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MOUTON.

MOUTON.

que les propriétaires ont pris de fixer les caractères 'de la race, et les résultats remarquables qu’ils ont ob-tenus, ont donné à ce troupeau une supériorité quirend toute concurrence impossible.

C’est probablement h ces circonstances heureusesque nous en devons la conservation; car des nombreuxessaims qui en sont sortis, et qui se sont fixés dans laBourgogne, la Champagne , le Languedoc, le Roussil-lon, etc., aucun n’a pu trouver des conditions favora-bles à sa prospérité.

A en croire certains agronomes, nos éleveurs sontdes barbares. Ils négligent complètement leurs intérêts,et laissent aller annuellement dans les coffres desétrangers des millions qu’ils pourraient très facile-ment garder pour eux. Les beaux plateaux calcairesde la Beauce, de la Bourgogne, les plaines du Sois-sonnais, les vallées du Midi, sont mieux disposées queles steppes du Mexique, du cap de Bonne-Espérance ,de l’Australie , pour produire les belles laines que nosfabricants tirent de ces lointaines régions.

11 y a du vrai dans ce raisonnement; mais unequestion d’abord. Nos éleve.urs laissent-ils perdrel’herbe de leurs chaumes? Au printemps, sont-ils obli-gés de jeter à la fosse au fumier leuis betteraves nouconsommées? Quand arrive l’époque de la fauclmison,les fenils sont-ils encombrés du foin de l’année d’a-vant ?

S’ils font consommer tous leurs fourrages, ils nepourraient donc produire des laines supertines qu’enabandonnant la production des laines communes, deslaines intermédiaires, et en partie celle de la viande.

Voilà de quelle manière la question doit être posée.Et en l’étudiant, nous trouverions probablement quenos producteurs ont raison de laisser aux terres demiincultes la production des laines superfines, de mêmeque les propriétaires des environs de Paris trouventde l’avantage à laisser à ceux de la Picardie, de laNormandie , de la Brie, la production du lait pour lacapitule, et à transformer en parterres, en maisons decampagne, des terres qui, il y a quelques années seu-lement, étaient eu luzerne, en vcsce et en sainfoin.

Peu de viande et très peu de laine, voilà le carac-tère économique de la race extra-fine. Ajoutons quecette ruce réclame des précautions minutieuses : soinsbien entendus dans le choix dos reproducteurs et lesaccouplements, pas de parc ou très peu de parc, etseulement après la tonte, car la terre rend la laineroide ; des bergeries bien tenues, car le fumier et mêmele gaz ammoniac donne de la dureté à la toison; enfinune alimentation raisonnée est indispensable : la lainedevient grosse avec trop de nourriture, et maigre, cas-sante avec trop peu.

Le prix très élevé de la laine extra-fine pourraitseul compenser les frais d’entretien des animaux quila produisent, et cette condition n’existe pas. La con-sommation de cette laine est très limitée, parce qu’ilsc trouve peu de personnes qui se servent d’étoffes enlaine superflue et qu’elles sont rarement capables d’ap-précier ce qu’elles achètent. Il est déjà fort difficile,même avant que la laine soit cardée, filée, modifiéepar la teinture, de distinguer la fine de l’extra-fine, etquand elle a été manipulée? il faut alors être du métieret babile dans le métier.

Nous n’avons pas besoin d’ajouter que le commer-çant qui est en rapport avec les consommateurs, pou-vant vendre les étoffes fines et les étoffes à laine mélan-gée aussi cher que les extra-fines, demande rarementces dernières au fabricant.

Des conditions de production particulières, des ter-res sans valeur, des fourrages difficiles à vendre, l’im-possibilité d’écouler la viaude, pourraient seules per-mettre l’entretien des troupeaux de première finesse.Des essais ont été faits au cap de Bonne-Espérance ,

dans l'Amérique méridionale, dans la Crimée , dansl’Australie surtout.

Daus ces contrées peu habitées ou la viande est sansvaleur, tout semble favorable à la production des lai-nes extra-fines. Et cependant, malgré des importa-tions considérables de béliers des races électorales,de la race de Naz, il arrive rarement des produits biensuivis. Les animaux dégénèrent faute de soins.

Dans l’Europe occidentale où les troupeaux pour-raient être bien soignés, les conditions économiques nepeuvent permettre qu’exceptionnellement l’industried:s laines extra-fines. Nous n’en exceptons pas mêmelu Silésie, la Moravie, la Bohême, la Saxe qui nousenvoient ces belles laines dites électorales. Et cepen-dant il y a dans ccs contrées bien des circonstancesfavorables : d’abord la constitution de la propriété engrands domaines y rend l’entretien des animaux pinsavantageux que toute autre industrie agricole, et detous les bestiaux, les moutons exigeant peu de main-d’œuvre, sont les plus propres à donner beaucoup deproduit net; ensuite, la longueur des hivers nécessiteun long séjour des troupeaux dans les bergeries et l’a-bondance des fourrages le facilite; l’étendue des pâtu-rages diminue l’emploi du fumier et restreint l’utilitédu parcage; enfin la consommation de la viando peuconsidérable en rend la vente difficile et doit donner del’avantage à la production des laines. Malgré toutesces conditions le mouton à laine superfine donne peude béuéfice, et l’on trouve dans ces contrées beaucoupplus de troupeaux communs que de troupeaux fins.

CHAPITRE DEUXIÈME.

CHOIX DU MOUTON.

A vantages des belles laines. La spéculation desnonr-risseurs de moutons est basée, ou sur la productiondes laines, ou sur l’engraissement j la première estsurtout pratiquée daus les contrées pauvres et l'autredans les riches terres où la culture est active. Mais cesdeux branches de l’industrie ovine tendent à se con-fondre, à se réunir dans les contrées peu fertiles, à me •sure que l’agriculture fait des progrès. Ce changementest au désavantage des pays riches qui jadis engrai —saieot presque exclusivement : d’abord parce que lesanimaux maigres sont plus chers qu’anciennement etensuite à cause de la concurrence plus générale. Cettedernière, à la vérité, a peu d’influence, car la consom-mation augmente plus rapidement que la production.Il y a de nos jours aux marchés de Sceaux 10, 15,jusqu’à 20,000 moutons, et ils se vendent aussi faci-lement que les 12 ou 1500 qui y arrivaient il y a40 ans.

Dans le choix du mouton, il faut avoir égard à Y étatde santé, à la taille , au tempérament , aux formes et à lalaine.

I. Le bélier qui jouit d’une bonne santé est fort etagile; il a uue marche assurée, se tient en tête dutroupeau , et *e défend avec vigueur quand on lesaisit.

Il a l’œil vif, m peu hurüidc, la face interne despaupières et la conjonctive rose, parcourue par desvaisseaux bien apparents. La peau, dans les animauxblancs, a une teinte rosée; la laine s’arrache diffici-lement; une fois arrachée, elle est forte, résistante.Nous avons en vue ici L’indication des signes de lapourriture qui, même au début, rend les animaux fai-bles, les membranes muqueuses pâles, celle de l’œil enparticulier, la peau terne et la laine facile à arracher,si elle ne tombe pas spontanément.

II. La taille ne mérite pas l’importance qu’on luiattribue. Les moutons consomment en*proportion doleurs poids, de sorte qu’on produit autant de viandeavec des petits animaux qu’avec des grands. Avec les