NOIR.
NOIR.
Quelques emplois du noir d’os ont fait présumer qu’ilabsorbait les matières odorantes avec plus de force quele charbon végétal. De nombreuses expériences tendentà prouver que le noir animal absorbe aussi les princi-pes amers des extraits d’un grand nombre de plantes ; leuoir végétal agit de même, mais plus faiblement.
Les gaz putrides et les autres produits de la putré -faction en solution dans les liquides sont absorbés trèsactivement par le noir animal, de là l’emploi avan-tageux de ce corps pour purifier les citernes, lesétangs, etc.
Différentes matières inorganiques en solution dansl’eau, comme la chaux, les sels de plomb solubles, lesulfate de protoxyde de fer, sont absorbées par le char-bon animal, et même, d’après M. Girardin, tous les gen-res de sels, à peu d’exceptions près, sont attaqués parlenoir animal qui absorbe les matières inorganiques mêmeà froid, propriétés qui n’ont été reconnues au charbonvégétal qu’à l’égard des sulfures alcalins.
La cause qui rend le charbon végétal moins efficaceque le charbon animal provient de la vitrification de sasuperficie.
Les charbons tirés des substances animales mollessont brillants, aussi ont-ils peu d’énergie. Différentsschistes bitumineux, ceux de Menât et d’Ardes en par-ticulier, ont une action décolorante marquée sur les si-rops, mais plus faible toutefois que celle du noir d’os.
Les lignites et la plupart des houilles ne décolorent enaucune manière.
La fabrication du charbon animal a pris, depuis quel-ques années, une grande extension, car l’usage s’en estac-cru considérablement, aussi chercha-t-on non seulementà augmenter la production de cette matière, mais encoreon fit de nombreux essais pour revivifier le noir quiavait déjà servi, c’est-à-dire pour lui rendre sa premièreforce décolorante, très restreinte par la décolora-tion des sirops dont il est l’agent principal.
La fabrication du noir animal, c’est-à-dire lacalcination des os, s’effectue à l’aide de deux sys-tèmes d'appareils tout à fait distincts.
Dans le premier procédé, on calcine les os àl’abri du contact de l’air et onrecueille les produitsvolatils qui se dégagent.
Dans le second procédé, au contraire, on brûleles gaz qui servent alors à élever la températuredes fours où s’opère la fabrication.
L’appareil employé dans le premier de ces deuxprocédés se compose de grands cylindres horizon-taux en fonte, dans lesquels on introduit les os àcalciner. Chacune de ces espèces de cornues estterminée par un tuyau de 0“,08 à 0“,40 de dia-mètre qui conduit les produits de la distillation dans unréfrigérant. (Voyez bleu de prusse).
Les cylindres sont placés dans un fourneau et chauf-fés par un ou plusieurs foyers.
La marche de l’opération est des plus simples : aprèsavoir concassé les os, ou en retire la graisse en les chauf-fant dans une chaudière pleine d’eau, puis on les placedans les cornues de distillation qu’on ferme alors à l’aided’obturateurs en fonte. Les joints sont garnis de terregrasse. On chauffe graduellement de manière à porterles appareils au rouge cerise, température qu’on main-tient pendant trente-six heures, au bout desquelles onietire le charbon incandescent qui est reçu dans desétouffoirs où il se refroidit à l’abri du contact de l’air.Froid, on le porte au moulin qui doit opérer sonbroyage.
Les produits gazeux qui se dégagent des cornues secondensent dans des tuyaux nombreux autour desquelscircule, en sens inverse, un courant d'eau froide quis’échauffe graduellement et qui «peut, une fois chaude,être employée au débouillissage des os. Les produitscondensés servent à la préparation des sels ammonia-
caux. Le noir obtenu par ce procédé dû à M. Payen,paraît décolorer les sirops moins énergiquement quecelui préparé par le second procédé que nous allons dé-crire. En outre, la quantité considérable de combustibleemployée n’est pas toujours payée par les produits am-moniacaux obtenus.
Dans la seconde méthode de préparation du noir ani-mal, on renferme les os dans de grandes marmites enfonte que l’on renverse l’une sur l’autre, orifice contreorifice et qui sont lutées au moyen d’un peu d’argile.Chaque paire de marmites est portée dans un four soli-dement établi en briques réfractaires, où on les empilejusqu’à ce que tout l’espace soit rempli. On emploie avecavantage aujourd’hui des marmites qu’on place les unessur les autres, et qui sont faites de telle manière que lefond de la marmite supérieure ferme hermétiquementl’ouverture de celle qui est au-dessous; cette modificationen simplifie beaucoup le remplissage.
On élève lentement la température de l’appareil, lesgaz qui s’échappent par les joints desmarmites s’enflam-ment et par leur combustion augmentent la températurede la masse en la maintenant toujours au même degré.
Quand toutes les marmites ont atteint le rouge-blanc,on arrête le feu et on laisse refroidir assez pour qu’onpuisse décharger le four; les pots nettoyés de leur lutsec sont vidés de leur noir qu'on porte au moulin.
Les figures 4958, 4 959 et 4960 représentent unfour en usage pour la calcination des os ; A, est le foyerqui sert à chauffer l’appareil ; C, C, sont les ouvertures àtravers lesquelles les produits de la combustion s’intro-duisent autour des marmites disposées dans la chambrevoûtée D.
Une porte E sert à charger et décharger le four ; pen-dant l’opération, cette porte est fermée avec des briquesréfractaires et de l’argile.
4960.
Les cheminées latérales F,F, conduisent les gaz pro-duits pendant la calcination, dans une cheminée G.commune à plusieurs fours.
Un autre appareil analogue appelé four à cul de pouleen raison de sa forme, est représenté fig. 4961 et4962.
Le foyer a qui sert à chauffer cet appareil se trouve
de niveau avec le sol du four; un mur b sépare le foyerde la chambre c où sont entassés les pots ; dans le mur