ques de Marseille ont reçu 6.654 kilogrammes de co-raux bruts, réduits en coraux ouvrés à 2.352 kil.Dont pour le commerce intérieur. . 500
Et pour l’exportation. 4 .852
Les 2.352 kilogrammes de corail ouvré peuvent être
évalués à.4.470.000 fr.
Dont pour l’intérieur. 570.000
Et pour l’étranger. 900.000
La bijouterie de corail se bornait autrefois à la façondes grains ronds et des olivettes ; aujourd’hui les fa-briques de Marseille font une foule d’objets de touteespèce, le corail perlé et le corail à facettes, les ca-mées, les sujets de ciselure les plus variés, les objets lesplus capricieux.
Les objets connus sous les noms de grossesse , mes-zanie, capiresti et ordini sont des grains de differentesgrosseurs enfilés et réunis en un nombre de 61s plus oumoins grand. Ces objets ont leur principal débouché enRussie, où l’on en fait des colliers ; en Turquie etdans le Maroc , où ils doivent nécessairement accom-pagner dans la tombe le musulman que'ses parentscroiraient «ans cela livré au mauvais génie, dansl’Inde , où ils servent à compter les prières du bramine etdu faquir ; de là ils se répandent en Chine , où ils sonttrès recherchés. Madagascar offre aussi à nos fabriquesun débouché important; les chefs malgaches en fontleur principal ornement, soit sous forme de colliers,soit sous forme de bracelets.
Les objets connus sous le nom d’olivettes ou tuyauxde pipes, dont le nom indique suffisamment la forme,de masses pérettes, réunion de petits morceaux decorail en forme d’oursins, de massettes, petites massesde grains uuis, constituent la principale exportationque nos fabriques font au Sénégal, en Guinée , dansla Gambie et dans le Brésil. L’Afrique fait aussi unegrande consommation de ces objets, qui sont la parurefavorite des négresses.
Les 'objets de fantaisie et d’art, les camées, etc.,sont surtout destinés à la consommation intérieure ouau moins européenne.
§ 40. Bijouterie et travail ou mise en œuvre des ma-tières à faire les camées . — Le travail et la mise enœuvre des matières à faire les camées constituent cer-tainement une industrie importante, quand on le consi-dère sous le point de vue de l’art ; mais ses produitssont trop peu nombreux pour que nous puissions luiaccorder beaucoup de place. Nous emprunterons seule-ment quelques détails au rapport de M. Héricart deThury sur la dernière exposition de l’industrie. « Lesanciens, dont les chefs-d’œuvre en tous genres, dit cesavant et digne appréciateur des productions à la foisindustrielles et artistiques, prouvent avec quelle per-fection ils exerçaient et cultivaient la statuaire et lasculpture, nous ont laissé en agates, sardoines, onyx,jaspes, nicolos, et autres pierres précieuses, des témoi-gnages irrécusables de la haute supériorité à laquelle,dans les temps les plus reculés, était parvenue la litho-glyptique, l’art de graver les pierres dures en creux ouen relief pour en faire ces précieux camées, dans les-quels l’habileté des artistes savait profiter des accidentset des couleurs des pierres, pour produire les délicieuxet charmants effets qui donnent une si haute valeuraux sujets, têtes, figures ou groupes représentés surces pierres, dont on voit de riches collections dansles musées de Rome, de Naples, de Paris , deVienne, etc.
« Le prix élevé des camées, la rareté des agatesonyx ou rubannées, leur dureté, la difficulté de répon-dre aux demandes des amateurs et des joailliers-bijou-tiers, ont fait chercher, il y a déjà longtemps, lesmoyens d’imiter artificiellement les camées, et, aprèsbien des tentatives, on a reconnu que la coquille ma-rine, le grand casque des Indes orientales , dont le test
présente des couleurs blanches, roses, jaunes, bru-nes, etc., était la matière la plus favorable pour laconfection des camées artificiels, cette belle substanceétant par sa nature assez dure pour résister au frot-tement.
a Cette industrie a longtemps été exploitée avec suc-cès à Rome , qui en fournissait les collections d’ama-teurs et tous les bijoutiers de France , d’Angleterre etd’Allemagne .
« D’après le succès des camées de Rome , quelquesessais ont été tentés en France . Les plus remarquablesfurent ceux des concours cuverts par l’Académie desBeaux-Arts de l’Institut, et on se rappelle qu’à lasuite de l’un de ces concours l’Académie mit 60 us lesyeux de Napoléon un grand camée de sardoine onyx lereprésentant en costume impérial, et qu’il en fut sisatisfait qu’il ordonna que l’artiste fût dignement ré-compensé, et mis en état de former une école de glyp-tique, dans laquelle de jeunes sourds-muets appren-draient la gravure en creux et en relief Bur pierresdures.
a Les guerres dans lesquelles Napoléon 6’engagea,les désastres qui les suivirent, ne lui permirent mal-heureusement point de donner suite à ses bienveillanteset généreuses intentions. De son côté, l’Académie desBeaux-Arts ayant cessé ses concours, les essais de nosartistes furent abandonnés, et les ateliers de Rome , deFlorence, de Venise et de Naples continuèrent seulsà prospérer et à répandre partout les camées. Dans cesdernières années cependant, à la demande de quelques-uns de nos premiers bijoutiers, plusieurs jeunes graveurs ont tenté de nouveaux essais, en prenant pourmodèles les plus beaux camées antiques, et les succèsde quelques-uns d’entre eux ayant outrepassé leursespérances, ils ont formé des ateliers de lithoglyptique.Ainsi, et grâce aux efforts de MM. Michellini, Weiss-Muller, Lalondre, Salmsonn, etc., nous pouvons nousflatter de voir bientôt l*art de la gravure en pierresfines et pierres dures se relever parmi nous.
« Quant à la gravure des camées de coquilles, elle estaujourd’hui exercée en France avec le plus grandsuccès, et nous dirons même avec autant de talent et deperfection qu’en Italie . Ainsi les camées de MM. Albita-Titus, Reynaud, Lamant, Blanchet, de Grégory ,Bertoux de Marseille , etc., soutiennent la comparaisonavec ceux des plus habiles caméistes de Rome . » Lescamées français ont, dn reste, dès ce moment, unavantage marqué sur les camées romains ; ils sont sen-siblement moins chers. Cette modicité de prix tientà l’introduction du tour à portraits dans cette fabrica-tion ; le tour permet de pousser rapidement, et à peude frais, les ébauches jusqu’à un point extrêmementavancé; l’artiste n’a plus que le dernier fini à donner.
§44. Bijouterie en mosaïque. — Il y a peu d’annéesque l’on a essayé à Paris un genre particulier de mo-saïque, celui de la mosaïque fine de la bijouterie, ex-ploitée avec tant de succès à Rome et à Florence , d’oùl’on nous apportait tous ces charmants sujets d’épin-gles, de plaques de colliers, de broches, de hottes,de tabatières et de tableaux. Le succès obtenu faitespérer les plus heureux résultats ; il sera dû à M. Phi-lippe, artiste mosaïste, élève de l’école de M. Belloni,de cette école que Napoléon fonda dans l’espoir de doterla France d’une industrie nouvelle, jusqu’alors l’apanagede l'Italie et surtout de Florence , où les puissants en-couragements des grands-ducs de Toscane ont faitarriver la mosaïque de marqueterie à un haut degré desplendeur.
La mosaïque appliquée à la bijouterie est exploitéeavec le plus grand succès par M. Morel, dont les pro-duits ont été particulièrement remarqués à l’expositionde 4849. Cette mosaïque se fait avec de petits dés oucubes de pierres naturelles de diverses couleurs, agates