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ORFEVRERIE .

ORFEVRERIE .

prix de la main -d’œuvre, était vendu beaucoup meilleurmarché que celui provenant de P»»ris, où la façon esttrès chère. Le travail mécanique, qui fait vite et à bonmarché, pouvait seul rétablir la balance ; il a été intro-duit dans la fabrication du filigrane. On commençad’abord par tourner un fil sur un petit mandrin rond; oncoupa ensuite le fil placé sur le mandrin, le long d’unearête du cylindre constituant ce mandrin ; il en résulta detout petits anneaux qu’on plaça dans les feuilles, commeles ornements 8 (fig. 2065), et l’on obtint ainsi un fili-grane nouveau très joli, très commode, et bien meilleurmarché que le premier.

Ce genre fut très goûté pendant plusieurs années,mais on finit par s’en lasser. La nécessité de faire en-core à meilleur marché, si c’était possible, donna l’idéed’employer la toile métallique. On ne faisait jusqu’a-lors que de la toile de cuivre; on fit de la toile d’oret d’argent, et on s’en servit pour remplacer les an-neaux. Ce genre de filigrane 9 (fig. 2066) revient àmeilleur marché que celui à anneaux, parce qu’un or-nement, de quelque grandeur qu’il soit, est couvert eu

M. Cbristofie, qui le premier en dota l’industrie. A l’exposition de 1839, il avait exposé cinq petits oiseauxd’argent dont l’exécution était parfaite, mais avait coûtédes peines infinies. Chaque oiseau, copié d’après naturesur des colibris, pesait à peine 4 grammes 1/2, c'est-àdire que la matière ne valait que 1 fr.; la façon s’élevaitpour chacun à 250 fr. Ces bijoux, contrairement à laplupart des joyaux, n’ont donc guère d’autre valeur quecelle qui leur est donnée par le travail exquis de l’ar-tiste. Pour nous, cette dernière valeur est plus précieuseque celle du plus beau diamant.

§ 9. Bijouterie de corail. — Quelque riche et agréa-ble que soit la couleur du corail, son emploi dans lesparures européennes et, par suite, son cours et sesdébouchés sont soumis aux caprices de la mode : tantôtle commerce suffit à peine aux demandes, et tantôt lesmagasins sont encombrés de ce produit. Il n’y a enFrauce que trois fabriques de corail; elles sont situéesà Marseille ; elles emploient 350 ouvriers, dont 225 àMarseille, 90 à Cassis et 35 à Aix . La pêche du corail sefait, comme on sait, dans les eaux de la Méditerranée,

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un instant par la toile, tandis que les anneaux avaientbesoin d’être sondés les uns aux autres, et ensuite soudésau fil du contour ; la toile n’est soudée qu’à ce dernier.

Ce genre présente pour la fabrication un tel avantage,que bien qu’il date de dix à douze ans, on l’emploie en-core le plus souvent.

Le besoin toujours impérieux en France de faire dunouveau, a encore donné naissance à un genre différentdes trois genres que nous venons déjà de décrire; c’estl’imitation du filigrane de Gênes , par le moyen du dé-coupoir et de l’emporte-pièce. Ce genre revient à trèsbon marché, mais il faut convenir qu’il fournit des ob-jets moins jolis que lorsque l’ouvrier peut mettre un peude sa fantaisie et de son goût dans des produits essen-tiellement capricieux de forme et d’aspect.

Tous ces genres de filigrane sont sortis des ateliers de

particulièrement sur les côtes d’Afrique , dans le détroitde Messine et les eaux des îles de l’Archipel; 300 bateauxmontés de 3.000 marins alimentent les fabriques doMarseille . Ces marins sont tous des Italiens ; autrefoisc’étaient des pêcheurs des ports de Marseille et deCassis : ces derniers ont renoncé à une industrie troppeu lucrative en présence de la concurrence que leurfaisaient les pêcheurs étrangers. On se sert pour cettepêche de triangles ou de barres en fer disposées encroix, portant un filet aux extrémités de chacune desbranches ; au milieu de cet instrument est fixée unegrosse pierre, à laquelle est attachée une corde assezlongue pour qu’on puisse le promener au fond de lamer. Par ce moyen, on détache le corail de sa gangue ;on le brise, et ramène les morceaux à la surface. Onestime moins les coraux dont les polypes n’existentplus, et qni ont servi d’attache à plusieurs antres ani-maux marins. On dépouille le corail vivant de sonécorce charnue, et l’on met à nu son axe pierreux ; ondonne ensuite à celui-ci, par des procédés mécaniquesanalogues à ceux usités dans la taille de toutes lespierres, la forme et le poli qu’on désire.

Les actes de la compagnie des concessions en Afri-que font remonter au quinzième siècle l’établissementde l’industrie de la taille et de la mise en œuvre ducorail à Marseille ; ils évaluent ses produits à 5 millionsde francs par an. Cette industrie avait dès lors pourrivales les fabriques de Naples . Pendant la révolution,elle tomba entièrement pour ne se relever que sous legouvernement impérial ; elle mena, sous la restaurationet jusque vers 1835, une existence assez précaire.Depuis cette époque seulement, son succès paraît éta-bli, grâce au perfectionnement des procédés appor-tés dans la fabrication par les deux principales maisonsqui s’occupent de ce genre d’industrie, celles de M. Bar-baroux de Mégy et de MM. Bœuf et Garaudy. Cesmaisons fabriquent aussi bon marché que les fabriquesitaliennes, et leurs produits sont bien supérieurs sousle rapport du goût et de la forme.

D’après les relevés des douanes pour 1843, les fabri~