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ORFEVRERIE .

La description de la mise en œuvre que nous venonsde détailler, n’avait encore été donnée dans aucun ou-vrage. Elle est relative à la monture à jour, celle quisurtout est du ressort du joaillier proprement dit. L’an-cienne Encyclopédie et les dictionnaires technologiquesqui ont paru successivement, se sont bornés à décrire lamonture des roses, ou des autres pierres enchâsséesdans le chaton d’une bague. Or, cette opération n’estpas plus du ressort du joaillier que du bijoutier; c’estune opération qui se fait dans les deux professions.Nous n’en dirons que quelques mots, qui suffiront, aprèstous les détails que nous venons de donner sur la mon-ture des brillants par le joaillier, pour faire comprendreen quoi elle consiste.

Lorsque la pierre qu’il s’agit de monter sur la bagueest un diamant, la sertissure doit être en argent; elle esten or pour toutes les pierres de couleur. L’ouvrier prenddone un fil d’argent ou d'or, selon le cas ; il le contournede manière à pouvoir entourer la pierre. Il prend ensuiteune plaque d’ur mince, il l’emboutit sur le dé à emboutirà l’aide de la bouterolle. Cette opération terminée, il enlime la surface et il ajuste le fil qu’il soude à la lampe.Il obtient ainsi l’assemblage qu'on nomme chaton. Lechaton est à son tour soudé aux deux bouts de l’an-neau d’or préparé à l’avance, selon la grosseur du doigt.La bague est maintenant préparée pour la sertissurede la pierre. Elle est par conséquent mise en ciment,tandis que la pierre est mise en cire, ainsi que nous l'a-vons expliqué plus haut. Ici se place une opérationdont nous n'avons pas eu occasion de parler, dans le casdes montures à jour. Lorsque le chaton est bien pré-paré, l’ouvrier met la poigne* de bois dans la boule à ser -tir et couvre le fond du chaton de noir d’ivoire, prove-nant d’ivoire brûlé. Ce noir est broyé aussi fin quepossible à Veau , et délayé dans une eau légèrementgommée La façon de l’employer dépend de l’artiste etde la nature des pierres dont il s’agit de faire valoir labeauté. L’artiste place sur le noir, dans la cavité duchaton, lorsqu’il s’agit du diamant ou de pierres blan-ches, une feuille d’argent battue, extrêmement mince etbrunie avec beaucoup de soin, d’un brun très doux ettrès vif. Cette feuille doit être découpée de manière à ceque les jointures correspondent aux angles de la pierre ;on y pratique un trou à la partie qui sera en contactavec la pointe de la table du dessous du diamant. Cetrou, qui ne doit pas excéder cette table, laisse à décou-vert le noir d’ivoire qui donne un plus beau reflet à lapierre. Quelquefois, au lieu de ce trou, ou peint uneétoile noire sur la feuille d'argent. Sous les diamantsjaunes, il est bien de colorer en bleu la feuille d’argent ;la couleur de la pierre qui est un défaut, semble ainside beaucoup diminuée. Si l’on monte des pierres decouleur, la feuille placée dans le chaton doit être brunieégalement, et colorée comme la pierre; on ne prati-que pas de point noir dans la table inférieure. Toutes cesopérations terminées, on ajuste la pierre dans l’œuvreavec une échoppe, on la sertit , la découvre, etc. '

SECTION II. — DE LA BIJOUTERIE.

La bijouterie est l’art de fabriquer en or de petitsouvrages curieux ou précieux, que l’on nomme bijoux,et qui en général servent à la parure des personnes. Labijouterie n’emploie qu’exceptionncllement l’argent,tandis que la joaillerie emploie surtout ce métal. Lespierres précieuses de couleur, les émaux et les nielles,sont constamment employés par le bijoutier, qui saitmarier la couleur de l'or aux effets si variés de ces auxi-liaires charmants et précieux. Le bijou doit avoir unegrande valeur, non pas seulement à cause de la matièrerare et précieuse dont il est composé, mais surtout parl’arrangement de cette matière, parle goût, la fantaisie,et par la signification emblématique de cet arrange-ment. On ne demande pas autant aux joyaux dont la

ORFÈVRERIE .

légèreté gracieuse, la frivolité éclatante, sont les prin-cipaux attributs.

§ 4. De l’or employé en bijouterie. — L’or arrive enlingots dans l’atelier du bijoutier; ces lingots sont à4 000 millièmes ou environ (24 karats) ; c’est de l’or fin.Le bijoutier commence par en faire des alliages, soitaux trois titres légaux actuels, qui ont déjà été donnésau mot bijoutier-joaillier, soit aux différentes cou-leurs dont l’emploi est usité dans son art.

L’or ou haut titre est le premier titre légal actuel,920 millièmes ou 22 karats 4 /32 et 4 /2 ; ce titre estplus spécialement employé dans l’orfèvrerie.

L’or ou titre est l’or à 840 millièmes ou 20 karats5/32 et 4 /2, autrefois20 karats seulement ou 833,33 mil-lièmes.

L’or commun est l’or à 750 millièmes ou 48 karats.

Les tolérances sont de 3 millièmes.

L’or ba* est l’or au-dessous de 750 millièmes ; depuis500 jusqu’à 750.

Pour que l’or puisse être facilement travaillé, il fautque l’alliage soit parfaitement homogène; le bijoutier nel’obtient à cet état qu’après plusieurs fontes successives.L’alliage bien fait ne doit donner ni grenures ni ger-çures sous l’action du marteau à la forge, ou entre lescylindres du laminoir. Quand l’alliage est mal fait, ondit que l’or est aigre; on l’adoucit par une nouvellefonte en présence du borax et du salpêtre. Les fusionsse font dans des creusets de Paris , au milieu d’un bonfeu de charbon de bois.

Les couleurs de l’or usitées dans la bijouterie sont lessuivantes :

Or jaune : or fin.

Or rouge : or fin, 750 ; cuivre rosette, 250.

Or vert : or fin, 750 ; argent, 250.

Or feuille morte : or fin, 700 ; argent, 300.

Or vert d'eau : or fin, 600 ; argent, 400.

Or blanc : or dont la couleur est adoucie par unequantité d’argent de plus eu plus considérable.

Or bleu : or fin, 750 ; fer, 250. Cet alliage est diffi-cile à préparer; on l'obtient en plaçant le fer en grosfil au centre de l’or fondu, et retirant aussitôt que l’al-liage est fait. L’alliage étant fait, on le coule ; il ne doitpas être poreux. Ou le forge et on le réduit en lames ouen fils de différentes épaisseurs.

Le bijoutier fait fondre également les alliages quiconstituent les soudures. Ce sont des alliages plus fu-sibles que le métal employé pai le bijou. Il en faut parconséquent de plusieurs sortes à cause des différents al-liages d’or employés, et aussi à cause de la successiondes soudures, dont les unes sont faites après les autres.La soudure étant composée (voir le mot bijoutier-joaillier), on la bat bien mince et on la coupe en trèspetits morceaux ou paillettes, qu’en terme du métier onappelle paillons.

§ 2. Diverses catégories de bijouterie. — Il y a ungrand nombre de distinctions à établir entre les bijoux,soit d’après leur destination, soit d’après leur fabrica-tion. D’abord le bijou, au sortir de la main de l’ouvrier,est simplement livré au polisseur, ou bien il est mis encouleur, c’est-à-dire jauni, c’est-à-dire encore soumis »une opération qui enlève l’alliage à la surface du bijou,et par conséquent lui donne l’apparence de l’or fin. Lesbijoux peuvent être unis, polis, gravés ou ciselés, oubien encore, unis, bruni* ou mats , avec ciselures ou gra-vures. Enfin les bijoux peuvent être pleins ou creux, ouen filigrane; fondus ou estampés; faits à la main trisforts, c’est-à-dire fabriqués sans le secours des moyensmécaniques, ou bien faits d’après des matrices, c’est-à-dire n’être que des copies des bijoux plus précieux faitsd’abord à la main.

Nous considérerons trois catégories dans la bijouterieproprement dite :

I. Nous mettrons en première ligne la bijouterie