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ORFÈVRERIE.

ORFEVRERIE .

d'art, qui remonte au temps de Benvcnuto-Cellini, etla seule qui ait réellement quelque analogie avec Vor-fèvrerie. Elle se travaille effectivement par des procédéspresque identiques à ceux employés par l’orfèvrerie.La bijouterie d’art produit la classe des bijoux les plusriches, et ceux dont la fabrication offre le plus de diffi-cultés; ce sont les couronnes, les vases destinés auxusages sacrés ou profanes, les épées, les poignards, lescoffrets, les riches tabatières, etc., etc., ornés despierres les plus précieuses et des émaux les plus beaux.

II. Lu bijouterie proprement dite ou de riche fantaisieproduit les objets faite à la main tels que : les diadèmes,les peignes, les colliers, les bracelets, les broches, lesépingles riches, les boucles d’oreilles, les chaînes, etc.,qu'elle enrichit ordinairement dé pierres précieuses et.d’émaux. Tandis que la bijouterie d’art satisfait en quel-que sorte au besoin, ne produit aucun objet qui n’aitune fonction à remplir, soit pour marquer les rangs hié-rarchiques (couronnes et décorations), soit pour servira la défense personnelle (épées, poignards), soit pour sa-tisfaire un goût, une habitude (tabatières), la branche dela bijouterie dont nous parlons s’attache surtout à com-bler les fantaisies les plus futiles.

La bijouterie de fantaisie se fait à grands frais. L’ar-tiste ne fabriquant presque jamais deux pièces sembla-bles, on n’a point recours aux moyens mécaniques pourobtenir un bijou destiné d’ailleurs à des personnes occu-pant un rang élevé dans la hiérarchie sociale, et étantpar conséquent en état de défrayer l’artiste de ses soins ;aussi ne néglige-t-on rien pour rendre cette bijouterieaussi parfaite que possiblo. Elle remonte aux siècles deLouis XIII et de Louis XIV ; mais alors elle était l’or-nement exclusif des dames de la cour, et encore s’enfaisait-il fort peu. Les orfèvres se chargeaient alors detravailler ces sortes de bijoux. Depuis cette époque, eusuivant toutes les phases et toutes les modifications deta mode, en se perfectionnant aussi avec les progrès desarts et de l’industrie, en se multipliant par suite de ladiffusion de l’instruction et du raffinement de la civili-sation, les bijoux riches sont arrivés à constituer unebrauche importante de l’industrie française, qui sait lemieux satisfaire les goûts et les fantaisies gracieuses.

III. La haute bijouterie de fantaisie a engendré denos jours la bijouterie de consommation, dont les pro-duits sont devenus nécessaires aux classes moyennesde la société qui éprouvent des besoins presque aussiraffinés que les classes supérieures, sans que leurrichesse soit suffisante pour leur permettre de payerchèrement leurs fantaisies.

La bijouterie de consommation fait les mêmes objetsque la bijouterie de haute fantaisie; elle produit laplupart, on pourrait presque dire tous les bijoux qui setrouvent dans le commerce. C’est, par conséquent, cellequi occupe le plus grand nombre d’ouvriers dans Paris ,où se fout les bijoux doat lés formes sont les plusvariées, dont le? dessins sont les plus coquets. Cettebijouterie plaît généralement, parce qu’elle est aussijolie que la haute bijouterie de fantaisie, parce qu’ellefait presque autant d’effet et qu’elle est infiniment meil-leur marché. La différence des prix provient de l’em-ploi des moyens mécaniques dans la bijouterie de con-sommation qui se fait à l’aide de poinçons et de matrices.Le principal désavantage qu’elle ait sur la première,c’est de ne pas livrer des produits possédés uniquementpar l’acheteur. Du reste, ce n’est pas eu France que sefuit, en quelque sorte, la prostitution d’un modèle. Nosbijoutiers ne vendeut pas un grand nombre de bijouxde même forme. Les Allemands, et surtout les Gené-vois, se chargent du soin lucratif de vulgariser les nou-veaux modèles produits par la bijouterie parisienne .Ils font, du reste, un choix parmi ses produits ; ilschoisissent non pas les plus beaux bijoux, mais seule-ment les plus faciles à copier et à exécuter. On ne

trouve ni à Genève, ni à Manheim nos très beaux mo-dèles ; et quant aux modèles simples qui sont repro-duits en grand nombre, on peut voir qu’ils ont perdupresque toute leur grâce et leur légèreté. Ce n’est effectivement qu’aux dépens du bijou même que les contrefac-teurs peuvent atteindre un bon marché extrême. Aussicommence-t-on à comprendre généralement qu’il vautmieux s’adresser aux bijoutiers français qu’aux colpor-teurs des fabriques genévoises ou allemandes, dont lesproduits ont toujours une certaine ancienneté et portentun cachet de vulgarité imprimé par une mécaniquegrossièrement employée. Du,reste avec quelques per-fectionnements faciles k introduire dans la fabricationdu bijou commun, les bijoutiers français arriveraientvite à faire à aussi bon marché que les Genevois , et ilsferaient certainement beaucoup mieux. Quant aux Alle-mands , l’absence de la marque de leurs bijoux les a por-tés à fabriquer des bijoux à titre si bas que leur concur-rence, quoiqu’active encore, devient chaque jour moinsdangereuse. Les Anglais savent parfois produire debeaux bijoux ; mais, en général, ils se servent d’or àbas titre, et ils donnent, à des objets dont le mérite estla grâce et la légèreté, un aspect si lourd, si matériel,que les bijoux anglais ne plaisent guère qu’en Angle-terre et dans quelques-unes des colonies de la Grande-Bretagne, où les autres bijoux ne peuvent presque pasarriver à cause des droits élevés dont ils sont frappésà leur entrée.

Après les trois grandes catégories de bijoux dontnous venons de parler, nous parlerons de deux genresaccessoires, le plein et le creux, et nous décrirons lesprocédés de fabrication d’un genre extrêmement intéres-sant, du filigrane. Eufin nous terminerons ce qui con-cerne les bijoux, en parcourant succinctement la bijou-terie de coraily la bijou<eri« de deuil, la bijouterie enfaux , etc.

Afin de bien faire comprendre les divers procédés defabrication, nous ailons prendre un exemple dans cha-cun des grands genres dont nous venons de parler, etexpliquer comment s’obtiennent les différentes piècesqui composent chaque objet pris comme type ; il n’y a

que quelquesvariations fa-ciles à imagi-ner pour pas-ser d’un bijouà un autre.

§3. Bijoute-rie d'art. - Lafig. 2042 re-présente, àl’é-chelle \/b t lapoignée d’uneépée exécutéepour le géné-ral Mosque- ,ra, présidentde la républi-que de laNouvelle-Gre-nade , parMM. Rouve-nat, Cbris-tofle et O eVoici les pha-ses par les-quelles cettepiècedoitpas-serpour arri-ver à son en-tier achèvement. Le procédé de fabrication que nousallons décrire est applicable à toutes les pièces de bijou-terie ou d’orfèvrerie analogues.

2042.