MOUTON.
MOUTON
premiers on pe;.t en produire sur des terres stériles,sur des bruyères où ne sauraient s’entretenir des bêtesde forte taiLle. Mais comme les frais pour soiguer lestroupeaux augmentent avec le nombre d’animaux dontUs sont composés, on choisira des moutons en rapport,par leur taille, avec la fertilité des terres . de fortetaille dans les herbages fertiles, cependant plutôt troppetits que trop grands.
Pour la production de la laine, l’avantage est en fa-veur des petits animaux; ils donnent un produit sou-vent plus fin, et toujours plus abondant : deux mou-lons pesant chacun bO livres fournissent plus de laine,pour une quantité donnée de nourriture, qu’un seuldu poids de 50 kilogrammes.
Le développement considérable du corps n’est unindice constant de bonnes qualités, que lorsqu’on leremarque sur quelques individus d’uu troupeau donttous les animaux ont été élevés et nourris de la mêmemanière : le poids considérable réuui à une belle con-formation est alors un signe de la grande dispositiondes animaux à s’approprier la nourriture.
III. Quoique bien portant, le mouton doit être mouet paresseux. Après avoir pris sou repas, il doit secoucher au lieu d’agir. C’est ainsi qu’il prend beau-coup de viande. Cette disposition se remarque dans lesraces précoces, disposées à l’engraissement. Ou don-nerala préférence aux animaux qui la présentent quandon aura des fourrages à faire consommer au râtelier,des pâturages bons et peu éloignés de la bergerie, etun climat doux et tempéré.
Mais il sera préférable d’avoir des bêtes vives, aler-tes, vigoureuses, quand elles devront aller chercherleur nourriture dans des pâturages peu fertiles, éloi-gnés de la ferme, et a l’action d’un froid rigoureuxou d’une chaleur intense. Elles donneront moins deproduits que des bêtes molles, mais elles seules peu-vent résister à ces conditions et utiLiser de pareils her-bages.
IV. Par l’examen des formes, on peut pressentirl’aptitude des animaux à se bien nourrir, leur dispo-sition à produire beaucoup de viande là ou se trouvela meilleure, et, jusqu'à un certain point, la quantité,sinon la nature de la laine.
Une grande aptitude à se nourrir résulte d’abord,comme nous venons de le dire, de la propension desanimaux à ne pas faire des mouvements inutiles; elledépend aussi d’une bonne organisation des organesdigestifs et de l'appareil respiratoire.
Un \olume moyen du ventre est le meillenr signed’une digestion facile chez le mouton. Le grand déve-loppement de cette région, trop fréquent dans nos ra-ces, indique l’usage longtemps continué d’alimentsmédiocres ou mauvais; il se rencoutre presque tou-jours avec un dos ensellé, occasionné par ie poids desviscères abdominaux, et avec un système musculairepeu développé.
C’est la respiration qui donne aux matières élabo-rées par le poumon la faculté de pouvoir être em-ployées à l’accroissement des organes; et on juge del’activité de cette importante fonction par le volumedes viscères qui l’exécutent, par la capacité de la cavitépectorale.
L’ampleur de la poitrine s’annonce par un corps cy-lindrique, une côte ronde, un poitrail large, bien6orti, un garrot épais, un dos bien soutenu, des ré-gions costales prolongées en arrière, ce qui rend leflanc étroit. Dans le mouton à grande poitrine, Esmembres sont bien écartés, môme les postérieurs, etla région sternale est large : on juge de la belle con-formation de cette partie, en explorant le dessous ducorps avec la main ou en renversant le bélier.
Des lombes larges, indice, nous allons le voir, debeaucoup de bonne viande, supposent aussi l’ampleur
des organes respiratoires, car la largeur des lombesexiste toujours avec un grand développement de lapartie supérieure du corps, et partant, avec la ron-deur des côtes et l’épaisseur du garrot. Beaucoup d’a-cheteurs se contentent de palper les lombes pour ju-ger des qualités d’un bélier.
Comme dans le cheval, un chanfrein étroit, busqué ;des naseaux peu ouverts se rencontrent avec un poi-trail enfoncé des membres rapprochés et une poitrineresserrée ; tandis que la tête droite en avant, le boutdu nez fort, le chanfrein'épais, indiquent des voiesaériennes larges (fig. 2).
3.
Les animaux de boucherie doivent avoir beaucoupde viande et peu d’issues, et la viande doit se trouveren plus grande quantité là où elle est de qualité su-périeure.
Avec un corps trapu, épais, cylindrique, à dos biensoutenu, bas sur jambes, un abdomen peu développé,une tête fine, des os grêles, des membres fins, les ani-maux donnent une grande quantité de viande nette :il suffit même, pour juger de cette qualité, d’examinerla tête et les oreilles : l’épaisseur des oreilles est un in-dice de la grosseur des os, car il y a toujours un rap-port de volume entre le système osseux et le systèmecartilagineux. (Voir fig- 3, le mouton représenté fig. 2après la tonte.)
Mais il faut encore que la viande de bonne qualitésoit relativement abondante, elle se trouve à la croupe,aux fesse9, aux cuisses et à la région lombaire; la plusmauvaise aux jambes, au flanc, à la partie inferieuredes côtes, à l’encolure et à la tête. Un mouton à jam-bes courtes, à cuisses descendant près des jarrets, àtête fine, à encolure grêle, à lombes larges, donnerade bons filets, de lourds gigots et peu de basse viande.
Remarquons qu’avec cette conformation, les ani-maux doivent être peu disposés à parcourir de grandstrajets. Nos races de montagne avec leurs jambes lon-gues, leurs articulations grosses, leurs jarrets larges -sont préférables pour aller chercher leur nourritureI dans les pâturages escarpés. Elles donnent moins de