Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

MOUTON.

MOUTON.

ration qui ont eu lieu depuis ont porté sur les 8 mil-lions d’indigènes supérieurs et les 6 millions d'indi-gènes mpyens.

Il serait facile de doubler le poids de la toison de ces10 millions de moutons, de doubler aussi la valeur dela laine, et de quadrupler ainsi une partie du revenudes petits cultivateurs.

A la vérité, cette somme ne serait pas réalisée entotalité, parce qu'une partie de la laine est employéepour l’usage personnel des membres de la famille,mais Ton en vendrait davantage à mesure que le poidsdes toisons augmenterait, et n’est-ce rien que d’avoir,an lieu de bas et de vêtements semblables à des nattesde crin qui laissent passer le froid et l’humidité, desvêtements moelleux, souples, imperméables, qui vousabritent contre les intempéries et vous préservent desplus graves maladies.

Répétons-le. pour produire ces grands résultats, au-cun sacrifice n’est nécessaire. Il suffit au cultivateurdo savoir apprécier les qualités de la laine, de choisirles meilleurs animaux pour la reproduction, de ne pasconserver, comme cela te pratique aujourd’hui, tousses agneaux entiers jusqu’à l’âge d’un an au milieu desbrebis. Il est indispensable, sinon de tenir le bélierisolé hors du temps de la monte, au moins de fairecouper à temps les plus mauvais agneaux.

Il existe, avons-nous dit, parmi les mérinos et sur-tout parmi les métis, des sous-races extrêmement re-marquables par la quantité de leur viande et la valeurde leurs toisons. Elles sont nouvelles. On aurait pules créer, à coup sûr, aussitôt après l’introduction desmérinos. C’est aux bergeries de l’Etat et aux particu-liers producteurs des béliers que nous devons ces gran-des améliorations. Mais le progrès serait beaucoupplus rapide si chaque éleveur produisait ses béliers,parce qu’alors, au lieu d’élever tous les agneaux bonset même tous les passables, qui naissent dans un trou-peau, ainsi que le font les producteurs de béliers, onn’éleverait que les individus les plus parfaits. Passonsà l’étude du croisement.

III. Il est plus facile d’améliorer la laine par le sim-ple appareillement des animaux d’un troupeau que dechanger les formes et la précocité.

La constitution, le tempérament jouent moins quele lainage ; on trouve rarement, surtout parmi nos an-ciennes races de moutons, des individus qui, différantbeaucoup des autres par la conformation, puissent êtreemployés pour améliorer leur race.

C’est par le croisement qu’il faut perfectionner lesmoutons à ce point de vue, mais en cherchant à rendrela laine plus belle de manière à produire un triple ré-sultat : corps mieux conformé, engraissement plus facileet toison meilleure.

Nous possédons les moutons les plus parfaits dumonde. Aucune race ne présente, à un degré aussi émi-nent que quelques-uns de nos métis mérinos, l’ensem-ble des qualités que nous recherchons dans les bêtes àlaine : constitution rustique, viande abondante, toisonlourde, laine fine, longue et nerveuse. Si un seul éle-veur avait créé ces animaux merveilleux, il serait àcent coudées au-dessus de Backewell, avec son bélierqui, ipnlgré une conformation admirable, n’est qu’unepelote de mauvaise graisse enveloppée de crin.

Et ici nous ne parlons pas de quelques lots de choixélevés exceptionnellement en vue du concours, nousparlons de moutons conduits par centaines à tous lesmarchés de Sceaux et de Poissy , et cela toute l’annéedurant.

Au lieu d’avoir été produits par un seul, ces bellesraces sont le résultat heureux des efforts d’un grandnombre; elles sont peut-être exclusivement le résultatde la force des choses, des progrès agricoles! Qu’im-porte, sachons les utiliser.

Ces animaux si remarquables, du reste, ne sontpas parfaits : ils pourraient être plus précoces etmieux conformés. Examinons cette question.

Il y a, c’est incontestable, un grand avantage à nepas laisser vieillir son troupeau.

Mais est-il bien important de tenir aune très grandeprécocité? Quand on a des moutons qui dépouillentpar an 8,10, 12 francs de laine, qui augmentent sanscesse de poids, qui acquièrent de plus en plus de suif,dont la viande gagne annuellement en qualité 3, 4, 5centimes par demi-kilogramme ; y a-t-il donc si grandeperte à les conserver trois ans et demi, quatre ansmême? En renouvelant plus souvent le troupeau, neperd-on pas par le supplément de nourriture qu’exigentles mères, par la diminution de leur valeur, par la dé-préciation de leur toison, par les soins que nécessitentles agneaux, le bénéfice que les moutons donneraienten plus? Nous ne sommes pas dans les mêmes condi-tions que les possesseurs des races anglaises dont lalaine, sans exception, n’a pas de valeur.

Du reste, il serait facile d’augmenter la précocité denos moutons par l’élevage et par le croisement; n’ou-blions pas cependant que cette qualité ne peut être con-servée que par l’emploi continuel des scius qui la pro-duisent. Elle se donne surtout par la race, c’est vrai,mais elle ne se conserve que par des soins continus.Nous n’avons jamais compris une race précoce, sobre,robuste à la fatigue et de facile entretien ; bien despersonnes pensent comme nous, après avoir vainementcherché cette race.

Nos moutons, avons-nous dit, laissent à désirerquant aux formes; plusieurs ont des cornes qui leursont inutiles et nécessitent une grosse tête ; dans d’au-tres le cou, cette partie qui fournit de la viande simauvaise, est trop grand et la poitrine trop serrée.

Par des appareillements bien entendus et un boarégime, ces défauts pourraient disparaître et ils dimi-nueront à mesure que les éleveurs, devenant plus habi-les, choisiront mieux les reproducteurs; mais c’est parles croisements qu'on peut les combattre avec le plusd’efficacité, car les améliorations qui tiennent aux for-mes sont de celles qui s’obtiennent facilement par lemélange de deux races. (Voyez dans ce Dictionnaire lemot tvoisement .)

Pour simplifier, nous n’étudierons le croisement qued’une manière générale sur les races du Midi, sur cellesdu Nord et sur les petits moutons du Centre

1° Les races ovines du double bassin des Pyrénées et du bas Rhône sont parfaites, quant aux qualités dela viande; elles sont sobres, rustiques et fortes pouraller chercher leur nourriture dans les montagnes etbraver les extrêmes si rigoureux de la température mé-ridionale; mais elles sont mal conformées, dures àl’engraissement et plusieurs laissent à désirer quant àla laine. Comment les rendre plus précoces, plus ten-dres à l’engrais sans diminuer en même temps leurforce et leur rusticité?

Nous avons dans quelques contrées, dans les Céven-nes en particulier, dans le Rouergue , des troupeaux quiont besoin de toute leur vigueur pour résister au climat.Le croisement, même avec le mérinos, a échoué. Et sinous ajoutons que, pour quelques-unes de ces races, ontient considérablement au lait, qu’on veut absolumentconserver l’activité des mamelles, on comprendra com-bien le croisement offre de difficultés.

Il faudrait commencer d’abord par augmenter lesfourrages, et on est souvent contrarié par le climatsemblable presque à celui de l’Afrique , mais les progrèsdéjà réalisés en agriculture, et même dans les animaux,permettent d’en attendre de plus considérables. Disonsque c’est par les irrigations, trop oubliées pour ledrainage, qu’on créera les moyens d’imprimer aux ra-ces du Midi les qualités qui leur manquent.