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ORFEVRERIE »

ORFÈVRERIE.

Los Chinois, au contraire, savent le fabriquer depuisbien des siècles avec une rare perfection. Le travail ma-tériel ne laisse rieu à désirer ; les soudures sont par-faites, et ce n’est pas un petit mérite, car le bijou enfiligranes présente beaucoup de difficultés sous ce rap-port ; sa légèreté est si extraordinaire, que c’est à peineai de nos jours on peut en approcher. Malheureusementtous les bijoux chinois pèchent essentiellement par laforme, par l’ornementation, par le goût. Les Génoisexécutent aussi d’une manière remarquable, sous lerapport du travail matériel, les bijoux en filigranes,mais on doit leur adresser le même reproche qu’auxChinois, ils manquent de goût et de variété.

C’est en France que ce genre de bijoux est le mieuxréussi. Au lieu de laisser le filigrane proprement dit fairetous les frais de l’ornementation, aussi bien que de lacharpente du bijou, les artistes français ont appelé àleur aide les ornements brunis, les émaux, les ors decouleur, le guilloché, la gravure, les dessins de toutenature ; aussi ils sont arrivés à embellir, à varier detant de manières ce bijou, que partout on le préfèremaintenant, quoiqu’il soit encore un peu moins légerque celui des Génois et des Chinois. Pour la bijouteriecomme pour les bronzes et tous les arts d’ornement, laFrance est aujourd’hui le premier pays de la terre ; nullepart lè goût des formes, la délicatesse de la main-d’œuvre, l’élégance, la grâce et la variété des dessins, nesont portés à un si haut degré de perfection. C’est cequi lui donne une prépondérance marquée, et une supé-riorité réelle sur tontes les autres nations.

Les dessins représentés par les fig. 2059 et 2060,montrent les différences essentielles qui existent entre lefiligrane français et le filigrane chinois ou génois.Longtemps on l’a fait chez nous de ce dernier genre ;on l’a rendu plus séduisant en y introduisant les orne-ments que l’on voit fig. 2060.

Le filigrane proprement dit est un bijou dont l’orne-

mentation, qui dausun autre genre seraitfaite eu plané d’oruniou gravé,est exécutéeau moyeii de deux filsd’argent ou d’or, trèsfins, tordus ensemblede manière à imi-ter une corde d’unegrande ténuité. Al’œil nu, cette cordesemble être un fil gra-vé, On contourne cefil àl’aide de tenaillesde diverses formes, etde différents autresoutils que l’ouvrierinvente à chaque in-stant, et l’on parvientà former ce travail in-térieur, merveilleuxpar sa petitesse, dontnous plaçons deuxdessins sous les yeuxde nos lecteurs. Chezles Génois et chez lesChinois, l’ornementation est due uniquement à ces con-tournements multipliés, ainsi que le montre la broche,fig. 2059 ; chez nous elle est complétée par un grandnombre d’accessoires (fig. 2060). A, est un oiseau es-tampé en quatre parties d, le corps, la queue et les ailes(fig. 2064). Sur ces pièces sont ajoutées de petites par-ties en ors de diverses couleurs, rouge, vert, blanc etjaune; ces petites parties sont ciselées do manière à imi-ter les plumes ; ce travail produit le plus charmant effet.Les pièces B sont toutes en filigrane proprement dit; elles

2059.

sont faites séparément de la manière suivante. Nous don-nerons nos explications en prenant pour exemple la feuilledu centre, les autres pièces étant obtenues par le même

A-

2060.

procédé. On prend un fil que l’on contourne de manièreà lui donner la forme de la feuille d (fig. 2061 ), dont onsoude les extrémités. En E (fig. 2062), sont représen-tés de petits ornements en fil tourné que l’on place endivers sens, à l’aide d’un petit pinceau et de gomme, surune tôle extrêmement mince, où est déjà fixé le fil dprécédent. Quand on a ainsi bâti à plat, on fait sécherla gomme ; toutes les parties adhèrent légèrement lesunes aux autres. On humecte alors de borax dissousdans l'eau, et on couvre légèrement de soudure en li-maille. On porte à la lampe, et on obtient une feuillequi se détache de la tôle et se trouve être à jour commeune passoire; elle est cependant assez solide, car toutesles parties étant réunies par la soudure ne forment plusqu’un seul tout. On termine en donnant le mouvementà cette feuille comme si elle était d’un seul morceau deplané, et on obtient la feuille 7 (fig. 2063). Ce travailest, comme on voit, fort minutieux, et par conséquentil demande beaucoup de temps. Ce n’est qu’après unelongue habitude que l’ouvrier peut le faire à bon mar-ché. Les pièces indiquées par la lettre c (fig. 2060) sontde petites boules faites au moyen de deux coquilles sou-dées l’une à l’autre ; ces pièces sont unies et brunies.Leur éclat fait le meilleur effet à côté des parties de fi-ligrane B, et des ors de couleur d. Toutes ces pièces,c’est-à-dire les quatre parties (fig. 2064) de l’oiseauA, les filigranes B, les boules c, sont ensuite réunieset groupées ensemble de la manière la plus avanta-geuse et la plus gracieuse, et comme nous l’avons ex-pliqué, soit pour les autres bijoux, soit pour la joail-lerie.

Malgré tous les avantages incontestés du filigranefrançais , il trouvait une rude concurrence dans le fili-grane génois ou chinois. Ce dernier, à cause du bas