l’azote ; son nom, quî lui a été donné par Lavoisier , esttiré de nitre, nom qu'on donnait anciennement au sal-pêtre ou nitrate de potasse ; mais comme son radicalréel est l 'azote, on doit l’appeler acide azotique, et c’estainsi qu’on commence à le nommer généralement pourse couibrmer à la nomenclature actuelle.
M. Gay-Lussae, par des expériences faites avec leplus grand soin, a trouvé que l’acide nitrique étaitformé en volumes, de 100 d 'azote et de 250 d'oxygène,ou bien :
4 équivalent d’azote. . 4 77,02, en centièmes. 26,45
5 équival. d’oxygène. . 500,00, — 73,85
677,02 400,00
Telle est la composition de l’acide sec, mais ce corpsne peut exister à cet état, à moins d’être combiné àcertains oxydas, et le plus pur qu’on puisse obtenirrenferme toujours près de 45 p. 400 d'eau; la compo-sition de cet hydrate est la suivante :
4 équivalent d'acide anhydre. . . 677,02 85,75
4 — d’eau — ... 442,48 44,25
789,50 400,00
Cet acide hydraté est une véritable combinaisond’acide sec et d’eau, il est liquide à la température or-dinaire, blanc, possédant une odeur désagréable; trèsavide d’eau, il fume à l'air, il désagrège fortement lesmatières organiques qu’il colore en jaune.
La pesanteur de cet acide est de 4,513 à 48° C., ilbout à 86°, sous la pression de 0"\76 de mercure, et ilse congèle en masse peu consistante vtrs 50° au-des-sous de 0.
Une température élevée, la lumièro solaire et tousles corps avides d’oxygène le décomposent avec la plusgrande facilité, et c’est à ses propriétés oxygénantesqu’il doit une grande partie de ses applications dans.leslaboratoires et dans les arts.
L’acide nitrique est miscible à l’eau en toutes propor-tions ; à mesure qu’une addition de ce liquide le rendplus faible, son point d’ébullition s’éiève progressive-ment jusqu’à 120°.
Le tableau suivant donne le point d’ébullition de cetacide à divers degrés :
Densité.
Point d'ébullition.
Nom de l'observateur.
1,51
86»
Thénard.
1,50
99“
Dalton.
1,45
115»
—
4,42
120"
—
1,40
119»
—
1,35
117°
—
1,30
113“
—
1,20
108“
—
1,15
104"
—
Voici
maintenant la table de la richesse du même
acide à
de 19“ C
divers degrés de densité pour la température
Densité.
A eide eec p . 100 parties.
Nom de l’observateur .
1,513
85,7
Calculée.
1,498
84,2
Thénard.
1,478
72,9
—
1,434
62,9
—
1,422
61,9
— •
1,376
51,9
—
L’acide nitrique le plus concentré marque 54° à 52°Beaumé, il doit être conservé à l’abri de la lumière quile colore en le décomposant partiellement.
L’acide concentré du commerce marque 36° B. seu-lement, car au lieu d’un équivalent d’eau il eu ren-ferme environ quatre.
La préparation de l’acide nitrique se faisait autre-fois, en grand à l’aide du procédé de Raymond de
Lulle, c’est-à-dire en décomposant le salpêtre par l’ar-gile : ou employait des cornues en grès rangées dansdes fourneaux de galère qui en contenaient huit à dixde chaque côté. Dans cette opération, il se faisait du si-licate et de l’aluminate de potasse qui restaient dans la cor-nue, et de l'acide nitrique qui distillait et était reçu dansdes récipients également en grès. Comme l'argile etle nitrate de potasse employés ne contenaient de l’eanqu’aceidentellement, presque, tout l’acide nitrique quise dégageait se décomposait, et on peut dire que l'opé-ration ne marchait bien que par exception. Aujour-d’hui, la préparation de l’acide nitrique a lieu en traitautles nitrates de potasse ou de soude par l'acide sulfurique ;le dernier de ces sels donne, à poids égal, plus d'acideque le salpêtre; mais le sulfate obtenu pour résidu amoins de valeur que le sulfate de potasse, aussi l’équi-libre tend-il à s'établir dans les deux cas
589,9 [ < 266 ' 9
677
390
4067
Le nitrate de potasse est composé.
D’un équivalent d'acide nitrique. .
Et d’un équivalent de potasse. . .
Le nitrate de soude renferme :
Un équivalent d’acide nitrique. . .
Un équivalent de sonde.
Ainsi, 4067 parties en poids de nitrate de soude con-tiennent la même quantité d'acide nitrique sec que4267 parties de nitrate de potasse.
Pour un équivalent de ces nitrates on emploie deuxéquivalents d'acide sulfurique ; le résidu est formé debi- sulfate potassique.
Si on emploie le nitrate de potasse, ou prendra :
Un équivalent de nitrate de potasse. . . 4267 JDeux équivalents d'acide sulfurique. . 4227 > 2944Quatre équivalents d’eau. 450 I
Les quatre équivalents d'eau sont placés dans lesvases où doit se condenser l'acide nitrique.
On obtient par la distillation :
Un équivalent d’acide nitrique sec. 677 I , )
Six équival. d’eau. 675 j ">2944
Un équival. de bisulfate de potasse. 4592 j
Si on fait usage du nitrate de soude, on doit prendre :Un équivalent de nitrate de soude. . . 4 067
Deux équival. d’acide sulfurique. . . 4227 } 2744
Quatre équival. d’eau. 550
Le résultat sera :
Un équivalent d'acide nitrique.
Six équival. d'eau.
Un équival. de bi-sulfate de soude.
L’attaque du nitrate par l’acide sulfurique se faitdans des cylindres, en fonte grise, semblables en toutpoint à ceux employés pour la préparation de VacideHYDBOCHLOKIQUE.
La condensation de l’acide a lien dans des bonbonnesen grès contenant l’eau nécessaire, c'est-à-dire quatreéquivalents pour un de nitrate, car l'acide qui distillen'en renferme que deux, et celui qu’il faut obtenir doiten renfermer six.
Daus le commencement de la distillation il se dé-gage des vapeurs rutilantes d’acide bypo-nitrique, carl’acide nitrique qui est mis en liberté ne trouve pasd’abord l’eau qui lui est nécessaire pour rester stable ;cette eau étant retenue énergiquement par l’acide sul-furique, mais aussitôt qu’il s’est formé du sulfate, l’eaumise en liberté s’unit à l’acide nitrique, qui va se con-denser dans les bonbonnes, sous forme de vapeursblanches. A la tin de l’opération, il y a aussi produc-tion de vapeurs rouges et cela pour la même cause : àcette époque encore, il ne se trouve plus assez d’eaupour empêcher l’acide nitrique de se décomposer.
On n’emploie, dans cette préparation, que de l’acidesulfurique concentré, car cet acide étendu détruiraittrès rapidement les cylindres ; il est vrai que dans cedernier cas il empêcherait la production de vapeurs ru-
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