ORFÈVRERIE.
fabricant préparait et fondait son cuivre lui-même ; il enfaisait un lingot coulé dans des moules en fer fonduformé de deux parties assemblées, et présentant unecavité rectangulaire de 8 centimètres de large, 4 de pro-fondeur, et d’environ 50 de long. Aujourd’hui le pla-queur reçoit ses plaques toutes préparées au soudage ;on les fait dans les fouderies de Romilly et d’Imphy .Les meilleures, celles dont le cuivre est le plus épuré,viennent de Kiederbruck (Haut-Rhin) ; elles ont uneforme rectangulaire, une épaisseur d’à peu près 3 cen-timètres, et pèsent environ 40 kilogrammes.
Les plaques de cuivre sont vigoureusement grattéesavec des grattoirs tranchants, pour faire disparaîtrejusqu’aux moindres défauts du cuivre, et pour que làsurface soit parfaitement unie. La planche étant grattée,on la passe au laminoir, où elle s’allonge d’environ0*,027 ; on la gratte de nouveau, et alors elle est prêteà recevoir l’argent. Si l’on veut faire du plaqué simpleou du plaqué double, au vingtième, par exemple* onprend une feuille d’argent du poids de 500 grammes,ayant même surface que l’une des faces du lingot decuivre, dans le premier cas ; une surface double dans lesecond cas. Cet argent est à 999 millièmes. La feuilleétant bien avivée avec du grès tamisé, on amorce quel-quefois le cuivre avec une forte solution de nitrate d’ar-gent, mais cette opération préliminaire n’est nullementnécessaire. On applique sur le cuivre la feuille d’argent,et l’on couvre de blanc d’Espagne la face de cuivre quine doit pas être recouverte, quand on fait du plaquésimple. On lie fortement avec du fil de fer, en mettantun peu de borax sur les bords pour préserver le cuivrede l’oxydation. La feuille d’argent est un peu plusgrande que le cuivre, de telle sorte qu’on puisse un peula rabattre sur les bords dn cuivre.
Toutes ccs préparations achevées, la plaque estportée au fourneau à moufle du plaqueur ; la porte enfer de ce fourneau est munie d’un trou par lequel l’ou-vrier surveille la température ; de temps à autre onfrotte sur l’argent avec une sorte de brunissoir eu fer,afin de chasser tout l’air intérieur et de produire uncommencement d’adhérence. L’union définitive ducuivre et de l’argent est obtenue par plusieurs passagesdu lingot encore chaud entre de forts cyliudrcs de plusen plus serrés. On chauffe et passe alternativement aulaminoir jusqu’à ce que la feuille ait atteint le degréd’épaisseur qu’on désire obtenir. On remet une dernièrefois dans la moufle, on plonge les feuilles dans de l’eauacidulée par de l’acide sulfurique et ou les nettoie en lesfrottant avec du sable très fin ; elles sont alors prêtesà recevoir les formes des divers articles qu’on veut fa-briquer.
Les divers laminoirs dont se sert le plaqueur sont lessuivants :
4° Laminoir à souder et à dégrossir, dont les rou-leaux en fer ont O^^iS de long sur 0“,187 de dia-mètre ;
2° Laminoir dont les rouleaux ont 0®,325 sur 0^,210et sont en acier poli pour adoucir et brillauter les lamesde doublé qu’on y pusse ;
3“ Un laminoir identique au précédent réservé spé-cialement pour tout ce qui est laminé très mince et, enparticulier, pour les bandes d’argent destinées à l’es-tampage des bordures et ornements dont nous parleronstout à l’heure ;
4° Un laminoir aussi en acier poli pour les feuilleslarges destinées à faire des plateaux et autres articlesanalogues, dont les rouleaux ont Ü-'jOQ sur 0“,25 ;
5° Un laminoir en fonte de fer douce pour le mêmeobjet ayant 0 W ,82 sur 0“‘,28 ;
6° Une paire de rouleaux de 0*,2i sur 0“,46 pourlaminer le fil ;
7° Enfin, une paire de rouleaux de 0“,16 sur 0 m ,0o6en acier très dur, pour le plaqué à un titre très bas. I
On peut fuire le fil de cuivre plaqué de deux manières. La première manière est la plus employée; elleconsiste à former d’abord un cylindre creux d’argent.Celui-ci s’obtient en enroulant une feuille d’argent defaçon que les bords se recouvrent. On introduit dans cetuyau un cylindre en cuivre chauffé au rouge, pouvanty entrer librement, et avec un brunissoir en acier onappuie fortement sur les bords qui se soudent l’un àl’autre. Le tube d’argent étant fait, on le nettoie inté-rieurement, on le chauffe au rouge sombre, et on y in-troduit le cylindre à plaquer qui ne pénètre qu’à frot-tement. Le refroidissement fait appliquer l’argent. Onporte au fourneau et on appuie avec le brunissoir dansJe sens de la longueur. Kn outre, on fait dans le cy-lindre en cuivre un peu plus long que le tube d'argent,un creux circulaire dans lequel ou fait entrer les bordsde la feuille d’argent. On obtient ainsi un cyliudremassif qu’on passe à la filière. Le cuivre et l’argents’allongent en conservant toujours le même rapportd’épaisseur. On recuit enfin et on lave avec de l’eauacidulée par de l’acide sulfurique, comme pour le pla-qué en feuilles.
L’autre méthode donne un plaqué extrêmementmince, connu dans le commerce sons le nom de plaquéallemand . Elle consiste à arrondir et étirer d’abordsoigneusement la barre de cuivre, à dépolir sa surfaceet à y appliquer des feuilles d’argent battu en frottantavec le brunissoir. Ce travail est minutieux et donnedes résultats bien inférieurs au précédent.
Les fils de cuivre plaqués sont très employés pour lafabrication des paniers à pain, des porte-mouebettes etd’un grand nombre d’autres articles réunissant l’élé-gance et la légèreté à l’économie.
On a d’abord travaillé les feuilles plaquées par lesprocédés employés dans la chaudronnerie pour le cuivre,et dans l'orfèvrerie pour l’argent, c’est-à-dire au mar-teau, par la relreinte , eu poussant peu à peu le métal àprendre la forme désirée. Ce procédé, extrêmement longet fatigant, ne donnait que de mauvais résultats pourle plaqué, à cause de la rupture que le marteau tendaitconstamment à établir entre les deux métaux juxta-posés, soumis à des efforts inégalement répartis. U n’estplus employé aujourd’hui que lorsque l’ouvrier man-que des outils et instruments nécessaires poursuivre uneméthode plus commode, plus expéditive, plus appro-priée à l’économie de main-d’œuvre qu’exige le bas prix,cette condition suprême d’existence du plaqué. Par ex-ception, on s’en sert encorelor^qu’il ne s’agit que de pro-duire un petit nombre d’articles de forme irrégulière,pour lesquels la confection de matrices à estamper oudo mandrins à tourner serait une dépense trop coûteuse,vu le peu de service qu’on en tirerait. On se sert géné-ralement aujourd'hui soit de l’estampage, soit du tour.L’estampage surtout est le procédé particulièrement ap-proprié à la mollesse et à la malléabilité du métal em-ployé pour faire le plaqué.
Le procédé de l'estampage consiste à faire entrer deforce, par pression ou par percussion, la feuille de pla-qué dans une matrice en creux, au moyen d’une étampedont les reliefs s’ajustent exactement dans les creux dela matrice. La substance dont sont faites les matriceset étampes doit être dans un certain rapport avec lamalléabilité et l’épaisseur de la feuille à travailler ; c’estdu laiton, du fer, de l’acier, etc. Souvent même l’é-tampe est composée d’un métal très mou, de plombmoule sur les creux de la matrice ou réciproquement.
Comme il est nécessaire, pour le succès de l’opéra-tion, que la matrice et l’étampe s’ajustent l’une surl’autre avec une grande précision lorsqu’elles se rap-prochent, on attache ordinairement la matrice sur unelarge pierre A (fig. 2072 et 2073) qui remplit d'autantmieux le but qu’on veut atteindre qu’elle est plus mas-sive. On fait, en outre, descendre l’étampe verticale-