MOUTON.
MOUTON.
produits utiles, c’est vrai, mais elles s’entretiennentavec des aliments sans valeur.
Quelques cultivateurs recherchent encore la pré-sence des cornes. Pendant longtemps on a considéréces organes comme un des caractères constants de larace mérine, et partant, des animaux propres à don-ner de bons produits en laine. Nous savons aujour-d’hui que des moutons dépourvus de cornes ont detrès bonnes toisons, tandis que d’autres dont la laineest très mauvaise en sont pourvus. Nous ne devonsplus considérer les cornes que comme des organesinutiles, ne donnant pas un produit en proportion dela nourriture qu’ils absorbent, et comme nécessitantdes os épais, une tète grosse et une encolure forte pourles soutenir.
U est donc à désirer qôe les moutons en soient dé-pourvus; mais si elles existent, elles doivent être enspirales rapprochées. Des cornes droites, ou seulement àcontours écartés, indiquent une laine droite et sou-vent grosse, dure : il y n un rapport entre la directiondes brins de laine et celle des cornes.
La peau dans le mouton est bien tendue ou ample,formant des plis, des fanons. Ces plis augmententl’étendue de la peau et le poids de la toison ; maisla peau est épaisse sur ccs plis, et fournit une lainegrosse, dure, comme jarreuse, parce que les bulbos quiproduisent le brin ont un volume relatif à l’épaisseurde la membrane qui les renferme. Les mérinos sansfanons dounent moins de laine, mais on les prétère ce-pendant, parce que les toisons sont mieux suivies, pluségales et en général plus fines.
V. Quelle qua soit la race de moutons que l’on pos-sède, le choix, par rapport à la laine, est de premièreimportance.
Non-seulement dans les grandes divisions de mon-tons, mais dans toutes les races, existent des diffé-rences considérables dans la valeur des toisons. Enaméliorant la laine, il serait facile d’augmenter consi-dérablement la valeur, et aussi le revenu des troupeaux,sans changer la nature des animaux.
Dans le choix du mouton il faut avoir égard à l'en-semble de la laine ou à la toison et à la qualité desbrins considérés isolément.
La toison doit s’étendre sur tout le corps, couvrirle ventre, les membres et eu grande partie la tête. Nosmoutons varient à cet égard considérablement; c’estdans les anciennes races indigènes, à laine grosse, quenous trouvons le moins de laine. Pour l’engraissementon recherche les moutons à tête et à ventre nus, parcequ’ils appartiennent à des races qui prennent facile-ment la graisse et que dans tous les troupeaux, lesanimaux mauvais pour la laine sont les meilleurs pourla boucherie : la nourriture ne peut pas produire à lafois et de la viande et du lainage.
Mais les éleveurs qui conservent leurs animaux plu-sieurs années, les tondent plusieurs fois, doivent rai-sonner différemment : ils trquvent amplement sur laplus-value de la tonte une compensation à ce que lesanimaux peuvent rendre en moins quand ils sontvendus pour être engraissés ou livrés à la boucherie.
Presque toujours, quand la laine recouvre tout lecorps, les brins sont rapprochés : elle est tassée et latoison lourde. Ce n’est donc pas pour la petite quan-tité de laine d’ordinaire plus grosse et souvent jar-reuse, qui recouvre la tête, le ventre, et les jambesqu’il faut rechercher des bêtes bien laineuses; c’estparce que la présence de la laine sur tout le corps in-diqué que ce produit est partout abondant et de bonnequalité. C’est dans les bêtes laineuses que le brin estfin, doux et élastique.
D’après la disposition de la laine on distingue lestoisons fermées et les toisons ouvertes. Dans les toisonsouvertes, les mèches, formées par le rapprochement
des brins sont pointues ; elles sont carrées, oorametronquées, dans les toisons fermées.
Quand les toisons sont fermées, les mèches carrées,ia laine reste plus propre à l’intérieur ; elle se dessè-che moins et conserve mieux sa souplesse. Le parcage,le corttact de la terre, de la litière et du fumier nuisent considérablement aux toisons ouvertes.
Les laines courtes sont en mèches carrées et for-ment des toisons fermées. A mesure que les brins de-viennent plus longs, ils tendent à s’écarter à leur ex-trémité libre ; c'est facile à comprendre. Cependantl’état de la surface des toisons ne dépend pas seule-ment de la longueur de la mèche. Certaines qualitésde laine, la mérinos, tendent à former des toisons fer-mées.
Dans l’étude des brins considérés isolément, il fautavoir égard à la finesse, à la douceur, à la souplesse, àla force, à l’élasticité, à l’uni, à l’égalité des brins, àleur aspect fri-é, lisse ou cotonneux.
Ces qualités plus ou moins prononcées distinguentla laine du poil lisse, uni, droit, roide, peu extensiblequi recouvre les chèvres, le mouton sauvage, et quel-ques mauvaises races domestiques. Ce poil ne peut passe feutrer. H en existe très peu dans les laines desbonnes variétés mérinos; on l’appelle jarre.
D’après le degré de finesse du brin on distingue lalaine en superfine, fine, moyenne ou intermédiaire,commune ou grosse.
Les distinctions sont faciles à établir quand on exa-mine les types de chaque catégorie, mais bien difficilesquand on arrive aux différents degrés de chaque typ .L’habileté à cet égard ne peut résulter que de la pra-tique.
On reconnaît la douceur en examinant la laine réu-nie en grosses mèches; elle est en rapport avec la fi-nesse et la souplesse de la laine. C'est une propriétéqui rend les étoffes agréables et susceptibles de bienpréserver du froid et de l’humidité.
La souplesse de la laine dépend beaucoup de la fi-nesse, mais elle est subordonnée aussi à l’état des mou-tons. Lorsque ces auimaux jouissent d’une bonnesanté, qu’ils ne sont ni trop gras, ni trop maigres,que la peau est moite, que les fonctions de cette mem-brane sont actives et le suin abondant, la laine estmoite, souple; elle est roide quand elle est grosse,quand les animaux fins-gras ont une épaisse couche degraisse qui isole la peau et en diminue l’activité ; roideencore quand les animaux sont mal nourris ou ma-lades.
La souplesse tient moins à l’état de la laine que lesqualités précédentes. Les opérations qu’on fait subiraux toisons après la tonte, les divers procédés de la-vage, la teinture, peuvent même la modifier, l’affai-blir.
C’est en partie de la souplesse de la laine qne ré-sulte le moelleux des étoffes.
Le parcage, le fumier, l’air impur chargé de va-peurs ammoniacales, les bergeries mal tenues dimi-nuent la souplesse de la laine : la chaleur douce ethumide, les bergeries propres, aérées lui sont favora-bles.
On dit que la laine est forte quand elle résiste auxefforts qui tendent à la rompre. Cette précieuse qualitédépend de l’état de santé ou de maladie, de la nour-riture et de la manière dont les animaux sont tenus.
Les privations, les maladies, rendent la laine faible.Si an mouton tondu en juin est mal nourri ou devientmalade en décembre, on remarquera à la tonte sui-vante que la laine est pins mince et plus faible versson milieu; c’est-à-dire vers la partie qui a poussé àl’époque où la nourriture était mauvaise ou l’animalmalade.
Non* seulement les brebis nourrices dounent moins
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