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ORFEVRERIE .

ORFEVRERIE .

Modelage. Le dessin étant fait, on construit uneespèce de carcasse en gros fil de fer de la forme et desdimensions que doit avoir l’objet et que donne le dessin.On recouvre cette charpente de cire à modeler, et onmodèle ensuite d’après le dessin avec toute la perfec-tion possible. Ce travail d’artiste étant effectué, onlaisse sécher la cire durant quelques jours, afin qu’elledurcisse assez pour que les parties qui doivent êtremoulées puissent, sans courir le danger d’être écrasées,supporter cette opération.

En géuéral, on se sert du moulage pour fabriquer lesparties qui constituent l'ornementation ; dans la pièceactuelle, ces parties sont représentées parles lettres a,6, c, d, e, f t g, h, t, j, fc, l et m. Ce qui reste doit êtreexécuté par la bijouterie ; c’est la forme, l’ajusté, lapartie de précision de la pièce; un habile ouvrier peutseul en être chargé. Les parties moulées sont ajustées,soudées et enfin ciselées sur cette sorte d’édifice quiattend ses ornements et qui constitue l’objet simple,non orné.

Moulage. Le bijoutier fait porter chez le fondeurtoutes les parties destinées au moulage. Le fondeurprend l’empreinte dans du sable fin, et coule d’abord unmodèle en cuivre qu’il répare avec soin, afin de donnerà l’objet définitif une grande précision. Ce modèle de cui-vre sert à former le moule où l’or sera coulé ; ce secondmoulage est beaucoup pins parfait que le premier, parceqne le modèle ne peut pas s’écraser, comme le fait tou-jours la cire, quels que soient d’ailleurs les soius que l’onprenne. On répare les jets de la fonte, on cisèle cette foistoutes les parties fondues en or avec toute la perfectionpossible, et on les rapporte chez le bijoutier. Nous avonspassé sous silence toutes les précautions que prend lefondeur en or, parce qu’elles se trouvent décrites avecdétail à l’article foxdekie et au mot bijoutier-joaillier.

Pendant le moulage des ornements, le bijoutier afabriqué la pièce principale en suivant la marche quenous allons indiquer.

Soudage. Le milieu de la poignée, représenté par lalettre u, se fait en deux parties, formant chacune lamoitié de la pièce ; à l’aide d’un poinçon, on lenr donnela forme qu’elles doivent avoir. Le9 deux parties sontréunies à l’aide d’un fil de fer très fin dont on se sertpour les attacher, après avoir eu soiu de mettre sur lesbords intérieurs des petites parcelles ou paillons de sou-dure d’or forte au quart, de la dimension de deux milli-mètres carrés. Ces paillons sont déposés au moyen d’unpetit pinceau trempé dans du borax délayé à l’eau donton humecte toutes les parties que l’on veut souder..Après avoir fait sécher le borax au feu, on expose lapièce à la lampe en la plaçant sur une sorte de supporten fil de fer. A l’aide du chalumeau, on projette laflamme sur toutes les parties de la pièce, afin de l’é-ubauffer partout également. Lorsqu’elle a atteint unetempérature suffisamment rouge, on aperçoit la soudurequi de l’intérieur ressort à l’extérieur, vive et brillante,et qui coule dans toutes les jointures. On laisse la piècerefroidir avec précaution, car il est essentiel de ne pasla remuer tant que la soudure est en fusion. On enlèveensuite le fil de fer et l’on déroche.

Dérorhage. Le dérochage consiste à faire bouillir dansun boutoir, vase de cuivre rouge oblong muni d’unequeue, de l’acide sulfurique très éteudu d’eau, tandis quela pièce y est plongée. Le dérochage nettoie la pièce del’excès de borax.

Le pommeau o se fabrique par le procédé que nousvenons de décrire. Il s’ajuste dans la poignée au moyend’une douille ou virole, c’est-à-dire d’un petit cylindrecreux en or. La coquille P est une partie massive faited’un morceau d’or fort qu’on appelle plané , et qu’on a ob-tenu par le moyen du laminoir. Ce plané est découpé dela forme du dessin par les procédés qne nons avons dé-

crits plus haut en parlant de la joaillerie ; il est ensuitelégèrement embouti. Les ornements qui ne sont pointmoulés sont faits d’un morceau de lingot forgé, cou-tourné et soudé sur la coquille. La garde Qest égale-ment faite d’un morceau de lingot en or massif, forgé etlimé d’après le dessin. La partie supérieure du fourreauRest eutièrement fondue; elle est ensuite ciselée et ajus-tée comme les autres pièces. La partie transversale dela garde est également forgée et soudée.

Lorsque la pièce principale est faite, que la ciselnredes figures, des ornements divers, des armoiries, etc.,est terminée, on ajuste les parties moulées et on lessoude sur chacune des pièces où elles doivent être pla-cées. L’ouvrier vérifie avec attention toutes les soudu-res, tout l’ajusté de chaque partie, et lorsqu’on s’estassuré que rien ne manque, on fait dérocher le tout,et après le dérochage on met un moment à la forge pourfaire évaporer toute trace d’eau. On porte, en dernierressort, au ciseleur l’objet démonté en autaut de partiesqu’il a fallu en faire pour le travail fractionné. Le ci-seleur répare à la lime et cisèle les soudures.

Polissage. Les parties unies ont besoin d’être polies,afin que les traits de la lime puissent disparaître. Lepolissage, toujours effectué par des femmes , se fait dela manière suivante : On commence par adoucir lesirrégularités à l’aide d’une pierre douce d’ardoise biendivisée. On mouille souvent la pièce à l’aide d’uneéponge, afin de s’assurer que le travail se fait convena-blement. Ensuite, à l’aide d’un petit morceau de boisde fusain , on frotte sur les pièces avec de la ponce enpoudre fine délayée dans de l’huile de manière à formerune pâte liquide. Après ce premier travail, on dégraissel’ouvrage à l’aide de mie de pain rassis. Pour augmen-ter la beauté du poli, on se sert d’un charbon allongémince, en bois de fusain, et ou frotte avec de l’eau.Enfin, on frotte encore à l’aide d’un bois revêtu de drapavec du tripoli de Venise . Ce second travail achevé, onnettoie de nouveau ; ce second nettoyage est bien essen-tiel, car si on laissait du tripoli sur les pièces on ris-querait d’être obligé de recommencer tout le travail.On termine le polissage par ce que l’on appelle le passéau rouge. On se sert pour cela de rouge à polir, obtenupar la calcinatiou du sous-sulfate de fer que l’on étendavec un peu d’eau sur un morceau de liège. On savonneensuite au savon blanc ; on nettoie les objets dans l’eauchaude et on les fait sécher dans de la sciure de bois fineet chaude. On essuie avec une mousseline très fine, puisavec une brosse douce à longs poils préparée au rougesec, on donne le dernier coup de vif en passant cettebrosse deux ou trois fois sur les pièces ; c’est ce que l’onappelle aviver.

Lorsque l’on veut polir l’intérieur d’un trou, d’unesertissure, d’une bague, etc., on se sert <fun écheveaude fil plus ou moins gros, selon la grandeur du trou. Onfrotte avec ce fil qui est imprégné des ingrédients quonous venons de décrire ; et on arrive ainsi à obtenir unpoli d’un éclat éblouissant. C’est le polissage que nousavons indiqué plus haut eu parlant de la joaillerie.

Mise en couleur. Quand une pièce est destinée à êtremise en couleur, c’est-à-dire que l’on veut lui donnerl’aspect de l’or fin, et non pas conserver l’or de couleurqui est la conséquence de l’alliage, on la recouvre en-tièrement de borax en poudre délayé dans l’eau, aprèsqu’on a préparé les parties unies comme nous venons dele dire. On la fait ainsi recuire au feu de charbon oubien au chalumeau, selon son importance, afin d’en en-lever toutes les parties grasses. On déroche ensuitecomme nous l’avons déjà expliqué. Apres s’être assuréque toutes les parties sont suffisamment propres, on pro-cède à la mise en couleur.

On fait un mélange de sel ordinaire, de salpêtre etd’alun ; on y ajoute une certaine quantité d’eau ; onplace sur le feu, et on attend que ces ingrédients soient