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MOUTON.

MOUTON.

Les habiles producteurs de ce département sententqu'il n’y a rien h gagner avec les laines de premièrefinesse, mais ils n’en ajoutent pas moins uue grandeimportance à conserver les plus précieux caractèresdu mérinos; ils recherchent des béliers à corps trapu,à garrot épais, à belles formes et à laine longue telleque la demandent les manufactures de Reims ; ils tien-nent aussi à une peau couverte de laine sur toute sonétendue, à un brin fin et à une toison fermée. Si quel-ques-uns désirent encore une race à cornes, c’est qu’ilne leur est pas démontré que les qualités du méri-nos sont bien fixées dans les iudividus dépourvus deces organes.

Mérinos du Nord et de VOuest. Le nord de la France est plus propre à produire de la viande et de la lainecommune ou intermédiaire que de la laine fine. Il fautnous en féliciter autant d&us l’intérêt public que dauscelui de ces riches contrées. Cependant nous trouvonsdans l’Aisne, l’Oise , le pays de Caux, de très bonstroupeaux de mérinos. Mais ces animaux sont plus in-téressants par les métis qu’ils produisent que par eux-mêmes.

Nous nous bornerons également à mentionner lestroupeaux introduits dans le Calvados, la Manche ,l’Orne , par quelques riches propriétaires. Ces contréessont plus généralement favorables au développementde la taille qu’à la finesse de la laine. Le. départementde l’Eure est un des plus riches en bêtes à laine, maiselles se rattachent à celles d’Eure-et-Loir , de la Beauce.

Mérinos du midi de la France . Nous avons vu, en par-lant des races à laine commune, que la partie orien-tale du double bassin situé au nord des Pyrénées estsurtout propre à produire de belles laines. Dans lesiècle dernier, on y avait introduit plusieurs fois desbéliers espagnols ; aussi la race roussillonnaise a-t-elleété facilement régénérée par les mérinos de la bergeriede Perpignan .

Dans les mérinos du Midi , la peau est moins plissécet la taille moins élevée. Au lieu d’être réunis dans lesmêmes contrées, comme cela a lieu dans le Nord , lestroupeaux en sont disséminées. C’est un inconvénient,ne fût-ce qu’à cause des difficultés de vendre la laine.

Quoique moins favorables à la production des lai-nes fines, la partie occidentale de ce bassin, la Haute-Garonne, la Gironde , etc., possèdent des troupeaux demérinos et de métis mérinos, mais ces animaux y sontmoins multipliés que dans le bassin de l’Aude .

Les mérinos du Languedoc , de la Provence ont pareux-mêmes peu d’importance, on les trouve trop exi-geants en nourriture. Les laines fines y deviendrontcependant de plus en plus abondantes, et parce que,par les progrès de la culture, par les irrigations dansles Bouches-du-Rhône , les fourrages deviendront plusabondants, et parce que les mérinos purs s’approprie-ront au pays et qu'ils donneront des métis de plus enplus fins et nombreux.

moutons a laine soteuse. Par son croisementavec les races à laine longue et surtout avec des ani-maux à laine longue, ondulée et d’un éclat soyeux,le mérinos produit assez souvent un lainage brillantqui a certaines ressemblances avec la soie.

Cette transformation de la laine s’opère même quel-quefois sans métissage. La laine soyeuse est plusfine, si elle est fournie par des mérinos de pure race.

Il se produit assez souvent en France des animauxsoyeux, mais les propriétaires ne tiennent pas à lesconserver. La laine de ces animaux, quoique fine, pa-raît grosse : un brin de laine brillant est plus voyantet semble plus volumineux. On préfère, et avec raison,les mérinos communs.

M. Graux, cultivateur du département de l’Aisne ,ayant eu de ces animaux dans son troupeau, essaya doles multiplier, et il est parvenu à former uue race

qu’on désigne par le nom de mérinos Mauchamp , dunom de la ferme où elle a été produite, ou de moutonsoyeux, à cause de la nature de sa laine. M. Yvart aamélioré les formes du mouton soyeux, et l’a employéavec succès pour adoucir la laine des métis anglo-mé-rinos et pour allonger celle des mérinos communs.

Il y a aujourd’hui dans les bergeries d’Alfort, deGcvrolles, des moutons soyeux assez bien faits decorps, se reproduisant souvent sans cornes, à corpscouvert de laine jusqu’aux onglons et aux lèvres, maisla laine est en longues mèches pointues formant unetoison très ouverte et généralemeut peu estimée.

Cette laine est utilisée pour quelques objets de luxeet payée fort cher, mais il y a peu d’acheteurs, et lavente en serait fort difficile, si elle était produite enforte quantité, a moins qu’on ne trouvât des manièresnouvelles de l’utiliser.

En s’accouplant avec le mérinos commun, le mou-ton soyeux donne des produits soyeux mérinos à lainelougue, fine, douce, unie, nerveuse et donnant au pei-gne, d’après des essais qu'a fait faire M. Yvart, plusde coeur que les autres laines; mais le principal avan-tage du mouton soyeux a été d’adoucir la laine desmétis anglo-mérinos et d’allonger, sans la grossir sen-siblement, celle des mérinos communs. Les produitssoyeux mérinos conservent dans les premiers croise-ments la mèche carrée et la toison fermée des mérinos,et peuvent être utiles, employés avec précaution, pourhâter la transformation des autres races françaises .

MOUTONS FRANÇAI3 A LAINE EXTRA-FINE.

Nous avons vu, en décrivant les races ovines fran-çaises , que des laines anciennement considérées commebelles sont classées de nos jours parmi les médiocreset même parmi les mauvaises ; celles qu’on considéraitcomme les premières sont devenues les secondes ,quand on a trouvé dans le co nmerce les qualités su-périeures que nous appelons extra-fines , superfines.

Les moutons à laine superfine appartiennent à desvariétés de la race mérine. Nos forts types mérinos enrenferment rarement : des laines du troupeau do Ram-bouillet ont bien été trouvées plus belles que celles dela race Electorale et de la race de Naz, mais ces faitssont exceptionnels.

Le mérinos à laine superfine est généralement àcorps petit, à peau fine, sans fanons, à laine courte etpeu tassée; la grande finesse ne se rencontre jamaisavec la quantité : deux, trois livres de laine en suint,et peu de viande.

mérinos de naz. Un seul troupeau à laine super-fine sc conserve en France . Il renferme un beau typede bêtes à laine. Entretenu dans l’arrondissement deGex , il est connu sous le nom de troupeau de Naz , dunom de l’exploitation où il a été créé, et où il a ac-quis un haut degré de perfection, par les soins habilesde MM. Girod de l’Ain et Perrault de Jotemps

Les animaux en sont petits, trapus, agiles, ardents,à tête forte, pourvue de grosses cornes en spires rap-prochées, à peau fine, tendue, sans fanons; à laine enzigzags, courts, rapprochés et réguliers; mèche courte,brins d’une très grande finesse, mais peu tassés; toi-son légère.

Cette race est entretenue l’hiver à la bergerie etl’été sur les montagnes des environs de Genève ; ellereçoit au râtelier une ration de foin et de racine trèsrégulièrement distribuée, jamais trop forte; et l’été,elle pacage sur des montagnes où le sol est salubre,l’herbe de bonne nature, mais trop peu abondante pourpousser au grand développement des organes de lapeau et de la laine en particulier.

Le troupeau de Naz donne des revenus, non-seule-ment par sa laine, mais encore par les types reproduc-teurs qu’il fournit en France et à l’étranger. Les soins