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MOUTON.

MOUTON.

Percheron. Souvent blanc, gros de laine, cou long,mince d'épaules, oreilles moyennes. Ce mouton estconfondu quelquefois avec le précédent.

Angevin. L’Anjou est la contrée où ce mouton setrouve presque exclusivement. Sur la rive droite de laLoire, il est gros, mal fait de corps, peu laineux, àoreilles grandes, pendantes, à tête mouchetée de brun ;du côté de Craon, de Château-Gonthier , on en voit pâ-turer, attachés par deux avec un bâton.

Sur la rive gauche du fleuve se trouvent, avec lamême race , des moutons bien faits de corps, à taillomoyenne, à tête longue et comme arquée, toujours hlaine très grosse et à mèches pointues. C'est le moutoncholetais .

Dans l'Anjou , comme dans une partie du Poitou,dans le bocage de la Vendée , les moutons sont par trèspetits lots; on les fait pâturer avec les vaches. De làle nom de eachers qu'on leur doune ; ils sont en bonétat, bien soignés, quelques-uns très forts et rendentde fortes quantités de suif, parce qu’ils ont été long-temps engraissés.

mouton vendéen. On l'appelle aussi maraichin. Ilse trouve dans les marais de l’Ouest depuis la Loirejusqu’à la Charente . Cette race qui s'est formée aprèsle dessèchement des marais est facile à reconnaître.

Taille moyenne, corps bien fait, tête conique, en gé-néral sans cornes, quelquefois à cornes louguc-s, rele-vées; chanfrein presque droit; arcades orbiiairessail-lantes; oreilles droite?, épaisses sans être longues;jambes et tête fortement tigrées, charbonnées, mou-chetées ou roussâtres, on les appelle pote roux , quel-quefois marquées seulement de légères taches brunâ-tres. Par leurs arcades saillantes, ces moutons, quandils n’ont que de légères mouchetures brunes, ressem-blent au bélier Dishley. Cette ressemblance témoigneen faveur d’une origine commune. Ou fait descendre lemouton vendéen des moutons du Texel, de la Hollande,de la Flandre, importés dans ces parages lors des pre-miers travaux de dessèchement. Nous savons que cesmêmes races introduites en Angleterre ont contribuéà former les moutons à laine longue de ce pays. Danslu Vendée , ils ont dégénéré et même disparu en grandepartie. Ceux qui ont résisté ont modifié la race du payseu se croisant avec elle.

Dans le mouton vendéen, la laine est grosse ou trèsgrosse. Sur quelques individus elle est caniche et alorsassez estimée dans le pays. La mèche est pointue et lecorps peu laineux. On n'uimo pas les pattes laineuses,parce qu’elles se chargent de boue.

La taille des grandes races importées s'est conser-vée dans quelques troupeaux. Les animaux ont alorsla laine lisse, plus grosse; mais très souvent aussi ilssont à côte plate, à dos tranchant.

La sous-race du Bocage est plus petite, conserve lemême lainage et la tête fortement tigrée.

race bretonne . Peu soigné, le mouton breton n’apas une grande valeur, et il est cependant nécessairepour utiliser les terres stériles de cette province.

Nous en distinguerons deux variétés. Le moutondes landes, qui se trouve dans les cinq départementsformés de la Bretagne , est très petit, à laine grosse,courte, souvent brune ou rousse; à cornes fortes, enspirale souvent allongée. .

Dans les environs de la mer, du côté de Tréguier,de Saint-Pol, au nord-ouest de la province, il prend plusde développement sans changer de nature : c’est lemouton du marais.

moutons de faux. Cette dénomination s’appli-que aux moutons que l'ou élève sur le versant occiden-tal et méridional du plateau central de la France , parcequ'on en conduit beaucoup aux foires de Faux. Lalaine en était considérée jadis comme intermédiaire,mais nous la classons aujourd’hui parmi la plu? mau-

vaise, soit parce qu’elle a dégénéré, soit plutôt parceque, depuis l'introduction des mérinos, la majeure par-tie de nos moutons a été améliorée par rapport au lai-nage.

Ces animaux sont noirs, bruns, ou blancs avec destaches noires, ou d’nn brun fonce sur la tête et les pat-tes ; souvent pourvus de grosses cornes à spires allon-gées ; à taille moyenne ou petite ; à laine longue, le plussouvent en mèches pointues ; brins très gros ou moyens,et mêlés à une grande quantité de jarre.

Ces moutons se rencontrent dans la Vienne, la Cor-rèze, la Dordogne, le Lot, le Cantal, l’Aveyron . On dis-tingue la race du Périgord d’Excideuil, à œil roussâtre,à laine très grosse, à taille forte, estimée de la boucberie; celle du Limousin de Saint-Léonard, laine plusvariée, taille moyenne; du Quercy, ayant une granderessemblance avec celle du Limousin par la taille, maisà laine plus grosse, crépue. On appelle mouton* de Val-Hère ceux qui viennent de l’ouest de la Charente ; ilssont souvent sans cornes.

Quoique fort nombreux, nous les avons trouvés de-puis Limoges, en suivant par Tulle, Aurillac, Rodez etremontant vers Murat, dans le Cantal , ces moutonsalimentent fort peu nos manufactures; leur toison nepeut servir que pour faire des lisières ou ces étoffesrayées, grossières, appelées limousines^ qui servent àconfectionner ces petits manteaux Usités dans les cam-pagnes et que, dans quelques pays, on considèrecomme faits avec du crin, tellement ils sont grossiers.

mouton marchois. Tout petits, tout bas, à corpscylindrique, à tête fine; blancs de figure, oreilles cour-tes, encolure ténue; à laine longue, très grosse, àmèches pointues, ces moutons, appelés bovagert, petitsmuri hots, sont magnifiques de formes, excellents pourla boucherie, mais détestables pour la laine

mouton bourbonnais. Corps cylindrique, long;tête un peu busquée, ressemble au précédent, mais plusfort. Cette race s’étend vers le sud dans l’Auvergne .Sa laine est un pou plus hérissée, et un peu supé-rieure à celle des Marchois .

moutons des Pyrénées . Sur la pente septentrio-nale des Pyrénées , de l’Océan à la Méditerranée, setrouvent des moutons assez hauts de taille, à jambeslongues, à corps mince, a chanfrein très busqué, àgrosses cornes ou sans cornes, à laine inferieure à laplus grosse des autres moutons français : elle ne diffèredu poil des chèvres, avec lesquelles vivent les trou-peaux, que par sa disposition en mèches longues, poin-tues, pendantes. La fab ique d’Elbeuf , qui confec-tionnait ses lisières avec des laines de la Picardie, faitvenir aujourd'hui pour le même objet beaucoup delaines d’Oleron.

En suivant les montagnes de l'ouest à l’est, la lainedevient moins mauvaise; celle du mouton du Bigorreest préférable à celle des troupeaux d’Oleron, sans ces-ser cependant d’appartenir à la même sorte. Ces mou-tons sc retrouvent dans les Pyrénées orientales et semêlent avec la race du Roussillon dont ils ne seraient,a-t-on dit, qu’une dégénération : ils en idfferent cepen-dant beaucoup.

moutons des alpes . Les lieux élevés, en Fraucecomme en Afrique , rendent la laine forte, nerveuse,longue, mais grosse, dure, jarreuse. La laine des Al-pes a la plus grande analogie avec celle des Pyrénées .

Dans le siècle dernier, on comparait la laine desmoutons alpinois à celle des moutons de la Hollandeou de l’Angleterre. De nos jours encore, elle est aussigrosse, plus roide, un peu moins longue, et surtoutmoins égale : en résumé, elle a moins de valeur.

La convenance des Alpes à nourrir des moutons va-rie selon leur élévation, leur pente et leur constitutiongéologique : il y a moins de moutons sur les hautesmontagnes ceulrales de l’Isère que plus au nord, et