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ORFEVRERIE .

ORFÈVRERIE.

courbe voulue, opérations d’une grande facilité au moyendes anciens instruments qui y sont employés depuislongtemps.

Le remplacement du forgeage des couverts par deuxlaminages a rendu un grand service aux fabricants, enpermettant de décupler le nombre des couverts faits parjour, et en diminuant aussi la main-d’œuvre dans uneproportion notable. Ce dernier résultat est surtout d’unehaute importance pour la fabrication des couverts enmaillechort, qui depuis trois ans. c’est-à-dire depuis queles procédés d’argenture galvanique sont appliqués àrecouvrir ce métal d’une couche suffisamment épaissed’argent, sont admis à remplacer les couverts d’argentdans la plupart des restaurants de Paris , dans toutes lesmaisons de campagne, sur la table de l’employé, del’ouvrier, et de tous ceux pour qui l’économie d’un ca-pital de 400 francs, représenté par une douzaine de cou-verts d’argent, est une économie importante. Avec60 grammes d'argent par douzaine de couverts de maille-chort, la conservation est assurée pour quatre ou cinqannées, et après cette époque la réargenture peut s’ef-fectuer sans aucun inconvénient. La douzaine de cou-verts en maillechort, chargés de 60 grammes d’argent,ne coûte maintenant que 54 fr.

SECTION IV. — de l’orfèvberie d’imitation.

La rareté des métaux précieux a forcément conduitles hommes à s’occuper du moyen d’économiser leuremploi, touteu conservantlebienfaitde leurs propriétés,recherchées non seulement par raison de luxe, mais en-core par raison d’hygiène. L’imitation de tous les ob-jets faits ordinairement en or ou en argent a doncnécessairement donné lieu à une industrie importante,appelée à rendre de véritables services, et où nous avonsà considérer le plaqué ordinaire, le plaqué sur fer etl’orfèvrerie de cuivre.

§ 1 er . Du plaqué. — Il existe entre l’orfèvrerie decuivre, qui est ensuite argentée ou dorée, et l’orfevrerieplaquée une différence essentielle. Dans la première fa-brication, les métaux précieux ne sont placés à la sur-face des objets qu’après leur entière confection ; dansla secoude, au contraire, c’est le lingot, c’est la ma-tière première, qui recouverte d’une feuille d’argentou d’or plus ou moins épaisse avant toute autre mise enœuvre.

Le plaqué qu’on fabrique le plus ordinairement estcelui d’argent; celui d’or ou de platine ne se fait qu’ex-ceptionnellement ; il s’obtient, du reste, par des procé-dés absolument identiques à ceux employés pour obtenirle premier.

On ne doit point confondre le plaqué avec le doublé.Doubler un métal d’un autre métal, c’est souder le der-nier au premier au moyen d’un alliage fusible, d’une«oudure ; plaquer, au contraire, c’est forcer les deuxmétaux à adhérer au moyen de procédés purement mé-caniques, avec l’aide d’une température rouge sombre ,mais sans le secours d’aucune fusion.

Comme l’argent est loin d avoir jamais été assezabondant pour pouvoir être employé à la confectiond’une foule d’ustensiles destinés à recevoir des comesti-bles et toutes sortes de préparations cuiinaires, il estnaturel de penser que depuis bien des siècles on a cher-ché à ne le placer, ainsi que nous avons démontré quecela a été fait de toute antiquité pour l’or (voir l’articledorure), qu’à la surface seule des métaux com-muns, et particulièrement à le faire servir de revêtementau cuivre. Aussi ne doit-on pas s’étonner que l'un denos plus habiles fabricants de plaqué, M. Gandais,soit parvenu à prouver que chez les Romains on prati-quait le doublage des vases par l’argent ; seulement nousemployons le mot doublage, et nous ne disons pas pla-cage, parce que cette dernière opération exige desmoyens mécaniaues complètement inconnus des an-

ciens, qui savaient parfaitement Jien souder par l’em-ploi des alliages fusibles. C’est cette raison qui nous faitpenser aussi que la fabrique fondée à Paris , à l’hôtelde Pomponne, rue de la Verrerie, dès 1 769, et qui confectionn&it des vases couverts d’une feuille d’argent d’uncôté seulement, effectuait un doublage plutôt qu’unplacage. L’ancienne Encyclopédie ne fait mentiond’aucune fabrication analogue au plaqué. Il faut la re-garder, selon nous, comme étant d’invention moderne,et nous n’avons aucun scrupule à dire d’invention an-glaise, car elle était fort développée en Angleterrequand, vers 1 808, elle a été importée en France , où onne connaissait que le doublé, c’est-à-dire l’emploi d'une,soudure proprement dite. D’ailleurs, bien avant la fa-brique de ThCtel Pomponne, encouragée par Louis XVI ,qui y fit, en 1785, une commande de 10.000 livrestournois, Thomas Bolsover fonda à Scheffield, en 1742,une fabrique de boutons et de tabatières en véritableplaqué d’argent, et bientôt après vint Joseph Hancok,maître coutelier de la même ville, qui appliqua la nou-velle découverte à la fabrication de produits plus nom-breux. Ce dernier se livra à l’imitation de la vaisselleplate, et dota sa ville natale, par la fabrication de sesthéières et de ses flambeaux, d’une nouvelle industriedont Birmingham devint bientôt le principal foyer,

De 4 808 à 1839, la fabrication de l’orfèvrerie plaquées’est promptement accrue en F rance. A cette dernière épo-que, elle produisait pour 8.000.000 de francs et occupaitenviron 2.000 ouvriers ; son exportation était à peuprès la moitié de sa production totale. Depuis lors, lafabrication est restée stationnaire, quoique la consom-mation intérieure se soit sensiblement accrue, parce quel’exportation a sensiblement diminué. Cette diminutionest due en partie à la mauvaise confection des objetsdestinés aux pays étrangers, en partie au poinçon dontsont revêtus tous les produits de cette fabrication. Cettedernière observation, à cause de son étrangeté appa-rente, exige quelques mots d’explication : on sait quele fabricant de plaqué est assujetti à apposer lui-mémesur ses produits un poinçon offrant en toutes lettres lemot doublé , ainsi que le chiffre du titre du plaqué, soitle dixième, soit le vingtième, soit le quarantième,ou tout autre titre. Or, cette indication n’est nulle-ment exacte; une vérification authentique du titre duplaqué ne se fait par aucun bureau de garantie, et d’ail-leurs elle serait presque impossible à cause de la diver-sité des titres employés souvent dans une même pièce.Ainsi ce poinçon n’a, en France , d’autre autorité quecelle que peut donner la moralité du fabricant qui Taappliqué. A l'étranger, à mesure que les distances aug-mentent, cette autorité disparaît, et alors il arrive quenotre plaqué, portant un poinçon, se trouve assujetti àson entrée en Allemagne, en Italie, en Portugal , etc.,à payer les droits comme orfèvrerie. Les portes de cespays nous sont dès lors fermées, car l’Angleterre, dont leplaqué ne porte pas de poinçon, obtient facilement l’a-vantage pour l’approvisionnement de toutes ces con-trées. Ainsi, l’orfèvrerie paye en Allemagne 8 fr. dedroit d'entrée par kilogr. ; eu Italie et en Portugal , ellepaye 24 fr. Partout, au contraire, la quincaillerie ne payeque 50 centimes. On voit qu’il résulte d’un pareil étatde choses une forte prime en faveur de la fabrique an-glaise. Le plaqué est soumis, du reste, à d’autres causesde décadence, ainsi que nous le dirons un peu plus loin ;pour le moment, nous arrivons à une description suc-cincte des procédés technologiques qui lui sont propres.

L'opération fondamentale du fabricant de plaqué consiste dans l'établissement de l’adhérence de l’argent aucuivre. Le cuivre employé est du cuivre rouge très pur,avec lequel il est plus facile d’obtenir une adhérenceparfaite. Cependant le cuivre jaune aurait bien plus d’a-vantage dans l’usage des objets de consommation, parcequ’il présente beaucoup plus de résistance. Autrefois \*