porte à la place du coin une matrice représentantles formes exactes et même les ornements de l’ob-jet qu’on veut obtenir. La presse agit par percussioncomme la presse monétaire. Les pièces ressortentpresque complètement finies ; il ne reste plus qu’àébarber, c’est-à-dire à enlever avec une lime le superflude l’argent repoussé par la pression, et, si c’est une four-chette, à découper les dents. Cette opération s’appelle laperfection.
Cette méthode a reçu, en 4840, dans les ateliers deM. Denière, une modification profonde, provenant de
l’application des derniers perfectionnements introduitsdans l’industrie générale des métaux, perfectionnementsque les orfèvres ont été lents à vouloir accepter. Lespremières tentatives de cette modification remontent,du reste, à assez loin, à l'année 48l7. Jalabert prit alorsun brevet d’invention, ayant pour objet de remplacerpar un laminage l’opération de perfection se faisant parla presse monétaire. L’équipage breveté se composait(tome XXV Des Brevets expirés , p. 44) de deux cylin-dres d’un assez grand diamètre, g et h (figure 2Ô74), I
dont chacun portait une matrice n, qui y était fixéepar des écrous, et qui représentait par une gravureen creux la forme de la pièce à obtenir. On dé-
coupait cette pièce par la méthode ordiuaire, mais lafaçon de perfection se donnait par le laminoir (figu-res 2070 et 2074), mû par une manivelle * faisanttourner un pignon, celui-ci une roue, et le pignon decette dernière une grande roue conduisant le cylindre h,qui à son tour entraîne le cylindre g. Le laminoir esrserré à diverses épaisseurs par l’engrenage c. Les di-verses roues p et o, que l’on a même multipliées depuis,sont destinées à faire disparaître une certaine ondulationproduite dans les couverts par suite de l’inégale résis-tance du métal refoulé à des épaisseurs inégales. Jala-bert employait des matrices mobiles, en sorte qu’unedes difficultés du service de la machine était d’assurerleur fixité sur les cylindres et l’exactitude de leur ren-contre au moment de la pression. Une note qui accom-pagne la description du brevet Jalabert constate qu’avantlui on avait essayé des matrices fixes.
Quels que fussent les avantages qui semblaient atta-chés à cette machine, elle ne se répandit pas et tombadans l’oubli ; en sorte que l’ancienne méthode avait pré-valu, lorsqu’en 4 839 un nouvel essai de laminoir fut faitdans l’usine de M. Daru, essai ayant pour but, cettefois, la substitution de la préparation au laminage àl’ancienne et défectueuse préparation au marteau. C’estl’année suivante, en 4 840, que M. Denière prit un brevetd’importation en France , pour le procédé breveté enBelgique par M. Allard, procédé consistant à n’employerque le laminoir pour toutes les opérations. Ce brevet aété l’année dernière déclaré déchu, par jugement dutribunal de première instance de Paris , pour insuffisancede description. Nous pouvons donc indiquer complète-ment, quoique d’une manière succincte, toute la sériedes opérations.
On commence par présenter la feuille d’argent, la-minée à épaisseur convenable, à un découpoir« munid’une emporte-pièce, qui par son mouvement de va-et-vient y découpe autant de pièces, ou éléments primitifsde couverts, qu’il est possible. On soumet ces pièces à unrecuit dans un four à réverbère, où elles sont portées aurouge sombre sans que l'alliage de cuivre soit exposé às’oxyder. Ensuite on les soumet à des pressions succes-sives, données sous deux paires de cylindres placées dansune machine analogue à celle de Jalabert (fig. 2974).Ces deux paires de cylindres sont inégalement rappro-I chées, parce que la matière va en s’allongeant et en s’a-platissant ; on presse d’abord dans le laminoirle moins rapproché, ensuite dans le plus serré.Les cylindres sont eux-mêmes les matrices,car on a renoncé aux matrices mobiles, assezmal imaginées par Jalabert. Ces cylindres ontau plus un décimètre de diamètre; ils sontgravés d’après une règle indiquée au graveurpar les dimensions respectives des diversesparties de la fourchette et de la cuillère, etpar la malléabilité plus ou moins grande dela matière. Ainsi les gravures des cylindrespréparatoires ne seront pas les mêmes pourdes couverts en argent ou pour des couvonsen maillechort. Pour rendre la pression suc-cessive sans altérer la qualité du métal, oualterne les passes avec les recuits dans le fourà réverbère, et, après chaque exposition aufeu, on fait subir aux pièces une espèce detrempe par leur immersion dans l'eau froide.En sortant de la préparation et après un nou-veau recuit, on passe les pièces sous les cylin-dres finisseurs, qui sont gravés de manièreà donner le couvert simple, ou bien le couvertavec filet, ou bien encore le couvert enrichid’ornements riches. Il ne reste plus alors qu’àébarber à la lime, qu’à découper les dents de la fourchetteau moyen d’undécoupoir spécial, à emboutir le cuîlleronde la cuillère, et enfin, à cambrer les pièces selon leur