ORFÈVRERIE.
ORFÈVRERIE.
jaspes, etc., etc., taillés et polis, ou bien aveo desémaux également taillés et polis. Les cubes sont fixésdans un ciment, de manière a représenter des oiseaux,des fleurs, des fruits, des feuillages et une foule d’au*très objets.
On connaît deux sortes de ciments : 1° un cimentqui durcit facilement, qui est blanc, et qui se prépare avec4 p. de chaux éteinte et 3 p. de marbre pulvérisé, donton fait une pâte avec de l’eau et du blanc d’œuf ; 2° unciment qui met une vingtaine de jours à durcir qui doitêtre employé pour les ouvrages de longue haleine, et quise compose de 4 p. de chaux éteinte et de 3 p. de pierretravertine pulvérisée, qu’on pétrit avec de l’huile ren-due siccative par de la litharge. On pratique quelquessillons dans la matière sur laquelle on veut appliquer lamosaïque, afin d'y fixer le ciment.
Les émaux sont divisés en cubes d’une grandeurproportionnée aux dimensions des objets qu’on veutproduire. Ces émaux, dont ou trouvera la compositionchimique à l’article émail, sont coulés sur une tablede marbre ; on applique par-dessus un autre marbre, desorte que la substance se forme en gâteaux d’une épais-seur bien égale. Ces gâteaux sont polis avec de l’émerisur une roue horizontale en plomb; ils sont ensuitedivisés au moyen d’un marteau et d'une enclume d’a-cier appelée tagliulo , et qui est taillée en biseau.
§ 4 i. De Vemploi des perles. — On varie considéra-blement l’emploi des perles dans la bijouterie : tantôton en fait des colliers, des bracelets, des diadèmes;tantôt on les scie en deux, et on les sertit, en les appli-quant sur leur plat, de manière à former des cercles, deschiffres et autres dessins. Le commerce recherche beau-coup les perles fines ; les Orientaux les estiment mêmeplus que les diamants ; mais en Europe , selon les temps,selon les lieux, la mode leur doune un prix extrême-ment variable. Lorsque les perles sont grosses, sphé-riques, et qu’elles réfléchissent la lumière eu la décom-posant avec vivacité, on en fait beaucoup de cas, mêmeen joaillerie. Malheureusement, les plus belles perles,sans qu’on en connaisse la raison, sont sujettes à perdretout à coup le bel orient , c’est-à-dire la beauté de leursreflets irisés, qui en fait tout le prix. On se sert depuislongtemps des perles artificielles que l’on fait aujour-d’hui avec une telle perfection qu’il est souvent impos-sible à l’œil le plus exercé de distinguer les perles faussesmélangées aux perles vraies dans les parures du plusgrand prix. L’abondance des perles que la mode a par-fois amenées dans les toilettes a fait naître cette perfec-tion d’imitation. On peut juger par la quantité de perlesqu’on voit dans certains tableaux et portraits des qua-torzième et quinzième siècles, qu’il aurait été bien diffi-cile que les personnages représentés dans ces tableauxeussent pu réunir autant et d’aussi belles perles, si l’artn’était, dès cette époque, venu au secours des perlièresnaturelles d’Orient ou d’Occident , qui n’auraient jamaispu suffire à de telles exigences. Il est assez remarquable,du reste, que les Indes nous renvoient des perles natu-relles en échange de nos perles artificielles de Paris .Quant aux perles, boutons, broches, etc., en verre co-loré, transparentou opalin, de toutes formes et de toutescouleurs, qui constituent la verroterie, leur fabrication,dit M. Péligot dans son rapport sur l’exposition de l’in-dustrie autrichienne, en 4 845, est, pour ainsi dire, lemonopole de la Bohême, surtout à cause du bas prix fa-buleux auquel elle livre ces objets. Cette fabrication,concentrée aux environs de Liebenau et de Gablonz ,est alimentée par trois verreries et occupe environ40,000 ouvriers. Malgré la prohibition qui frappe cesproduits, le marché français en est approvisionne par lacontrebande.
§ 4d. Des perles de roses de Turquie. — La Turquie fait un assez grand commerce d’une compositionconnue sous le nom de perles de roses. Nous allons indi-
quer en peu de mots, d’après le Manuel Roret , commentse fait cette composition qu’il est facile d’imiter partout.Il ne s’agit que de prendre des pétales de roses fraîches,et de les piler avec soin dans un mortier de fonte bienpoli, jusqu’à ce qu’elles soient bien écrasées et qu’ellesforment une pâte unie. On étend cette pâte sur unetôle, et on la fait sécher à l’air. Quand la pâte est prèsque sèche, on la pile de nouveau avec de l’eau de rose;on répète cette opération jusqu’à ce que la pâte soit de-venue très fine. Alors on lui donne la forme qu’ondésire, soit avec les doigts, soit avec une machine assezsemblable à celle qui sert à couper les pilules. On per-fore ensuite la pâte afin de pouvoir passer un rubandans les espèces de perles qu’on en a fabriquées. Onpeut aussi la mouler et en composer divers objets pro-pres à faire «les bracelets. La pâte est de nouveau sé-chée, et elle devient très dure. Les perles sont polies,et enfin arrosées et frottées avec de l’huile de roses quileur donne plus d’odeur.
La pâte des feuilles de roses ainsi préparée prendune couleur noire très prononcée due à l’acide galliquequi 6e combine dans les roses avec le fer. On y mêlesouvent, outre l’huile de roses, du storax et du muscpour rendre les perles plus odorantes. Leur couleurnoire relève assez bien la couleur de la peau des femmes,c’est ce qui explique, avec leur forte odeur tant aiméedes Orientaux, leur succès dans les parures.
§ 44. Bijouterie de deuil. — « Anciennement faite,dit le rapport du jury de l’exposition pour 4 844, avec lelignite jais oujayet, auquel on a renoncé à cause de sonpeu de durée et de sa friabilité, la bijouterie de deuil sefait aujourd’hui en verre noir, en émail noir, en fonte,en acier, fil de fer, etc. On compte, dans Paris , plus dequarante fabriques qui font cette bijouterie, et qui oc-cupent ensemble plus de quatre cents ouvriers inté-rieurement, et au moins autant en dehors des ateliers. »Les bijoux de deuil de la fabrique parisienne , remar-quables par l’élégance et le bon goût des dessins, ontobtenu un très grand succès et sont très recherchés enFrance et à l’étranger à raison de la modicité de leursprix. Ils revêtent toutes les formes les plus élégantes dela bijouterie, celles de bouquets, broches, pendants d’o-reilles, boucles, peignes, etc. Le verre noir taillé encristaux, perles, plaques, etc., est monté sur de la tôlevernie et y est attaché au moyen d’un mastic qu’onramollit par la chaleur de la lampe à esprit-de-vin.
On taille encore et polit le jayet pour quelques bi-joux de deuil et pour divers ornements qui sont exportésen Espagne, en Allemagne, dans le Levant, et en Tur-quie . Ce travail se fait surtout à Sainte-Colombe, aumoyen de meules mises en mouvement par l’eau ; lecentre de ces meules est uni et la circonférence rabo-teuse ; par cette disposition, on taille et polit le jayetsur la même meule. On donne la préférence au jayetprovenant d’Espagne où il est entremêlé avec le succin.
§ 45. Du bijou doublé et du bijou doré. — En parlantdu bijou creux nous aurions pu ajouter que, depuisquelques années, on fait du bijou doublé, c’est-à-diredu bijou dont l’intérieur est en cuivre et l’extérieur enor. Ce genre de bijoux, dont les formes sont fort res-treintes, se fait maintenant si mauvais, qu’il se vend àraison de 25 francs les 30 grammes, matière et façon.Cette fabrication est un malheur pour le commerce dela bijouterie, parce qu’on se sert du bijou doublé pourtromper impudemment l’acheteur; on le vend non pource quil est, mais bien pour de l’or. Cela peut jeter quel-que défaveur sur le bijou français qui a acquis, sous lerapport du titre, une célébrité jusqu’à ce jour bien mé-ritée.
La fabrication du bijou en cuivre, dit bijou doré, bienpréférable au bijou doublé, et destiné d’ailleurs à satis-faire aux mêmes besoins, a fait de sou côté des progrèsremarquables, et s’est élevée dans ces derniers temps