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MOUTON.

MOUTON.

Le croisement doit venir en seconde ligne. Maisdans quolqucs exploitations, dans quelques cautons, ilpourrait être pratiqué immédiatement, pour améliorerla conformation.

Quoiqu’on ait essayé dans plusieurs départementsdu Midi le bélier dLhley, qui est le plus propre à amé-liorer les formes de nos races et à leur communiquer laprécocité, nous ne saurions le conseiller; nous croyonsmême que son métis demi-sang mérinos aurait encorela laine trop grosse et ne pourrait être employé quepour quelques races à laine grosse ou passable de lapartie occidentale du grand bassin pyrénéen . Ledishley-mérinos, trois quarts mérinos, serait plus gé-néralement utile.

Ce croisement rendrait plus fine la laine de beau-coup de troupeaux, allongerait, sans la rendre plusgrosse, celle des meilleurs métis et dans tous rendraitle garrot plus épais, le dos plus soutenu, la poitrineplus large, les animaux plus précoces et plus tendres àl’engrais.

On a préconisé le mouton southdown pour créer desraces de boucherie d’un facile entretien dans les con-trées peu fertiles, mais nous ne pensons pas que ce ré-sultat soit possible, comme nous le dirons en parlantdu mouton du Centre. Ajoutons seulement ici que dansla Gironde on a renoncé à cette race, parce qu’elle« était contrariée par la nécessité d’une locomotion lon-gue, indispensable à la satisfaction de ses appétits etde ses besoins alimentaires » et qu’on lui a préféré lemétis dishley-mérinos.

On a dit que ce croisement nuirait dans les races duSud aux qualités de la viande, mais le climat, les plai-nes salubres, les herbages salés, les montagnes à plan-tes sapides donneraient en bien peu de temps à laviande des produits croisés, le grain fin, le goût exquis,qui caractérise le mouton de ces contrées. Si le croi-sement peut avoir des inconvénients, c’est comme pou-vant rendre les animaux moins rustiques et plus diffi-ciles à nourrir; il est certain qu'on ne peut songer qu’àune transformation légère des bêtes indigènes.

2° Pour les races du Nord et pour celles de l’Ouest,qu’elles soient à laine grosse, à laine intermédiaire ou àlaine fine, les croisements avec les types précoces of-frent plus de chances favorables.

Partout où les herbages sont fertiles, le climat douxet les brebis de haute taille, les béliers dishley ou New-Kent pourront être utiles pour rendre le corps trapu,épais, plus bas sur jambes et plus lourd, les membrosplus fins, la tête plus petite, l’accroissemeut plus ra-pide et l’engraissement plus facile.

Ce croisement ne saurait rendre la laine plus mau-vaise dans les races de la Flandre, de l’Artois, de laNormandie , de l’Anjou, mais il ne produirait pas nonplus les améliorations que nous devons désirer.

Pour tirer tout le parti possible de ces grandes races,il est nécessaire d’utiliser les qualités du mérinos, soiten donnant aux brebis de pure race indigène des béliersdishley-mérinos, soit en donnant aux brebis anglo-fla-mandes, anglo-normandes, anglo-mancelles, le béliermérinos. L’expérience seule peut démontrer dans quelscas H faudrait préférer le reproducteur trois quarts desang mérinos au demi-sang, et nous apprendre si, dansquelques contrées humides très fertiles, il ne faudraitpas employer ou la race anglaise pure, ou des métisanglo-français ayant trois quarts de sang anglais .

Par ces croisements, les formes de nos brebis de-viendraient meilleures, le tempérament plus précoce, lecorps plus laineux, la laine plus fine, plus douce, plusélastique et la mèche plus cari ée sans perdre de sa lon-gueur sensiblement. Nous arriverons ainsi à produireavec plus de viande no*n pas des laines fines dans leNord et l’Ouest, mais de ces laines intermédiaires,belles et abondantes, qui répondent si bien à l’immense

développement que prend, dans les cités populeuses duNord, la fabrication des étoffes rases.

Produire des animaux mieux conformés et plus pré-coces que les races indigènes, tout en produisant desbelles laines pour alimenter notre industrie, tel est lerésultat qu’il faut obtenir. Nous pouvons arriver aubut en soignant nos belles races à laine intermédiaire;quelques magnifiques lots de métis mérinos à lainelongue et fine, à toison fermée, à pattes et tête lai-neuses, à corps trapu, nous prouvent que ce progrès e-ten partie réalisé.

Il se généralisera avec ou sans l’emploi du sang an-glais , mais l’emploi du bélier dishley ou New-Kentpeut, dans la plupart des cas, être fort utile : le sanganglais pour donner la carrure, la précocité, la nature,la longueur de la mèche; le sang mérinos pour com-muniquer la finesse, le tassé de la toison, l’égalité desbrins et l’extension de la laine sur la tête* les mem-bres et le ventre.

Déjà, dans le siècle dernier, on avait observé que lecroisement des béliers anglais à laine longue avec lesbrebis communes du Boulonnais donnait de mauvaisrésultats; pour empêcher la dégénération, on avaitreconnu la nécessité de mêler le sang anglais au sangmérinos. Vers la même époque, on obtenait à la Ferté-Milon, dans l’Oise , de ces deux dernières races, desmoutons qui donnaient des toisons de la plus bellequalité.

Par l’emploi du bélier anglais seul, la laine resterait trop dure; par la race mérine et ses dérivés fran-çais on arriverait plus sûrement au but, mais seulementpar des tâtonnements, par des précautions très gran-des dans les appareillements et par des soins soutenusdans l’élevage, et le succès même 11 e serait certain quelà où le climat serait favorable. Tandis que par l’em-ploi des types améliorateurs réunissant les qualités desdeux races, on peut arriver d’un boud, arriver aveccertitude, et sans donner aux troupeaux d’autres soinsque ceux nécessaires pour conserver les améliorationsproduites.

< e progrès parfaitement compatible avec le climatde la Flandre, du bassin de la Somme, de ceux del’Aisne, de la Seine, du Calvados , de la basse Loire,n’exercerait aucun effet fâcheux sur les qualités de laviande. Les métis seraient peut-être moins estimés desbouchers que les races indigènes pures, mais cela nedépendrait pas de la généalogie des animaux; cela dé-pendrait de leur précocité, de l’âge peu avancé auquelon les exposerait en vente. Cette désappréciation n’ar-riverait donc qu’autant que les éleveurs y trouveraientleur avantage. Quand la bonne viande se vendraitmieux relativement que la médiocre, ils laisseraientvieillir un peu plus leurs troupeaux. Nous n’avons doncpas à nous préoccuper de cette question.

3° Arrivons aux petites races si utiles dans le Berry,la Sologne, la Bretagne, la Manche, le Forez , etc.Nous ne saurions songer à en accroître directement lataille par les croisements. Nous devons les conserverpour utiliser l’herbe de nos bruyères, de nos landes, denos plaines crayeuses et de nos garrigues stériles. Au-cune amélioration n’est possible à ce point de vue,à moins que les propriétaires ne se procurent lesmoyens de mieux nourrir leurs troupeaux. A cet égardil y a eu déjà des progrès considérables réalisés.

• Quel est le type améliorateur qui convient alors pourles races dont on s’est le plus occupé, pour celles duBerry, du Nivernais ?

C’est pour elles que le bélier southdown a été sur-tout préconisé dans ces derniers temps et nous dirionspresque importé en France . Parce qu’il a été créé enAngleterre dans un comté moins fertile que celuidans lequel a pris naissance le bélier dishley, on ucru qu’il s’entretiendrait facilement dans nos contrées