ORFÈVRERIE.
fondus et forment une sorte de bouillon de couleurjaune. Alors on y verse une quantité d’acide hydro-cblorique plus ou moins grande selon le poids des bi-joux; puis, à l’aide d’une baguette de verre formantcrochet à une de ses extrémités, on plonge rapidementdans le liquide les pièces attachées ensemble de manièreà former un petit paquet avec de l’or vert en fil très fin,ou avec du fil de platine, ce qui est préférable, parceque ce dernier métal ne s’altère pas, tandis que l’autreest toujours rongé au bout de fort peu de temps. On re-tire de temps en temps le paquet de la sauce et on letrempe à chaque fois dans un vase plein d’eau chaude,afin de pouvoir observer les modifications de couleurque prend l'or. Quand ou juge qu’il est arrivé à son der-nier degré de pureté, ce qui exige de cinq à dix minu-tes, on retire les pièces et on les fait bien sécher dansde la sciure de bois chaude. Si l’opération a été bienfaite, les pièces sortent delà sciure avec une teinte d’unjaune d’or fin éblouissant, car cette mise en couleur estun corrosif puissant qui enlève toutes les parties d’al-liage d’argent et de cuivre qui se trouvent à la surface,et l’or fin parait alors seul dans toute sa richesse ettoute sa pureté.
Cette opération, quelque simple qu’elle paraisse, estun écueil contre lequel vient se briser la fortune d’ungrand nombre de fabricants qui ne peuvent parvenir àbien mettre en couleur. La plus légère inadvertance faitmanquer l’opération, et le bijou, au lieu d’atteindre lacouleur vive et jaune de l’or fin, prend une teinte terneet grisâtre à laquelle eu donne le nom de couleur deterre à poile. Personne ne veut du bijou amené à cetétat, et le bijoutier, non seulement met un retard consi-dérable à effectuer sa livraison, mais encore il fait uneperte ruineuse en façon payée inutilement aux ou-vriers et en déchets causés par les différentes manipula-tions que nous venons d’expliquer.
L’or à bas titre vient très mal en couleur j l’aspectseul qu’il prend suffit à un œil exercé pour le faire re-connaître.
La mise en couleur des bijoux d’or diffère essentiellemeut, comme ou voit, de celle que nous avons indiquéeà l’article dorure pour les bijoux faux et les bronzesdorés ; celle-ci augmente le poids des objets, tandis quecelle-là le diminue.
Assemblage. L’assemblage des pièces principales dont6e compose un bijou considérable, comme l’épée quenous avons prise pour type, se fait maintenant à l’étain ;il ne présente aucune difficulté. Les petits bijoux sonttout montés avant le polissage et la mise eu couleur.
§ 4. Haute bijouterie de fantaisie . — Les détailsdans lesquels nous venons d’entrer nous permettrontde nous étendre beaucoup moins dans les explicationsqu’il nous reste à donner.
La fig. 2043 représente un bracelet que nous pou-vons prendre pour type de bijouterie de haute fantaisie.Il se fabrique à grands frais parce qu’on le fait seul, etque ce n’est qu’après son entier achèvement qu’on peutfaire une ou plusieurs matrices pour le reproduire mé-caniquement, et par conséquent à meilleur marché, enle reproduisant un grand nombre de fois comme bijoude consommation.
A, est une partie plane légèrement arrondie dans lesens de sa longueur afin de prendre la forme du bras.Cette pièce est faite de bâtes, c’est-à-dire que pour l’ob-tenir on prend un fil d’or carré qu’on lamine jusqu’àl’épaisseur d’un quart de millimètre et la largeur de2millimèt. environ. On contourne la feuille en mettantde champ la partie mince et lui donnant la forme exté-rieure B (fig. 2044). On en fait autant avec un secondfil plus court que l’on lamine et contourne d’après laforme intérieure C (fig. 2045), et ou réunit respective-ment leurs extrémités par la soudure au quart. Lesdeux minces cercles d’or obtenus soat placés perpen-