NOIR.
NOIR.
b sont percées douze ouvertures d qui distribuent unifor-mément la flamme dans l’espace c. La porte e sert auservice du four ; f, f, sont quatre ouvertures situées à lapartie inférieure du fond de la chambro voûtée et desti-nées à l’évacuation des gaz. (Jette disposition est indis-pensable pour que la chaleur se répande partout égale-ment, car la flamme tend toujours à s’élever au sommetde la chambrée, et, si on ne la forçait ainsi à descendre,les marmites inférieures ne seraient pas assez chauffées.Ordinairement on a deux fours contigus ayant une che-minée commune; pendant que l’un d’eux est en mar-che, l’autre se refroidit, puis on le vide pour le chargerd’os frais.
Il est bon de remarquer que le défaut de continuitéde ces appareils exige l’emploi d’une énorme quantitéde combustible et un matériel considérable. De plus,l’air circulant dans le four renferme toujou*» assezd’oxygène pour produire un déchet notable, car les oscalcinés à blanc sont livrés avec perte au fabricant dephosphore.
Ajoutons à cela que les marmites employées étantexposées directement au coup de feu, sont rapidementdétruites, ce qui a donné l’idée de les enduire d’argiledélayée. On avait même essayé de remplacer la fontepar de l’argile, mais les marmites de terre se fendillentpendant la calcination.
Enfin le plus grave inconvénient de ce procédé con-siste dans les émanations infectes qui se dégagent desfabriques de noir animal, surtout au commencement desopérations.
Pour éviter ce désagrément on a construit, sur les in-dications de M. D'Arcet, des appareils qui brûlaient tousles gaz pyrogénés en introduisant de l'air en quantitésuffisante pour une combustion totale ; de plus la cha-leur produite servait à chauffer la chaudière où se fai-sait l’extraction de la graisse des os.
Le broyage du noir animal s’opère, soit à l’aide demeules verticales tournant sur un plan horizontal, soitau moyen de meules horizontales comme celles em-ployées dans la monture des céréales. On fait égalementusage de cylindres cannelés en fonte pouvant se rappro-cher ou s’écarter à volonté suivant la grosseur qu’onveut donner an noir animal ; ce dernier appareil est leplus généralement employé. Le noir broyé est passé aublutoir pour séparer les grains de la folle farine et desparties mal broyées. Le noir en grains et en pou-dre est mis dans des sacs et expédié aux consomma-teurs.
Le noir en poudre ne peut servir qu’une fois au raffinagedu sucre, apres quoi il est utilisé comme engrais dans l’a-griculture. Le noir en grains peut servir presque indé-finiment eu subissant de temps en temps une revivifi-cation.
La revivification du charbon animal qui a servi s’o-père de plusieurs manières : on emploie la fermentation,le lavage et, en dernier lieu, la calcination. Le noir misen tas fermente rapidement, le sucre qu’il renferme setransforme en alcool, puis en vinaigre, qui dissout lecarbonate de chaux contenu dans le noir, quelquefoismême, surtout dans la fabrication du sucre indigène, laquantité de carbonate de chaux est assez grande pournécessiter des lavages à l’acide hydrochlorique étendu,marquant 2° B, puis on lave quatre fois à l’eau pure,après quoi ou calcine.
Si le noir ne renferme pas beaucoup de sels calcaires,on se cqntente de le laver à l’eau avant de le calciner ;quelquefois même, pour une première et une deuxièmerevivification, on se contente de calciner directe-ment.
La calcination du noir animal détruit les matièresorganiques qu’il contient; l’appareil qui réussit le mieuxpour cette opération est celui de M. Derosne; il con-siste en un cylindre en tôle tournant sur un axe et ayant
4 mètres de longueur sur 0*,60 de diamètre. Un hommeimprime à cet appareil un mouvement de rotation trèslent; le noir s’engage à l’aide d’un pas de vis le for-çant à entrer par le côté le plus élevé du cylindre quiest incliné. Le noir parcourt toute la longueur de l’ap-pareil qui est disposé sur un four ayant deux foyers ;arrivé au tiers de sa course, le noir est desséclié;da»sle reste du cylindre , il est porté au rouge sombre. Onpeut apprécier la température du noir à l’aide d'un bou-chon de paille sur lequel on en fait tomber un peu ; lapaille doit seulement être roussie, mais non enflammée.Le noir en tombant est reçu dans un étouffoir. A l’aidede cet appareil la revivification de 400 kilogr. de noirrevient à 4 franc, tandis que la fabrication d’une mêmequantité de noir neuf coûte 20 francs.
On a tenté aussi pour revivifier le noir, l’emploi d’unappareil nommé culotte en raison do sa forme ; il estcomposé de neuf cylindres en fonte de 4 mètres de hau-teur sur 0",4 2 de diamètre, et bifurqués à leur partie inférieure ; un seul foyer sert à chauffer ccs neuf tubescontenus dans un même fourneau; chaque tube de labifurcation de ces tuyaux se ferme par une tirette qu’onouvre quand la calcination est assez avancée. Malheu-reusement les tuyaux en fonte s’usent rapidement, aussia-t-on cherché à remplacer ce système par une espècede haut-fourneau en briques de 5 mètres de hauteur sur2 mètres de large et qui doune un noir bien revivifié.Dans tous ces appareils un même défaut existe, c'estcelui de calciner à blanc une partie du noir
Un procédé à l’abri de ce reproche est celui imaginépar MM. Thomas et Laurens; il consiste à soumettre lenoir à l’action directe de la vapeur à 3 atmosphères,mais chauffée dans un serpentin eii fer à une très hautetempérature. La revivification qu’on produit à l'aide dece procédé se fait parfaitement et ne donne aucun dé-chet. Malheureusement les appareils de ces messieurssont sujets à des explosions, même quand on a eu soinde les garnir d’une soupape de sûreté, car si la vapeurest trop chauffée, l’eau peut se décomposer en présencedu fer, et l’hydrogène arrivant dans l’appareil où se metle noir peut y former un mélange explosif qui, tropchauffé, s'enflamme* en détruisant l’appareil
La propriété décolorante des noirs s’essaie au moyend’une dissolution de caramel ; plus la décoloration estcomplète, plus le noir est décolorant. M. Payen a ima-giné pour l’essai des noirs du commerce un appareiltrès ingénieux nommé décolorimètre (voyez sucre).
NOIR ANIMALI5É. Voyez engrais.
NOIR DE FUMEE. Le noir de fumée se prépare,dans les Landes , en brûlant des matières résineuses,dans une chambre de bois de sapin, tapissée de grossestoiles. On place ces matières dans des pots en terre oudes marmites en fonte ; on y met le feu, et on tient lachambre fermée tant que dure la combustion. Cettecombustion, qui est et doit être très imparfaite, produitune fumée épaisse qui, en passant à travers les toiles,dépose sur celles-ci le noir de fumée que l'on enlèvede temps en temps. On le prépare aussi par lacombustion incomplète des goudrons de bois et dehouille.
NOIR D’IMPRESSION. On l’obtient dans la prépa-ration du bleu de P&USSE, par l’action des alcalissur le sang, la corne, ou d’autres substances ani-males.
NOIR D'IVOIRE. Ce noir se prépare par la calci-nation des éclats d’ivoire. Les qualités inférieures sontobtenues avec des os de choix. On le broie à l’eauet on le réduit en pains que l’on fait sécher à l’é-tuve.
NOIR DE LAMPE. Ce noir s'obtient en brûlantdes huiles dans des quinquets à becs simples que l’onplace au-dessous d’une plaque de métal, laquelle se re-couvre bientôt d’une couche assez épaisse d’un charbou