu’il nous donne, car il les crée,en élaborant dans scs organes cetto herbe courte etrare des terres stériles qui ne peut servir qu’à entre-tenir cette précieuse machine?

Le mouton dérive du mouflon, jadis si répandu surles montagnes de l’Europe méridionale , mais il a ététrès profondément modifié par la domesticité, et il con-stitue aujourd’hui des races excessivement nombreuseset très distinctes les unes des antres.

On rencontre le mouton dans toutes les contréeshabitées. Après la découverte du nouveau monde, il ya été importé, et les peuplades derai-sauvages qui l’ontsubstitué au lama, à la vigogne, ont agi plus sage-ment que nous qui cherchons à multiplier ces espècesbien dignes de rester sauvages.

Les anciens auteurs divisaient les races ovines d’a-près les provinces. Cette division, qui pouvait êtrebonne dans le principe, ne doit plus servir que de di-vision secondaire, aujourd’hui quo les tentatives d’a-mélioration, le régime de plus en plus uniforme danstous nos départements et les croisements opérés par-tout avec les mêmes types, tendent à donner aux racesla plus grande uniformité.

On a divise aussi les moutons, d’après la longueurdelà laine, en moutons à laine courte, frisée, propreà être cardée et employée à la fabrication des draps,et en moutons à laine longue, lisse, propre au peigneet à la fabrication des étoffes rases. Mais cette divisionn’est déjà plus possible de nos jours, car il existe en-tre les races anglaises, type des laines longues, et lesmérinos, type des laines à carde, une infinité de racesqui établissent, entre l’un et l’autre type, une transitioninsensible.

Sous l’influence de la nourriture abondante qu’ons'habitue à donner aux troupeaux, la laine s’allongedans toutes les races; et les mérinos eux-mêmes,comme leurs métis, présentent aujourd’hui de nom-breuses sous-races dont les toisons sont, pour les étof-fes rases, infiniment supérieures à celles des moutonsqui, pendant longtemps, ont été considérés comme ex-clusivement propres a alimenter la fabrication de cesétoffes. Les meilleures laines à peigne sont fournies,sans contredit, par le mérinos et ses dérivés.

N'oublions pas d’ajouter que les grands perfection-nements apportés de nos jours dans la préparation deslaines, et qui permettent de peigner de la laine longueà peine de quelques centimètres, diminuent encorel’importance de cette distinction. (Voy. art. laines.)

CHAPITRE PREMIER.

RACES.

Nous examinerons successivement les moutons àlame grossière , les moutons à laine tommune , les mou-tons à laine intermédiaire , les moutons à lame fine etenfin ceux à laine superfine ; sans ajouter, cela seraitinutile, que cette distinction qui facilite l’examen denos moutons au point de vue industriel comme aupoint de vue de leur amélioration est loin d’être rigou-reuse : dans toutes les races il se trouve des individusqui, soit par la finesse, soit par la longueur de leurlaine, diffèrent de ceux que nous prenons pour type.

MOUTONS FRANÇAIS X LAINE GROSSIERE.

Nous trouverons dans cette catégorie les plus forteset presque les plus petites races. Elles sont élevées dans

des plaines très fertiles et nn peu humides, ou sur leshautes montagnes ; elles résistent mieux à l'humidité,craignent moins la pourriture que les races à toisonfine.

Toutes ces races se distinguent par une laine grosse,longue, dure, roide et presque toujours disposée enmèches pointues et pendantes. Elle est, plus souventque les autres qualités, ondulée, brillante et d’un as-pect soyeux; elle ne convient que pour faire des li-sières, des matelas ou quelques étoffes très grossières.

race flamande. Le type de cette race se trouvedans les riches contrées, sous le climat doux des envi-rons de Dunkerque, de Bergues, d’Hazebrouck ; ellos’étend en se modifiant au sud et à l'ouest du départe •ment du Nord et prend le nom de cambrésienne, ver-mandoise ou artésienne, selon la contrée où elle estélevée.

Les véritables flamands sont de très forte taille, ontles jambes longues et grosses, la tête très volumineuseet sans co.nés, le chanfreiu busqué et les oreilles lon-gues, larges et renversées ou même pendantes; la laineest fortement jarreuse sur les ischions et à la queue;le corps est peu laineux et les membres sont couvertsde poil court, roide, ainsi que la tête et la partie an-térieure de l’encolure.

Ces moutons pèsent de 70 à 90 kil- et à la vue oncroirait qu’ils pèsent encore davantage, à cause de lalongueur de la laine et de la hauteur des membres :l’épaisseur du corps n’est pas proportionnée à l’élévation.

En s’éloignant de la Flandre, ce mouton diminue dotaille; mais, quoique formant des races distinctes pourles habitants du pays, nous les réuuissons dans lemême article.

Le mouton flamand et ses dérivés a le corps tropélancé, les os trop gros, l’encolure trop longue, latête trop forte et surtout la laine trop rude et tropgrosse; il est fort, robuste, mais de difficile entretienet dur à l’engrais.

bace picarde . Une partie des moutons qu’ontrouve dans la Picardie doit être classée parmi ceux del’Artois, de la Flandre, du Cambrésis, à cause de leursfumes, de leur tête nue et de leur laine ; mais on élèveaussi dans cette province des moutons plus petits,plus trapus, a corps plus laineux, à toison plus fermée,paraissant hérissée, et à laine moins longue, un peumoins dure : parmi ces animaux, il s’en trouve cepen-dant dont la dépouille très grossière convient mieuxpour faire des housses de collier que tout autre objet.

Ces moutons se trouvent dans le bassin de la Sommejusqu’à la mer; les plus mauvais sout chez les petitscultivateurs. Le mouton brayant , du pays de Bray, àencolure allongée, donne une laine plus fine que cePe du Picard de la Haute-Somme

race angevine. Cette race renferme des moutonsà taches jaunâtres sur la tête et les membres, forts decorps et à laine grosse, que nous trouvons dans laNormandie, le Perche, le Maine et l’Anjou.

Alençonnais, Canais , Cotentins , selon le pays d’oùils sortent : très forts, corps long, hauts de taille, tan-tôt à chanfrein droit, à tête médiocre, à front lai-neux; tantôt à chanfrein busqué, à oreilles fortes,même Rendantes, à front nu; tous à laine grosse etlongue, à corps peu laineux. Ces moutons sont par pe-tits lots et souvent dans les herbages a%ec les boeufs àl’engrais. Vers le sud, vers la Mayenne , la race setransforme, devieut plus petite. Dans les environs deParis , on estime, pour les engraisser, les moutons duI Merlhcrault, de l’Aigle.

Mam eau. Plus blanc de figure que l’alençonnais, ce-, pendant avec des taches brunâtres sur la tête; oreilles: graudes, pendautes; ventre et membres nus; long de1 corps ; haut sur jambes.