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MOUTON.

doubler la quantité de leur laine, les petits lots demoutons disséminés dans le Percbc, l’Anjou , le Lîmou-siu , le Quercy, le Rouergue , le Vivarais, seraieut enpeu de temps complètement transformés.

Ce que nous disons des étoffes en général semblecontraire à ce qu’on observe ordinairement. Les drapstins, souples, du commerce font moins' d’usage que lesétoffes faites avec nos laines communes par les culti-vateurs, c’est vrai ; mais cela dépend de ce que lesdraps du commerce, souventbrûiés par la teinture, sonten outre fabriqués trop légèrement. Le fabricant cher-che à économiser la matière et fait subir à ses étoffes,pour les rendre plus belles , des opérations qui en di-minuent la force de résistance et les rendent faibles.

Mais si nos cultivateurs livraient à leur tisserand, aulieu de leurs laines grossières, des laines fines, leursétoffes feraient beaucoup plus d’usage.

Nous insistons sur celte qualité des laines finesqu’ont bien démontrée MM. Girod (de l’Ain ) et Per-rault de Jotemps. Elle n’est pas suffisamment appré-ciée par les habitants des campagnes. S’ils en compre-naient l’utilité, ils donneraient plus de soins à l’amé-lioration de leurs bêtes ovines.

Mais nou3 pourrions dire encore en faveur de l'amé-lioration des moutons, qu’avec un certain poids delaine fine on produit un fil plus long et de même forcequ’avec la même quantité de grosse laine; qu’on faitune étoffe plus belle, plus douce, plus solide et qu’onen fait une plus grande quantité.

Et nous pourrions ajouter : de tous les moyens pro-pres à prolonger la vie, à prévenir les plus mortellescomme les plus douloureuses maladies : la phthisie pul-monaire, les rhumatismes, aucuu n’est aussi efficacequ’un vêtement de laine : il préserve de l’humidité ex-térieure et absorbe celle qui est fournie par le corps,garantit du froid tout en conservant la chaleur de nosorganes, et ccs effets sont d’autant plus marqués que lalaine est plus souple, plus fine et plus douce.

L’indifférence de nos cultivateurs pour leur bien-être n’est pas la seule cause qui s’oppose à l’améliora-tion de nos moutons. Nous devons signaler aussi l’in-fluence du commerce qui agit surtout sur la moyennepropriété.

Les marchands qui achètent les laines dans les cam-pagnes méconnaissent souvent lu valeur des belles qua-lités et ils sont toujours intéressés a les déprécier. Ilsne font quelquefois aucune différence entre des lainesqui valent 25, 30 pour 100 de plus les unes que lesautres.

Cette ignorance ou cette mauvaise foi répand Vin-différence parmi les cultivateurs et nuit autant à l’in-dustrie qu’k l’agriculture.

Et cette cause ne cessera que lorsque l’améliorationdes laines se sera généralisée. Le cours de la mar-chandise s’établira alors sur les belles qualités domi-nantes. C’est ainsi que dans la Brie, dans la Beauce,lors des premiers mérinos, des premiers métis, les mar-chands en payaient la laine à peine plus cher que cellede l’ancienne race du pays; tandis qu’anjourd’hui lesdiverses qualités des métis mérinos sont distinguées etdiversement payées, quoiqu’elles ne diffèrent que dequelques centimes par demi-kilogramme.

Nous le verrons, l’amélioration n’offre aucune diffi-culté par elle-même et ne nécessiterait aucune dépeuseque ne puisse faire le plus petit cultivateur; car iln’est pas nécessaire pour produire un grand résultatd’acheter des reproducteurs de prix, ni de chercherdes races d’un entretien difficile, il suffit de savoir choi-sir parmi les animaux qu’on élève les moins défectueux,pour les employer à la reproduction, ou tout au plusd’acheter, auprès d’un voisin, un animal plus parfaitque ceux que l’on possède'.

MOUTON.

CHAPITRE TROISIÈME.

AMÉLIORATION DES MOUTONS.

Nos races ovines diffèrent beaucoup les unes desautres par les qualités de leur laine, et le plus grand, nombre ont besoin d’être améliorées : si nous avons la1 première race pur la finesse, celle de Naz, nous avousaussi la dernière, celle d’Oléron .

Elles sont remarquables par leur rusticité et parleur excessive sobriété. Quelques-unes se distinguentpar les qualités de leur viande, et d’autres par la quan-tité qu’elles en fournissent.

Mais elles sont peu précoces, tardives même, et lais-sent & désirer pour les formes : elles ont la poitrineétroite et les os trop volumineux.

Nous pouvons les améliorer par les soins, le régime ;par le choix des reproducteurs et de bons appareille-meuts ; enfin par le croisement.

I. C’est par les «oms, par le régime seulement, que; nous pouvons élever la taille des races trop petites;

c’est par une nourriture abondante et de bonne naturedistribuée dans le jeune âge, que nous pouvons aussiproduire la précocité, en rendant le corps trapu et lesmuscles volumineux.

Les soins peuvent changer la nature de la laine. Leséjour dans une bergerie bien tenue la rend douce,souple, tandis que le parcage sur les terres labouréesla rend dure. Sous l’influence du grand air, du froid,elle devient élastique; elle devient forte et tend à gros-sir, quand les animaux sont abondamment nourris.

Quoique efficaces, les soins, le régime, dont il ne se-rait pas possible de donner les détails, ne peuvent êtreutiles que pour conserver les qualités que possèdentles animaux; à ce point de vue, ils sont d’une néces-sité absolue. Mais quand on a reconnu la convenanced’améliorer une race, il faut mettre en usage des moyensplus expéditifs.

II. On appelle apparentement l’accouplement d’unmâle et d’une femelle dont les qualités et les défautsse compensent. Combiné avec le régime, ce moyenpourrait produire toutes les améliorations possibles.

L’appareillement, comme moyen d’amélioration, estplus efficace dans le mouton que dans les autres ani-maux domestiques. Les produits d’un troupeau unpeu considérable sont toujours variés. Dans le nom-bre, il s’en trouve constamment qui présentent beau-coup plus que les autres la qualité que l’on veut pro-pager; il suffit de savoir les reconnaître, les choisiret les conserver.

Ainsi, dans les races à laine grosse, il se trouve tou-jours des agneaux et des agnelles dont la laine estpassable; il suffirait de les employer exclusivement àla reproduction, pour imprimer aux races de la Flan-dre, de l’Artois, de la Picardie, de la Normandie , dela Vendée, du Limousin , du Poitou, une grande amé-lioration.

Dans le mouton à laine intermédiaire et à lainefine, l’appareillement pourrait rendre également dogrands services; c’est par ce moyeu seul qu’on a puconserver les laines extra-fines. Mais l’emploi en estmoins aisé que dans les races communes, parce qu’ilest plus difficile de reconnaître les meilleurs animaux.Tout le troupeau se ressemble davantage.

D’après les recensements, nous avions en France ,en 1829, 30 millions de moutons dont 24 millions deraces communes. Sur ce nombre, 10 millions appar-tenaient aux races inférieures, donnant par individu1,500 grammes de laine.

En comparant l’étendue de la petite propriété àcelle de la grande ; en tenant compte aussi de la quan-tité de moutons à laine grossière conduits sur nosmarchés, nous dirons que ce uombre, 10 millions, doitexister encore. L’augmeutatiou et la grande amélio-