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ORFEVRERIE .

ORFEVRERIE .

nous occuperons seulement ici de l'orfèvrerie d'argent.

Quelques chiffres feront comprendre les rapportsexistant entre les proportions d’or et d’argent employéespar l'orfèvrerie, la bijouterie et la joaillerie. « Le bu-reau de garantie, dit M. Demère dans son rapport suroeite partie de l'exposition de 184 4, indique, en moyenne,pour chaque année, depuis la dernière exposition, c'est-à-dire depuis cinq ans, un poids de matières fabriquéess'élevant :

Pour l’or, à.4.292 kilogr.

Pour l’argent, à.64.082 —

Soit, en France , pour l'or. . . 42.489.720 fr.

— pour l'argent. . 44 226.204

Total. . . . 26.745.924 fr.

« Cette somme exprime la valeur de l'or et de l'ar-gent employés dans l'orfèvrerie, la bijouterie et la joail-lerie ; ajoutant autant pour la main-d’œuvre, et c’estl'apprécier au-dessous de la valeur, lorsque l’on consi-dère le nombre des ouvriers employés dans ces indus-tries, et que l'on fait la part des bénéfices des commer-çants, nous trouvons 53.434.848 fr.

a La perception du bureau de garantie, à raison de cesproduits, est annuellement de 4.500.000 fr. »

Il est curieux de rapprocher de ces chiffres, qui éta-blissent l’importance de la fabrication annuelle, ceuxqui expriment celle du commerce avec l’étranger. Lesétats des douanes donnent les renseignements suivants,pour 4843; ces chiffres se reproduisent à peu près lesmêmes depuis nombre d’années :

Importation . Exportation. Différence.

Or ouvré. . . 4.007.574' 8.566.947 r 7.559.376'Argent ouvré. 222.874 4.782-64 2 4.559.738

L’excédant de l’exportation sur l’importation, tanten or qu’en argent ouvré, est donc de 9.449.444 fr.,ou le sixième de la production précitée, 54.000.000 fr.environ, et la consommation intérieure les 5/6 de cettemême quantité, ou 44.000.000 fr.

D'autre part, la France a reçu :

En minerai d'or. 3.083.070 fr.

En or brut ou monnayé. . 40.038.027

En argent brut ou monuayé. . 457.534.555En cendres et regrets d’orfèvre. 42.358.740On voit que, malgré l’importance de notre commerced’exportation, nous sommes extrêmement loin de rendreen or ou argent ouvrés l’équivalent de l’or ou de l’ar-gent brut que nous recevons. On doit en conclure qu’iltend à se faire, en France , une accumulation considé-rable d’or, et surtout d’argent métallique. Ce fait aprincipalement pour cause l'état de la législation, quifavorise l’importation en France des métaux précieux etempêche l’exportation des lingots. Il doit résulter d'unpareil état de choses, qui se maintient depuis longtemps,une accumulation d'argent qui tend à diminuer la valeurde ce métal en Franco . Cette accumulation tend àrompre l’équilibre qui doit exister pour la répartitionde toute matière précieuse dans le monde entier. Il fautbien, il est vrai, que la France qui ne produit pas d’ar-gent en reçoive une assez grande quantité ; mais cequ elle reçoit est hors de toute proportion avec la pro-duction totale du monde, s’élevant à 4.250.000 k , valantenviron 275.000.000 fr. seulement.

L’argent employé dans l’orfèvrerie est au titre n° 4,c’est-à-dire à 950 millièmes, ou au titre n° 2, c'est-à-dire à 800 millièmes. L'orfèvre prépare son argent avecl'argent fin, comme il prépare son or. Les souduresdont il se sert sont fortes ou faibles, c’est-à-dire qu’ellessont peu ou assez fusibles ; elles sont au huit, au six, auquart et au tiers, c’est-à-dire qu’elles contiennent unhuitième, un sixième, un quart ou un tiers de cuivrerouge, et le reste en argent; plus il y a de cuivre, plusla soudure est fusible.

; On emploie aussi quelques autres soudures dont voici! les formules :

i Argent , 2 parties; bronze, 4 p. On ne laisse pas long-temps en fusion.

Argent, 4 parties ; bronze, 3 p.; arsenic, 4/4. Oncoule aussitôt la fusion.

Argent, 2 parties; cliuquant, 4 p. ; arsenic, 4/2.

Argent, 4 partie; bronze, 4 p. Quand la fusion estopérée, on ajoute 4 partie d’arsenic. On brasse, et nninstant après on coule.

Quand la soudure est coulée, on la bat bien mince eton la coupe en paillettes.

Ce qui constitue la supériorité de l'orfèvrerie fran-çaise sur l'orfèvrerie étrangère, ce n’est pas seulementsa forme, son dessin, son exécution. Il existe, parexemple, en Allemagne des orfèvres d’an grand mérite,produisant des œuvres fort remarquables. La supérioritécommerciale de l’orfèvrerie française provient de lamarque appliquée par le bureau de garantie. En Alle-magne , il n’existe point de poinçon de garantie, ni d’es-sayeurs ayant mission de vérifier le titre des objets,quoique des titres, à peu près les mêmes que les nôtres,soient déterminés par les lois. Aussi quelle anarchierègne dans les transactions commerciales ! On est con-stamment trompé ; les objets fonrrés ne sont pas rares,et on vend, comme de l’or ou comme de l’argent, desalliages qni contiennent à peine ce qu’il faut de cesmétaux précieux, pour donner passagèrement aux objetsun aspect mensonger.

§ 6. De l'orfèvrerie d’art. — L’orfèvrerie d’art, c'est-à-dire celle qni a pour but la fabrication des pièces d’or-nementation exceptionnelle, de quelque riche coupe des-tinée à être donnée en cadeau ou en prix, d’un servicede table sortant des modèles ordinaires ; cette orfèvrerieseule fabrique encore par les procédés anciens, qui dumoyen-âge sont arrivés jusqu’à nos jours. La charpentedes pièces est, le plus souvent, tout entière forgée aumarteau et à la main ; les moyens mécaniques ne sontemployés que pour les parties rentrant par leur naturedans la fabrication ordinaire. L’ornementation est fon-due, moulée, et ensuite ciselée. Les procédés sont toutà fait analogues à ceux décrits au paragraphe de labijouterie d’art. Seule-ment comme les partiescreuses sont beaucoupplus considérables quedans la bijouterie, onemploie la rclreinte pourles produire, comme onfait dans la chaudron-nerie. La bigorne (fi-gure 2067), sorte d’en-clume dont les extrémi-tés A prennent diversesformes, et qui pénètrepar la pointe B dans undes trous du billot surlequel l'orfèvre assujettit aussi ses tas, est alors l'in-strument dont on se sert pour obtenir le ventre d’uncalice, par exemple, et y former des côtes planesou rondes. Avant l'invention de la bigorne, on remplis-sait les pièces obtenues par la fonte avec de la cire, eton les battait ensuite.

§ 7. De la vaisselle plate et monte'e. — Il n’y a paslongtemps, les doyens de l’orfèvrerie s’en souviennentencore, l’orfèvre fabriquait ainsi que nous venons dedire, entièrement de sa main, et tout seul, avec le lin-got que lui remettait le fondeur, en se servant à peinedu laminoir pour obtenir du plané, toute la vaisselleplate ou montée, tous les objets de son ressort, et dontnous avons déjà donné la liste.

Aujourd’hui le laminage et l’estampage, le repous-sage au tour, c’est-à- tous dire les moyens mécanique*

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