OLÉOMÈTRE.
OLÉOMÈTRE.
Soit 25° trouvés pour uuo huile d’olive, on dit :
25X2 = 50,
c’est-à-dire que l’huile essayée contient 50 p. 100d'huile étrangère.
Lorsque la température, au moment où l’on opère,est supérieure à -(- 12°5, il faut faire une correctiond’nprès ce principe, constaté par M. Gobley, que leshuiles d’olive et d’œillette se dilatent de 3°6 par cha-que degré de l’échelle centigrade. On déduit donc dndegré trouvé à l’élnïomètre 3"6 autant de fois qu’il y ade'degrés entre -J- 12°5 et la température à laquelle onopère.
Soit, par exemple, de l’huile d’olive marquant 63°5,à la température de -f-16”25 : on diminuera 3°6 mul-tiplié par 3,75, ou 13"5 du nombre 63°5 :
63°5 — (3°6 X 3,75) = 50.
Mais si, au lieu de marquer 63°5, l’huile essayée mar-quait 54°5, on obtiendrait alors 41 :
54-5 — (3-6x3,75) = 41.
On serait certain, dans ce cas, que l'huile a été mé-langée, et en se reportant au tableau, ou multipliantpar 2 le nombre 9, qui est la différence entre 41 et 50,on reconnaîtrait que l’huile en question contient 18 p.100 d’huile d’œillette.
Lorsque la température de l’huile, au moment del’expérience, est inférieure à -+- 12°5, il faut alors ajou-ter au degré trouvé autant de fois 3°6 qu’il y a de de-grés de température en moins.
Il se présente dans l’essai une difficulté pour les huilesd'olive obtenues par fermentation. Ces huiles marquentde 54 à 56° à l’élaïomètre, de sorte qu’on pourrait leurajouter de l’huile d’œillette de manière à amener leurdensité à celle de l’huile d’olive d6 bonne qualité. Maisles huiles d’olive obtenues par fermentation ont unesaveur désagréable que l’addition de l’huile blanche nefait qu’augmenter. 11 faut donc toujours goûter l’huiled’olive avant de l’essayer, et la rejeter si elle présenteun arrrière-goût de moisi, d’huile chauffée, ou si ellelaisse à la gorge un sentiment d’âcreté, car l’huile d’o-live pure possède une saveur douce qui n’est nullementdésagréable.
Un autre inconvénient de l’élaïomètre, c’est qu’ilpeut faire envisager une huile d’olive comme fraudéepar l'huile blanche, alors qu’elle n’en contient pas ; ilsuffit qu’elle soit rance pour peser davantage ; dans cecas, elle indique à l’élaïomètre un degré inférieur à 50°.11 faut donc encore, en raison de cette circonstance,s’assurer par le goût et par un papier humide de tour-nesol que l’huile n’a pas d’acidité.
L’huile d’amandes douces livrée par le commerce estsouvent mêlée d'huile d’œillette, et quelquefois elle encontient plus de la moitié de son poids. Dans ce cas, lacouleur blanche, la fluidité, l’odeur et la saveur parti-culière que lui communique l'huile blanche font facile-ment reconnaître la présence de celle-ci ; mais il n’enest pas de même lorsque la proportion d’huile blancheest peu considérable ; cette fraude devient alors trèsdifficile à constater. On peut y arriver, toutefois, àl’aide de l’élaïomètre.
M. Gobley a constaté que l’huile d’amandes doucespure et récente marque à l’élaïomètre 38° à -J- 12°5mélangée de 25 p. 101) d'huile d’œillette 28"5 —
_ 50 — — 19° —
Comme cette huile se dilate de 3°6 pour chaque degréde l’échelle centigrade, ou corrige le degré apparent dela même manière que pour l’huile d’olive, lorsqu’onopère au-dessus ou au-dessous de -)■ 12°5.
Lorsque l’huile d’amandes douces est ancienne, ellemarque au-dessous de 38°. 11 suffit de la goûter avanttout essai, et de la rejeter si elle laisse à la gorge unsentiment d’âcreté.
Précautions à oblerrer dans l'emploi des oléomilres.Toutes les fois qu’on fait usage d’un oléomètre, quelqu’il soit, il y a certaines précautions à observer afind’arriver à la plus grande exactitude possible. Ainsi :
1 ° Comme les huiles sont des liquides très dilatablespar la chaleur, et que les oléomètres sont très sensibles,il faut apporter la plus grande attention dans l’examende la température et dans l’examen du degré que donnel'iustrument, autrement on serait facilement induit enerreur ;
2° Il faut que la tige de l’instrument soit mouilléed'huile; aussi lorsqu’on l’introduit dans cette dernière,on doit avoir le soin de le plonger jusqu’au bas de latige, de le retirer et de le plonger de nouveau ; alorson le laisse s’enfoncer de lui-même, et on veille à cequ’il occupe le centre et qu’il ne touche pas les paroisde l'éprouvette à pied dans laquelle on fait l’essai ;
3” Pour vaincre la résistance de l’huile, il convient,lorsque l’instrument a cessé de descendre, de lo faireplonger d’un degré seulement, en appuyant légèrementavec le doigt sur l’extrémité de la tige ; s’il reste à cedegré sans remonter, on le fait plonger d’un seconddegré ; alors il remonte ;
4° Quand l’instrument est bien fixé à son point d’af-fleurement, on regarde le degré qu’il marque ; mais ilfaut lire, non pas le degré qui se trouve au sommet dela courbe que forme le liquide contre la paroi de l’ins-trument, mais au-dessous, au niveau réel du liquide ;
5° L’instrument doit être essuyé avec soin aprèschaque opération, sans quoi les matières qui resteraientà sa surface, augmentant son poids, le rendraientmoins juste, inconvénient d'autant plus marqué quel’instrument est par lui-même très sensible. Le lingedont on se sert doit être fin et souple, car si l’on seservait d’une grosse toile on essuierait mal l’instru-ment, et on s’exposerait même à le casser ;
6° L’huile doit être versée dans l’éprouvette à piedde manière à ne pas former de bulles, qui empêche-raient de voir nettement le point d’affleurement. Ilfaut, pour cela, incliner légèrement l’éprouvette et ver-ser doucement l’huile sur sa paroi même ;
7° Quant aux thermomètres à employer, il est ab-solument indispensable d’en apprécier la justesse avantd’en faire usage; il suffit, pour cela, de les plongerdans la glace fondante; ils doivent marquer zéro.
OLIVIER. L’olivier est un arbre ne pouvant mûrirque dans l'extrême midi de la France , encore noprend-il pas un développement comparable à celui qu’ilprend en Orient, et les gelées viennent de temps à au-tre causer des pertes considérables. Apporté en Pro-vence par les Phocéens, lors de la fondation de Mar-seille , il a produit un assez grand nombre de variétésqui se distinguent par l’aspect des fruits et surtout laqualité comestible des huiles qu’on en retire.
Voici les principales variétés :
1° Olivier sauvage, dû à la dissémination des grainesdes variétés cultivées, sert à greffer ces derniers;
2° Olivier à petit fruit panaché, mûrit tard et fournitde très bonne huile ;
3° Olivier à fruit blanc, mûrit tard;
4° Olicier à petit fruit long, olivier pécholin, fruits àconfire;
5° Olivier pleureur, olivier de Grasse , très fécond, trèsbonne huile;
6° Olivier à bec, tirant son nom de la forme de sonfruit, qui donne une huile abondante et très fine ;
7° Olivier caillet blanc, qui fournit beaucoup d’huileet dont la récolte manque rarement ;
8° Olivier royal, dont la récolte est assez régulièremais peu productive ;
9° Olivier à fruit arrondi, ses fruits sont plus grosque les autres, et l’huile est de première qualité j