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ORFEVRERIE .

ORFEVRERIE .

diculairement sur un fond d’or laminé de l'épaisseurd'un sixième de millimètre, mais de largeur telle que lesbâtes conservent entre elles la largeur de la pièce A,quand elles seront soudées sur ce fond. Alors, à l’aided’une petite scie et après avoir fait un petit trou ouplané pour pouvoir l’y introduire, on reperce la partieintérieure en suivant le contour de la bâte. On obtientainsi la pièce D (6g. 2046) à laquelle on met un secondfond appuyé sur le premier. Cela donne une pièce près*que carrée dans tous les sens, mais cependant pluslarge qu’épaisse. On fait un travail semblable pour lespièces E (fig. 2047 et 2048) qui doivent terminer la

pièce du milieu, l’ornement capital du bracelet, et dontles retours F (fig. 2049) sont soudés après avoir étéfabriqués d’une manière analogue. C’est aussi de cettefaçon que s’obtiennent les pièces G (fig. 2043 et 2050)qui constituent .les ornements secondaires du bijou. Lesparties H (fig. 2043 et 2051) sont des fils d’or pleins,contournés en forme de 8 et constituant la chaîne du

2049. 2050. 2051.

bracelet ; elles sont, réunies aux pièces A et G par unecharnière * (fig. 2052) qui permet l’exécution du mou-vement qu’on veut imprimer, soit pour fermer le bra-celet, lorsqu’il est placé sur le bras, soit pour l’ouvrir,quand on veut le quitter. Les deux extrémités du bijousont réunies par le moyen d’un fermoir qu’on appellecliquet. C’est une partie K (fig. 2053) formée d’an mor-ceau de plané découpé de la forme du dessin, sur lequelon soude une petite pièce, qti’on appelle pièce de pêne,parce que pour ouvrir le bracelet on appuie sur le pêne :a cet effet, la pièce K entre dans une pièce creuse L,(fig. 2043 et 2054) et par le moyen du ressort que

2052. 2053.

2054.

fait le cliquet, elle ne peut se détacher que si on appuiesur la pièce de pêne K. Les cercles ronds et ovales m(fig. 2043), sont de petites pièces laminées et contour-nées qu’on appelle sertit sures, et qui sont destinées à

recevoir les pierres. Elles doivent être faites en or plusductile que celui du reste du bracelet, c’est-à-dire que,quoiqu’au même titre, elles doivent être en or allié ex-clusivement avec de l’argent fin. Quand les pierres ontde la valeur, ces sertissures sont en or tin, parce que letravail est plus facile pour le sertisseur, ouvrier qui nefait que sertir et qui exerce ainsi une profession parti-culière. L’emploi d’un or moins ductile pourrait occa-sionner souvent la cassure de la pierre qu’on veutmonter. Lorsque l’ouvrier a exécuté séparément lespièces dont nous venons de donner le détail, il les réu-nit en se guidant sur le dessin (fig. 2043).

Le travail du bijoutier proprement dit, est alors ter-miné, mais le bijou est loin d’être fini; il faut qu’ilpasse entre les mains du graveur, du ciseleur, du ser-tisseur, du guillocheur, de l’émailleur. En outre, si lebijou est ce que l’on appelle en or anglais , c’est-à-diresi on veut lui laisser la couleur de l’alliage, on le donneà la polisseuse. S’il doit être mis en couleur , on lui faitsubir l’opération que nous avons déjà décrite.

On doit concevoir combien est compliqué le travaild’un bijou, car toutes les opérations dont nous avonsparlé sont quelquefois faites sur la même pièce, et lebijou passe dans autant de mains que nous venons d’in-diquer de professions différentes. Nous avons passé ra-pidement sur les travaux mentionnés, parce que toutesles opérations se font comme nous l’avons dit au para-graphe 3; pour les soudures, on prend seulement uneprécaution, c’est de préserver, au moyen d’une couched’ocre jaune, les parties faibles et les premières sou-dures contre l’action trop forte de la flamme. Avant lasoudure, le bijoutier attache les pièces avec du fil defer fin, et fait les petites soudures au chalumeau, sansquitter son établi, en mettant les objets sur un morceaude charbon.

§ 5. Bijouterie de consommation d bon marché.- — Il estfacile de comprendre qu’en fabriquant des poinçons etdes matrices qui représentent les différentes pièces debijoux que nous venons de prendre pour exemple, et ense servant des procédés d'estampage dont nous parleronsplus loin au chapitre du plaqué, on pourra reproduire àbon marché un bijou très cher. On obtiendra, en effet,en un instant, chacun des ornements détaillés plus haut,et même souvent de très grandes pièces, telles que laplaque du milieu (fig. 2043), par exemple. En réparantles pièces avec soin, les montant avec précision et sur-tout en se servant de matrices parfaitement gravées, onpeut obtenir des bijoux comparables au type primitif,quoiqu’ils ne demandent pas la centième partie de lafaçon qu’il a exigée. Mais ces conditions se rencontrentraremeut, et d’ailleurs on estampe à si faible épaisseur,les bijoux offrent si peu de résistance que, sous le pointde vue de l’art, l’invention des procédés mécaniques estplutôt une calamité qu’un bienfait. Malgré tous lesefforts de nos artistes, notre siècle se ressentira de cettefaiblesse à laquelle le condamne une concurrence illi-mitée ; il ne laissera guère d’Æuvre capitale digne d'exciter l’enthousiasme ou l’admiration des siècles futurs;nos bijoux sont rarement constitués pour une lon-gue vie.

§ 6. Bijouterie en plein. — Cette dénomination, teplein , sert à désigner un genre de bijouterie dont lafabrication est actuellement fort restreinte. Elle con-siste à faire, en fil d’or rond ou carré, les anneaux,les alliances, les porte-mousquetons, les anneaux bri-sés, etc., etc. Cette bijouterie se fait massive, polie ouen couleur, selon.la mode , mais presque toujours sansgravure ni ciselure. Quelques ouvriers seulement s’oc-cupent de cette fabrication.

L’usage du bijou plein remonte à la plus liante anti-quité. Les Grecs, les Romains, les Maures, les Mexi-cains, les Indiens s’en servaient pour leur parure. Leplus souvent, ainsi que nous pouvons nous en rendre